Chapitre 3 .

Chapitre 3 .
*

____Un sourire. Qui dure. Qui dure. Un moment qui semble être une éternité pour Karla. Elle ne peut pas le croire. Son père vient de réaliser son rêve. Elle le tient de sa main tremblante. Elle ne cherche même pas à retenir ses larmes. Parce que pour une fois, elle pleure de joie. Cette sensation de bonheur. Elle la découvre. "Tokio Hotel - Parc des Princes." Ces mots passent et repassent en boucle dans sa tête. Pendant quelques secondes, elle pense dormir. Oui elle ne peut que rêver. Elle ferme donc les yeux et se pince la lèvre inférieure le plus fort possible. Mais lorsqu'elle rouvre ces derniers, rien n'a bougé. La place de concert est toujours serrée dans sa main droite. Elle sourit. Elle rit. Elle est consciente qu'elle doit avoir l'air stupide mais elle ne peut s'en empêcher. Elle court jusqu'à sa chambre et ouvre le tiroir cadenassé sous son bureau. C'est là qu'elle range les toutes les choses les plus importantes pour elle. Elle y dépose soigneusement son Pass pour son paradis puis le referme toujours aussi délicatement. Elle range ensuite la clef dans sa poche et se laisse tomber sur son lit. Elle regarde quelques secondes son plafond puis éclate de nouveau de rire. Karla se sent bien. Pour la première fois depuis des années...

[ *** ]

____Le soleil n'est même pas encore levé lorsque Karla sort, ce dimanche matin, pour aller courir. Elle enfile rapidement ses écouteurs après avoir fermé la porte derrière elle, et commence à s'avancer en marchant. Le son de Tokio Hotel résonne dans sa tête et la fait sourire. Elle se sent bien.
____Elle n'est pas sortie la veille et n'a pas vu d'amies non plus. Elle a préféré rester seule à regarder tous ses DVD de son groupe préféré. A s'imaginer au concert. A se demander comment ça doit être de les voir jouer en live. Et avec qui irait-elle ? Est-ce que son père avait pensé à l'organisation ? A vrai dire, elle s'en fiche. Tout ce qu'elle sait, c'est qu'elle y sera.
____Le soleil se lève, éclairant le chemin sur lequel court la demoiselle depuis plus d'une demi-heure déjà. Une légère brise soulève ses cheveux et envahit ses poumons. Elle tousse un peu mais ne s'arrête pas. Sa motivation n'a jamais été aussi forte. Elle accélère. Elle a l'impression que plus elle va vite, plus le temps jusqu'au concert passera rapidement.
____Arrivée à son but beaucoup plus rapidement que prévu, elle se décide enfin à s'accorder une pause. Elle s'assoit sur un muret et augmente le son de la musique. Elle envoie ses cheveux vers l'arrière et rattache sa queue de cheval. Un soupir. Un autre. Puis un sourire. Suivit d'un rire.
____Elle lève ses bras au ciel et s'étire, le soleil réchauffant sa peau. Une sensation agréable. Trop agréable. En effet, à ce moment-précis, une pointe au c½ur oblige la demoiselle à se plier en deux, sous la douleur. Ce vide en elle refait surface plus fort que jamais. Un sentiment qu'elle ne sait pas expliquer. Elle a mal....

_____________________________________________________________

____La sonnerie du réveil de May retentit dans sa chambre, obligeant la jeune fille à émerger de son sommeil. Elle tape sur celui-ci plusieurs fois jusqu'à trouver le bon bouton, puis se replonge sous ses couvertures. Il faut dire que sa nuit a été courte. En effet, elle n'est rentrée qu'hier soir de chez Will et en plein milieu de la nuit afin de ne pas croiser ses parents. La demoiselle ne pourra jamais assez remercier son copain pour la patience et la gentillesse dont il a fait preuve. Elle est effectivement restée avec lui toute la journée de samedi à se plaindre. Et lui, il l'a écouté sans la couper. Il comprenait. Pour lui changer les idées, il l'a même amené au cinéma et au restaurant la veille.
____C'est donc pour lui faire une surprise et le remercier que la gentille demoiselle se lève aussi tôt ce dimanche matin. Elle traîne des pieds jusqu'à la salle de bain où elle se prépare le plus rapidement et le mieux possible. Heureusement, le résultat lui convient parfaitement lorsqu'elle se regarde finalement dans le miroir. Elle attrape alors son sac, sa veste et sort de chez elle, prenant la direction de l'arrêt de bus le plus proche.
____Trentes minutes plus tard, après avoir tout de même longuement marché, May se retrouve devant la maison de Will. Elle sourit puis sonne à la porte. Elle attend un moment. Aucune réponse. Pourtant il est encore tôt et la voiture du garçon est garée dans l'allée. Elle appuie sur la poignée et la porte s'ouvre. Elle tente donc de passer sa tête par l'ouverture et tend l'oreille. Une musique provenant de la chambre de Will envahit toute la maison. Le son est tellement fort et agressif que la demoiselle est obligée de se couvrir les oreilles pour ne pas que ses tympans éclatent. Après une petite minute de réflexion, elle se décide à entrer dans la maison. Après tout, elle n'est pas venue jusqu'ici pour rien.
____Elle pénètre donc à l'intérieur et s'avance jusqu'à la chambre de son copain. Là elle frappe doucement à la porte, consciente qu'il ne l'entendra pas. Elle la pousse donc et passe la tête par l'entrebâillement. Ses yeux se posent alors sur le lit et son c½ur s'arrête. Sa respiration se coupe net à la vue de cette fille dans Ses* bras. Elle voudrait partir, hurler mais son corps entier est paralysé. Un vertige la prend et elle se rattrape de justesse au mur. Le bruit causé durant le passage d'une chanson à une autre, soit un silence, attire l'attention du garçon qui se tourne vers elle et l'aperçoit. Les forces de la jeune fille la quittent alors et ses jambes ne la retiennent plus. Elle tombe sur place, se cognant au passage. Will se redresse, s'apprêtant à se lever pour l'aider, mais May se relève immédiatement et, en se forçant à ne pas regarder à l'intérieur de la chambre, sort de l'habitation en courant. Elle court. Elle pleure. Elle souffre. Elle ne contrôle pas ses jambes qui semblent ne plus jamais vouloir s'arrêter. Des milliers de larmes envahissent son visage. Il était tout pour elle. Elle ne peut pas le croire. Par lui*. Pas son copain. Pas Will.
____Tout à coup, elle s'arrête et tombe à genoux au milieu de la route. Elle est obligée de se plier en deux tellement elle a mal au c½ur. Elle serre les poings au sol, s'enfonçant les ongles dans les mains jusqu'au sang. Mais même cette douleur ne peut concurrencer celle qui la ronge. Elle veut crier. Elle en a besoin ou elle va exploser. Mais elle en est incapable. La boule dans sa gorge lui coupe tout son, toute respiration. Elle se force à lever la tête ; le soleil vient de se lever et chauffe l'atmosphère. Il lui colle les larmes sur les joues. Elle lève une main et les essuies, laissant au passage de grosses traces de sang sur son visage. Un klaxon. Ce son résonne dans sa tête. Elle va exploser. Elle ne peut pas le supporter. Elle veut mourir. Elle veut que ça finisse. Elle entend un bruit semblable à une voix. Mais elle ne peut pas. Elle ferme les yeux, et se laisse sombrer...



Chapitre 3 :) .
Wah , merci de tous les Comm's =D !
Ça nous fait très plaisir !
U_U & Puis , Changement de Situation Pour ce Chapitre ...
B'soux , (L) ,

Karla

*

# Posté le samedi 03 mai 2008 13:52

Modifié le lundi 05 mai 2008 15:21

Chapitre 4 .

Chapitre 4 .
*

____Une succession de Bip. C'est la seule chose que May entend. Elle ne perçoit rien d'autre et se décide donc à ouvrir les yeux. La pièce est blanche, simple. Il n'en faut pas plus à la demoiselle pour comprendre où elle se trouve : Une chambre d'hôpital. Elle se relève brutalement et une douleur aiguë lui traverse le bras. Elle tourne la tête et aperçoit une perfusion. Cette vue lui tire une grimace d'horreur. Qu'est-ce qu'elle fait ici ? Elle tente de se rappeler mais le fait de se concentrer lui fait tourner la tête. Elle prend donc appui sur les coudes et parcourt de nouveau la salle du regard.

_Mlle vous êtes réveillée ? (...)

____May tourne la tête vers l'infirmière et la dévisage un instant.

_Qu'est-ce que je fais là ? (May)

_Vous avez fait un malaise. Heureusement, une voiture est passée à ce moment-là et son conducteur a appelé les secours. (Infirmière)


____Tout revient alors à la demoiselle. Will. Avec cette fille. Cette rue....

_Quelle heure il est ? (May)

_ 19h. (Infirmière)

_Déjà ? Oo (May)

_Vos parents et un ami, Will je crois, demandent à vous voir. Ils vous attendent dans une salle à coté. (Infirmière)

_Je veux pas les voir ! ET CE WILL N'EST PAS UN AMI ! (May)

_ U_U Excusez-moi, je ne pouvais pas sav... (Infirmière)

_Evidemment vous êtes pas infirmière pas voyante ! ! Vous pouviez pas deviner ! (May)

_ Bon je vais vous laisser vous reposez. Bipez moi si vous avez besoin. (Infirmière)

_Ouais c'est ça ! De toute façon je préfère rester seule ! (May)


____La porte claque, annonçant la sortie de la femme. May, de nouveau seule, se rallonge doucement tout en soupirant. De fines larmes franchissent la barrière de ses yeux et coulent le long de ses joues pour finalement atterrir sur l'oreiller blanc.
Elle le déteste. Elle le hait de tout son c½ur, de tout son être. Elle a tout perdu. Elle ne voit même plus à quoi il lui sert de vivre. Dire qu'il a eu le culot de venir la voir ici, à l'hôpital où elle se trouve à cause de lui. Un soupir de haine. & Un autre. Une succession de soupirs de rage. De désespoir. D'amour..

_J'en ai marre ! (May)

____La jeune fille saisit le cousin posé derrière elle, s'assoit et enfonce sa tête dans celui-ci en criant aussi fort qu'elle en est capable. Son cri est évidemment étouffé. Evidemment. Il ne l'entend pas. Il n'entendra plus jamais sa souffrance. Il ne la verra plus non plus. Elle se le jure. Personne ne la verra plus. Ne l'entendra plus. Elle n'a plus rien. Elle a tout perdu ce matin.
____Un autre cri cette fois plus faible. Les pensées se mélangent. Peut-être n'aurait-elle pas du aller le voir... Elle n'aurait pas su... Jamais... Elle aurait continué de rêver. Ç'aurait été plus facile, moins douloureux. Mais ce n'est pas la réalité et la jeune fille le sait. Alors qu'elle ne voit que la fin comme issue, la demoiselle a une pensée pour sa s½ur jumelle. Quelque part. D'une certaine manière, elle s'est forcée à l'oublier ces derniers jours et pourtant elle est ancrée en elle...
____Tout change alors dans l'esprit de May. Non elle ne mettra pas fin à sa vie. Pas tant qu'elle n'aura pas rencontré son double. Pas temps qu'elle ne sera pas sûre que celle-ci va bien et qu'elle n'a pas besoin d'elle. Pour une fois May ne veut pas être égoïste. C'est trop important...

____________________________________________________

____Karla raccroche ses mains au muret, de peur de tomber, celui-ci lui paraissant bien plus haut qu'au début au fur et à mesure que l'équilibre la quitte. Elle respire difficilement, et quelques larmes viennent entrecouper un peu plus sa respiration. La douleur qu'elle ressent est indescriptible, c'est insupportable. Elle ne comprend pas. Elle a juste besoin d'air. Elle lève désespérément les yeux vers le parc dans lequel elle s'est stoppée, espérant apercevoir une quelconque aide, mais rien ne vient. Elle panique un peu plus, raccroche cette fois-ci ses mains à sa gorge, cherchant de l'air, encore et toujours. Des larmes lui montent aux yeux et lui brûlent les paupières. Elle n'a jamais ressentit ça à une telle intensité auparavant. Elle voudrait crier mais elle n'arrive pas à aller chercher le son, le minimum d'air indispensable. Elle se laisse tomber à terre, les mains toujours serrés autour de son cou. Elle a mal. Une sensation étrange la parcourt. Un sentiment douloureux. Trop fort. Karla ferme les yeux et balance sa tête vers l'arrière. Elle serre les poings, se mord la lèvre jusqu'au sang. Elle cherche à se faire mal pour oublier cette souffrance qui lui vient directement de l'intérieur.
____Le ciel se couvre et un éclair fend le ciel. Rapidement suivit d'un grondement sourd. La demoiselle frissonne de tout son corps. Elle a peur de l'orage. Encore plus lorsqu'elle est dehors et loin de chez elle. Une goutte. Puis deux. La pluie s'abat sur l'adolescente, toujours au sol, paralysée par un mal extérieur ancré en elle. Son I-pod tombe au sol et l'écran se fend sur une pierre. La pluie se charge de l'achèvement de l'objet auquel la jeune fille tient le plus. Celle-ci ne le voit même pas. Elle ne voit plus rien de ce qui se passe. Elle veut partir d'ici. Elle veut arrêter d'avoir mal. Son souhait se réalise alors. Tout devient noir et la jeune fille tombe au sol, inconsciente.


Le déroulement est un peu lent ,
Mais c'est vraiment essentiel pour bien s'accrocher à l'Histoire ,
Aux personnages .
Trois Chapitres environ & Les TH arrivent =/ .
=] Pas d'inquiétudes ^^' .
(L) Bisous ,

Karla

*

# Posté le samedi 03 mai 2008 16:23

Modifié le mercredi 07 mai 2008 13:45

Chapitre 5 .

Chapitre 5 .
*

____A l'instant même où May ouvre les yeux, Karla fait de même, une atroce douleur se propageant dans tout son corps. Elle tente de se redresser une première fois, mais abandonne aussitôt, se sentant comme paralysée. Après une seconde tentative, elle se lève finalement, chancelante, tremblante. Elle regarde autour d'elle, et s'aperçoit que le soleil est en train de se coucher. Heureusement que l'été approche, autrement il ferait déjà nuit. Sortant son portable de sa poche, la jeune fille prend compte de l'heure en effet tardive, l'écran affichant 19h15. Elle soupire, ne s'étonnant même pas du fait que personne n'ait été alerté par son absence, alors qu'elle avait quitté sa maison le matin même, et commence à reprendre la route en sens inverse, en marchant cette fois, les membres tremblants, la démarche incertaine, lorsqu'un petit objet brillant échoué au sol attire son attention. Une boule se forme dans sa gorge lorsqu'elle s'aperçoit qu'il s'agit de son I Pod, l'objet le plus cher à ses yeux, celui qui lui permet de s'évader lorsque rien ne va plus, de rêver lorsqu'elle croit ce fait impossible. Retenant difficilement ses larmes, elle ramasse l'appareil à musique possédant une grosse fissure ornant son écran, enroule délicatement ses écouteurs autour, et tourne définitivement le dos au parc. Son I Pod à présent inutilisable dans une main, elle marche, marche, marche. Les minutes lui paraissent des heures. A plusieurs reprises, elle sort son téléphone portable de sa poche, et perçoit ainsi 19h19. C'est une maigre consolation que de penser que quelqu'un pense à elle. En général, lorsqu'elle va mal, ce système l'enfonce plutôt, affichant toujours une minute de trop. Elle continue de marcher, la fraîcheur des soirées de mai faisant apparaître quelques frissons sur sa peau claire, déjà tourmentée par les quelques secousses dues à son évanouissement, et sa journée passée inconsciente. Elle marche, marche, marche. Les minutes lui paraissent des heures. Lorsqu'elle parvient devant le porche de sa maison, elle trouve la porte ouverte, et n'a même pas le courage de lancer son « c'est moi ! » habituel qu'elle aperçoit par la baie vitrée de la salle à manger son père, sa belle-mère, et sa demi-s½ur attablés. Un sourire triste vient se loger sur ses lèvres, tandis qu'elle prend bien garde à faire un détour afin de leur passer devant, pour ensuite monter dans sa chambre. Elle s'écroule sur son lit. Quelle belle famille. Une famille qui vit sans elle. Plus le temps s'écoule, plus Karla a cette sale impression que tout le monde vit sans elle. Elle, son parcours s'est arrêté. Elle a cessé de sourire. Elle a cessé de rire. Elle a cessé de dormir. Elle a même cessé de manger correctement. Mais le temps n'en a rien à foutre, il continue son cours. Et les autres avec. Ils l'ont abandonnée en chemin, elle n'est que spectatrice de leurs propres vies. Plus le temps s'écoule, plus Karla a vraiment cette sale impression que personne n'a besoin d'elle. Et elle, elle a sérieusement besoin de quelqu'un. Trois petits coups frappés à sa porte viennent l'interrompre dans ses sombres pensées. Elle ne répond pas, ne prend pas même la peine de bouger. Julie entre doucement et, se postant face à elle, s'exclame d'une voix flûtée :

_Maman dit que si tu ne viens pas manger tout d'suite, tu n'mang'ra pas ce soir. Et Papa dit qu'elle a raison, que c'est ta punition pour être sortie toute la journée t'éclater on-ne-sait-où sans prendre la peine de nous prévenir. (Julie)

____Un silence seul répond à la demoiselle, qui soupire et se retire en trottinant, nullement affectée par l'état de sa demi-s½ur. Sans même prendre compte de cet état. La porte se referme, elle descend l'escalier, et Karla l'entend vaguement dire que « Madame n'a pas l'air de vouloir descendre ! ». Elle lève les yeux au plafond, et retient ses larmes avec difficultés. C'est vrai qu'aujourd'hui, ce fut l'éclate totale. Elle avait beaucoup de moyens de les en prévenir. Fatiguée, elle tend une main plus tremblante encore qu'il y a quelques minutes vers sa table de nuit, et s'empare avec hésitation de la télécommande de sa chaîne-hifi. Ses doigts peinent à trouver le bouton, mais finalement, une douce musique à air mélancolique finit par se glisser dans la chambre, calmant peu à peu la jeune fille, la berçant, l'aidant à trouver un sommeil toujours si agité bien sûr, mais un sommeil lui permettant d'oublier sa faim, sa tristesse, sa ranc½ur. Et elle s'envole. Elle rêve. Elle pense que, quand rien ne va plus, elle voudrait sincèrement voir un ange voler à ses côtés.

« Wir werden uns nie mehr verlier'n »

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____Les examens s'enchaînent. Les questions. Les piqûres. Les envies de vomir. Les faux sourires. Les « tout va bien ». Les pensées sombres. L'impatience. Et tout recommence. Trois jours. Cela fait trois jours que May endure cette routine. Trois jours qu'elle se retient de ne pas planter chaque aiguille traversant sa propre peau dans chaque personne lui demandant si ça va, si elle a besoin de quelque chose, si elle ne veut pas voir un psy, si elle ne veut pas manger un peu plus, si elle n'est pas anorexique, au moins ?, et si elle veut bien accueillir dans sa chambre un certain Will, ainsi que ses parents, et bon nombre de camarades de classe qu'elle connaît ou ne connaît même pas. Trois jours qu'elle refuse catégoriquement cette dernière chose. Trois jours qu'elle joue l'amnésique en faisant mine d'être étonnée lorsqu'on lui évoque le prénom de « Will ». Trois jours qu'elle prétexte être fatiguée, malgré le fait qu'elle dorme toute la journée depuis trois jours, n'ayant rien d'autre à faire, afin d'échapper aux mines inquiètes et questions de ses parents. Afin d'échapper aux gens de son Lycée. Trois jours qu'elle ne veut rien entendre, qu'elle résiste à la pulsion toujours plus forte de se jeter par la fenêtre grâce à la seule pensée qu'est sa Jumelle. Et May pleure. Pleure. Pleure. Et lorsqu'elle est épuisée de se vider de son eau, elle dort. Dort. Dort. Et lorsqu'elle se réveille, les examens s'enchaînent. Les questions. Les piqûres. Les faux sourires. Les « tout va bien ». Les pensées sombres. L'impatience. Et tout recommence. Et tout recommence.
____En ce mercredi matin, la jeune fille se réveille lentement. La première chose qu'elle voit lorsqu'elle ouvre les yeux est ce blanc impur et impropre appartenant à sa chambre d'hôpital. Elle ferme les yeux à nouveau. Il est inutile de vomir de bon matin des choses que l'on n'a pas encore avalées. Elle s'apprête donc à se rendormir, comme chaque matin depuis aujourd'hui quatre jours, lorsque la porte de sa chambre s'ouvre avec fracas et que des voix agitées viennent l'obliger à rouvrir les yeux. Ce qu'elle fait. Sa seconde impression est celle d'engourdissement de tous ses membres qui lui prend depuis donc quatre jours. A rester couchée toute la journée ... Elle soupire. Sa mère et son beau-père se trouvent face à elle, deux grands sourires collés aux visages. Son infirmière est là. Son docteur aussi.

_Nous avons une excellente nouvelle à t'annoncer, May :D ! (Stéphanie)

_Tu rentres à la maison cet après-midi :D ! (Christian)

_Nous sommes conscients t'avoir gardée un bon moment, mais il fallait nous assurer que tu ne ferais plus de malaise du genre, et que tu remanges correctement. Mais puisque depuis hier, tu ne cesses de sonner pour avoir double ration ... (Infirmière)

_Nous avons considéré que tu pouvais rentrer chez toi sans aucun risque, et qu'il était temps d'arrêter de te conseiller le Psychologue, puisque tu sembles aller mieux ! (Docteur)

____Oh, pitié ... Si elle avait su que jeter toute sa bouffe par la fenêtre irait si loin ... Elle voulait juste qu'ils cessent de la traiter comme une anorexique. A présent, elle va devoir reprendre les cours, et voir Will à nouveau. Certes, ici ces seules pensées étaient suicidaires, mais au moins, elle était protégée. Elle n'ose même pas imaginer le nombre de rumeurs qui ont du circuler au Lycée au sujet de son absence. Cette seule pensée lui r'file la gerbe. Et cette intrusion de personnes dans sa pièce l'énerve au plus haut point.

_Tu es contente, ma chérie ? :D (Stéphanie)

_Non. (May)

_ :D Alors fais ta val... O_O Non ?! (Stéphanie)

_Non. (May)

_May, enfin, ça va pas ou quoi ?! Moi qui étais heureuse de penser que, c'était bon, les méd'cins avaient cessé de considérer ma fille comme une folle ... (Stéphanie)

_Ils ont dit que j'étais folle !!? (May)

_O_O Nous n'avons jamais dit ç... (Docteur)

_Non, non, bien sûr ! Enfin vous lui avez quand même « conseillé » d'aller voir un Psy ! A ma fille ! (Stéphanie)

_Madame, aller voir un psychologue ne prouve en rien un état quelconque de folie chez la personne concernée ! Vous vous trompez tout à fai... (Infirmière)

_Oh, merde !! J'vais l'voir votre Psy ! Et TOI, ne t'avises plus jamais de penser que je suis Folle ! (May)

_O_O Ma... May ='| !! Ma chérie, enfin, calme-toi, tu n'sais pas c'que tu dis, tu te réveille à peine, tu n'te rends pas compte, si les gens apprennent que tu... (Stéphanie)

_T'as pas des papiers à signer ? (May)

_Jeune fille, tu parles sur un autre ton, je te prie ! (Christian)

_... Maman, tu n'as pas des papiers à signer pour que je sorte ? J'aimerai me préparer à présent. (May)

_O_O Je ... Oui, bien sûr mon ange ... Nous ... Nous reparlerons de tout ça au calme, n'est-ce pas ? é_è (Stéphanie)

_Bien entendu. (May)

_Oh ^^ ! Parfait, alors viens, Christian ! Allons signer tous ces formulaires, vite !! (Stéphanie)

____ Les yeux fixés sur le mur d'en face, où sa mère se trouvait encore quelques instants auparavant, May ne l'entend pas sortir à la suite de son mari. Elle voit tout juste l'infirmière lui adresser un sourire compatissant, et son médecin lui signaler qu'elle peut se préparer, qu'ils sont partis eux aussi. Le regard toujours posé dans le vague, elle réfléchit. Mais dans quoi s'est-elle encore fourré ?



Les Situations Sociales & Familiales des deux Soeurs s'éclaircissent .
Bientôt plus d'action !
=] Juste un peu de Patience ,
On tente de ne rien laisser au Hasard dans cette Fiction ,
On s'y investit beaucoup ,
& Par conséquent , le début ne va donc pas très vite ...
Mais j'me répète xD !
Bisous , (L) on vous aiiiimeee <3 !

May

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# Posté le samedi 03 mai 2008 16:41

Modifié le jeudi 08 mai 2008 14:59

Chapitre 6 .

Chapitre 6 .
*

____May dépose lentement sa valise dans sa chambre. C'est avec une sorte de regret qu'elle constate que rien n'a changé. La vaste pièce est toujours submergée de posters de Rock, d'affiches de mode par-ci, par-là. Au-dessus de son lit, plusieurs photos sont accrochées. La seule chose différente est qu'on voit bien que sa mère est passée par là : Toutes ses fringues en bordel ont été rangées à leur place. Elle est si maniaque. Si ça n'tenait qu'à elle, tous ces posters n'existeraient pas. May soupire. Elle observe par la fenêtre, le soleil venant éclairer son visage ne représentant, lui, aucune expression. Elle reste ainsi un long instant. Elle pense. Sans penser réellement.
____Vous savez ? Quand vous voulez réfléchir à quelque chose, mais que votre inconscient n'en a pas envie, qu'il est fatigué, ou tout simplement qu'il veut se voiler la face un peu plus. Vous pensez penser mais en fait vous pataugez dans vos songes. Et à vrai dire, c'est assez agaçant. Un nouveau soupir, et la jeune fille tourne le dos à l'extérieur, pour aller s'asseoir sur son lit. Ses yeux restent fixés sur les photos étalées aux murs. Elle se voit, à cinq ans, en compagnie de celle qu'elle considère comme sa « meilleure amie ». A sept ans. A dix. A treize. Maintenant. Elle se voit, en compagnie des ami(e)s de sa classe. Elle aimait ces photos. Mais aujourd'hui elles ne représentent plus rien. La personne qui devrait avoir la plus haute place dans sa vie, elle n'est même pas capable de la dessiner pour cause d'ignorer à quoi elle ressemble. Alors à quoi est-ce que tout cela peut bien rimer ?
____Elle baisse les yeux. Puis les relèvent. Une série de photos la montrant en compagnie de Will viennent former de la buée dans son regard. Elle se mord la lèvre. Elle baisse à nouveau les yeux. Elle tremble. Elle n'a pas le courage de les retirer. Et elle ne veut pas penser. Elle ne veut pas penser...

[ *** ]

____Lorsqu'elle ouvre les yeux, elle se rend compte qu'elle s'est à nouveau laissée aller dans un somme. D'une heure et demie tout juste, son réveil affichant 16 heures. Elle se redresse, l'air un peu perdue. Elle tremble encore, il serait temps de manger quelque chose. Mais elle n'a pas faim. L'idée de penser à ingurgiter de la nourriture suffit à elle seule à lui couper tout appétit. Et ça ne la rassure pas du tout. Lassée, elle se lève, et ouvre sa porte pour descendre dans le salon. Sa mère est assise là, en compagnie de Christian. Elle les regarde.

_Tu viens goûter avec nous, May :D ? (Stéphanie)

_... Non, merci. (May)

_Mais ... é_è ... Tu ne rates jamais l'heure du goûter habituellement ... (Stéphanie)

_Ne t'en fais pas, j'ai assez mangé à l'hôpital à midi, c'est bon. (May)

_C'était bon, là bas ? (Christian)

_Mh, mh. (May)

_La nourriture des hôpitaux n'est pourtant pas réputée pour sa saveur T_T ... (Stéphanie)

_Mh. (May)


____Elle reste là, les bras ballants. Sa mère se mord la lèvre et jette un coup d'½il à son mari. Enfin, d'un accord commun, ils demandent à la jeune fille de s'asseoir face à eux, dans le grand sofa de cuir beige. Elle obéit, sachant pertinemment les questions qu'ils vont lui poser. Elle ne peut plus reculer. Elle n'est plus protégée.

_May ... Nous sommes inquiets ... Comprends-nous ! Tu allais chez Will, et tu as fait un malaise, manquant de te faire renverser par une voiture ! Tu refuses de le voir et de nous donner la moindre explication ! Il est de même pour tes camarades de classe ! Si tu ne dis rien à personne, May, à qui te confies-tu ? De plus, tu dis vouloir voir un Psy ! Nous devons parler de tout ça !!! (Stéphanie)

_... (May)

_May ... Explique-moi, quel est le problème ? Tu as des problèmes au Lycée ? Avec Will ? Tu es si pâle ... Toutes ces choses ne te ressemblent pas ... (Stéphanie)


____Elle masque ses émotions sous ses silences. Comme toujours. « Toutes ces choses ne te ressemblent pas ... » Qu'en sait-elle ? Il faut que sa fille fasse un malaise, pour qu'elle se rende compte qu'elle agonise ? Ses faux sourires suffisaient donc bien à tromper son monde ? Ils sont tous si aveugles ? Elle ne peut plus supporter ce faux trop plein d'amour. Toute cette fausse affection. Pas une de leur parole n'est sincère. Autrement, ils s'occuperaient plus d'elle et se rendraient compte. Ils veulent juste continuer à mener leur petite vie tranquille, sans May comme problème contre ça.

_May, mon c½ur ... Il faut que tu nous dises ... (Stéphanie)

_Nous sommes là pour t'écouter ... Nous pouvons le faire aussi bien qu'un Psy, tu sais ... (Christian)


____C'est trop. Beaucoup trop. Elle ne supporte plus. Elle ne parvient plus à faire semblant. Elle veut partir. Loin. Vomir tout ce qu'elle vient d'entendre. Être elle. Ne plus avoir à chercher la perfection à leurs yeux pour leur satisfaire, être elle, juste elle, May. Comment osent-ils ... Comment peuvent-ils ... Ils n'ont donc pas honte de leurs propres paroles ? Ils ne se rendent donc pas compte que leur monde ne tourne qu'autour d'eux et leur image de bourgeois ? Elle compte donc pour si peu ??

_Je ...Je ... (May)

_Tu ? May ... (Stéphanie)


____Elle éclate en sanglot. Incontrôlables. Ils ne s'arrêtent plus.

_J'veux voir ma s½ur !!. (May)

____Et le silence retombe entre ses deux parents. Elle heurte un os. Elle pose problème. Elle n'est pas l'être parfait qu'ils souhaiteraient avoir. Elle n'y arrive pas. Elle est humaine. Et elle continue de pleurer, sous leurs yeux faussement inquiets, leur insouciance folle. Ils n'auraient jamais du la séparer d'elle...

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____Assise à son bureau, Karla compte les jours. Dans moins d'un mois, elle est à Paris, assistant au concert de son groupe préféré. Elle ne vit plus que pour ça. Le reste n'a aucune importance. De plus, comme si son propre mal-être ne suffisait pas, elle ressent constamment cette pointe au fond du c½ur, comme si c'était le malheur d'une autre personne qui venait s'ajouter au sien. Et Dieu sait qu'elle n'a pas besoin d'ça. Elle soupire, et consent enfin à ouvrir son cahier de Mathématiques, prête à attaquer ses devoirs pour le lendemain. Jeudi ><. Karla n'aime pas le jeudi. C'est une journée de merde, comme toutes les autres. Et pourtant, comme chaque jour, elle fera l'effort de se lever, et d'assister à sa journée de cours. Désespérée à cette idée, elle effectue ses exercices un peu au hasard, rapidement, et pas très correctement, et referme son livre d'un coup sec. Elle jette le tout dans son sac, et part s'affaler sur son lit. Son réveil indiquant 23h30, elle s'endort comme une masse.

[ *** ]

____Jeudi est finalement arrivé. Il est déjà 6h00. Toujours aussi épuisée que la veille, comme si sa nuit n'avait pas été réparatrice du tout, la blonde se lève, et part immédiatement sous la douche. Son ventre est noué. Atrocement noué. Elle appréhende, elle stresse. Elle n'a pourtant aucune raison. Elle cherche à savoir pourquoi, énumérant les éventuelles choses qu'elle aurait pu omettre de faire. Elle a fait ses Maths. Elle a fait son Français. Elle a compté les jours. Elle a mangé deux ou trois trucs au dîner. Elle a préparé ses affaires. Elle n'a donc rien oublié. Agacée, la jeune fille se hâte de s'enrouler dans une serviette, et enfile les vêtements posés sur son fauteuil. Cette boule au ventre ne semblant toujours pas être la sienne ne la quitte pas. Et pourtant, elle aussi est assez stressée finalement. Mais comme chaque matin. Elle termine de se préparer, oublie de déjeuner et file à son arrêt de bus.
____Là, elle rencontre quelques filles de sa classe, avec qui elle s'entendait assez bien, jusqu'à ce qu'elle apprenne à réellement les connaître pour se rendre compte qu'elles n'aspiraient, apparemment, qu'à la couler un peu plus. Elle les salue d'un signe de la main, et part s'asseoir au fond du bus, seule. Lorsqu'elle arrive au Lycée, elle est la première à descendre du véhicule, et la première à s'asseoir en cours, au fond de la classe, seule. Les cours s'enchaînent, elle ne parle à personne. De toute façon, à quoi bon ? Les gens de sa classe ne l'aiment pas. Et elle ne les aime pas non plus.
____Le soir arrive rapidement. Elle s'enferme dans sa chambre, et pleure en silence. Elle doute un peu. Elle ne voit pas comment tenir un mois. Surtout avec les examens de fin d'années approchant. Le seul avantage, c'est que dans moins de deux semaines, elle a finit les cours. Et dans trois, elle est à Paris pour le concert des TH, où elle reste pour toute une semaine, chez l'une de ses tantes. C'est parfait : Elle a besoin de vacances. Une voix venant du couloir l'appelle pour manger. Elle soupire, et se rend donc à pas lents vers la salle à manger. Elle n'a pas faim, mais elle mangera un minimum, comme toujours. Histoire de tenir le mois. Juste le mois. Un mois. Sa ne représente que 30 jours. Ou 31 peut-être. Peu importe. Elle devra attendre. Elle devra tenir. Un minimum. Pour finir son année. Pour réaliser son rêve. Et après ? Elle ne veut pas y penser. Voila quelques temps déjà qu'elle n'arrive plus à imaginer son futur. Alors que toute la journée les filles autour d'elle parlent de leur avenir, Karla se tait. Lorsqu'on lui demande son avis, ce qui est rare, elle se contente d'hausser les épaules. Elle commence à savoir qu'elle n'est pas faite pour vivre alors pourquoi vivrait-elle ?
____C'est avec cette idée en tête que l'adolescente s'assoit à la table familiale. Sa belle-mère lui adresse son plus beau sourire hypocrite, comme à son habitude. Quand à son père, il ouvre la bouche, s'apprêtant à poser la même question que tous les soirs de l'année.

_Tu... (Vincent : Père de Karla)

_Non je n'ai pas eu de notes aujourd'hui. (Karla)


____Un sourire factice et un air rassurant suffisent pour que son père la laisse tranquille. Ou plutôt l'oublie. Pour dire vrai, cela ne gène en rien la demoiselle qui se force à picorer quelques pâtes dans son assiette. Chaque bouchée lui affiche une grimace de dégoût. Heureusement, personne ne fait attention à elle. La discussion tournant autour de la prochaine compétition de GRS de Julie.

_Tu sais Karla cette fois je veux que tu viennes voir ta s½ur. (Vincent)

_J'ai pas de s½ur. (Karla)

_Si tu en as une ! ! (Vincent)

_Non. (Karla)

_Karla ça suffit ! (Vincent)

_De quoi ? Tu veux que je me taise c'est ça ? Alors ne me parle pas. (Karla)


____Le ton doux et calme employé par la blonde a un effet immédiat. Vincent se lève, la saisit fermement par le bras et la tire jusqu'a la salle a coté où il s'enferme avec elle. Il la jette ensuite violemment contre le mur et elle tombe à terre, la respiration saccadée. Elle ne crie pas. Elle ne veut pas lui donner cette satisfaction. Elle ne pleure même pas mais se relève, malgré la douleur, et se remet face à son père qui la foudroie du regard. Elle inspire profondément puis s'exclame de nouveau d'une voix posée :

_Tu sais Papa, Cécilia n'est pas ma mère et Julie n'est pas ma s½ur. (Karla)

____Malgré la haine que le visage de son père lui envoie, elle ne baisse pas la tête et maintient son regard. Ses côtes lui font mal mais elle se force à ne rien laisser transparaître.

_Tu n'es vraiment qu'une sale peste pourrie gâtée qui ne vit que pour soi ! J'ai jamais vu un tel égoïsme et irrespect ! Tu ne te rends pas compte que tes réflexions peuvent blesser Julie !!! Bien sur que non puisque toi ça ne te fait rien ! Tu ne penses qu'à toi ! Tu me dégoûtes vraiment ! J'ai honte de t'avoir comme fille ! ! (Vincent)

_Tant mieux alors si Julie remonte un peu le niveau. (Karla)


____Sa main se lève. Elle claque. La fille tombe au sol sous le choc. Elle presse sa joue sur sa paume de main. Elle laisse couler une larme. Elle lève les yeux vers cet homme qui se dit être son père.

_Je te déteste. (Karla)

____Celui-ci hoche la tête puis se tourne et ouvre la porte. Il regarde toutefois une dernière fois sa fille par-dessus son épaule avant de sortir.

_Reste dans ta chambre ce soir. Et je ne veux pas te voir non plus du week-end. (Vincent)

____Sur ces mots, l'homme sort, laissant seule la demoiselle, encore assise, sur le sol. Elle lève ses yeux brillants au ciel et s'exclame pour elle-même :

_Ne t'inquiète pas pour ça. Papa. (Karla)


____Un sourire vient se loger sur les lèvres de la jeune fille. Elle ne sait pas pourquoi. Elle n'a même pas mal. Sa joue ne la brûle même plus. Elle n'a pas envie de pleurer.
____Une main appuyée sur ses côtes, elle se relève difficilement et prends le plus discrètement possible la direction de sa chambre. Arrivée dans la pièce, elle ne prend pas la peine d'allumer la lumière, et s'allonge sur son lit à contempler le ciel à travers sa fenêtre, dont les volets sont encore ouverts. Elle se lève ensuite et s'approche alors de cette vue de l'extérieur. Elle ouvre la fenêtre et passe la tête. Une légère brise fait voler ses cheveux et elle inspire de tout son corps cet air de liberté. La lune est pleine ce soir. Un profond soupir se fait entendre dans l'obscurité de la nuit. Juste un mois...


HuHu !
Pas d'inquiétudes, le mois va vite passer xD !
2 Chap' on croit & c'est le concert !
(L) Bisoux <3 on vous aiiiime :D !


May&Karla

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# Posté le mardi 06 mai 2008 12:23

Modifié le samedi 10 mai 2008 13:20

Chapitre 7 .

Chapitre 7 .
*

____Lundi matin. La première sonnerie de la semaine retentit, indiquant à l'adolescente l'heure de rejoindre son cours de maths. Karla monte donc le premier escalier en traînant des pieds. Quelques élèves la saluent au passage et, en seule réponse, elle les gratifie d'un faible sourire. Une fois en cours, elle sort ses affaires et essaie de se concentrer sur ce que raconte la prof. Toutefois ses paupières se ferment toutes seules et la demoiselle est obligée de lutter pour ne pas sombrer. Son manque de sommeil est beaucoup trop important pour être supportable et elle le sait. Son week-end, elle l'a pourtant passé seule, enfermée dans sa chambre, afin de ne pas déranger son père par sa présence. Malheureusement ses nuits, elle les a plus occupées à pleurer devant la fenêtre de sa chambre. Dormir n'a pas été une priorité. Manger non plus. Elle a perdu ses habitudes. Elle n'a plus besoin de rien...
____Quelques coups sur son épaule la font sursauter. Elle jure puis respire calmement pour se calmer. Elle se tourne ensuite pour voir ce qu'on lui veut. Fred, un mec de sa classe, se penche alors sur sa table pour lui parler.

_T'étais à Toulouse ce week-end ? (Fred)

_Non U_u (Karla)

_Ah bon ? Oo (Fred)

_Je sais encore ce que je fais et où je suis, Fred. (Karla)

_Ah mais c'est bizarre, parce que... tu sais, Adrien, mon cousin ? (Fred)

_Ouais rapidement. (Karla)

_Et bien il y était et il m'a dit qu'il t'y avait vue. (Fred)

_Il a du halluciner. (Karla)

_Non, non, il est sûr de lui. (Fred)

_Il débloque ton cousin ! J'y étais pas, et puis même, comment il aurait pu me voir avec tout le monde qu'il y a à Toulouse ? (Karla)

_Bah... c'est que tu passes pas inaperçu. (Fred)

_ U__U (Karla)


____La blonde se retourne en soupirant et repose ses yeux sur le tableau. Elle a des sosies. Manquait plus que ça pour qu'elle devienne folle.
____La journée passe à une lenteur hors du commun. La pluie tombe abondamment et lorsque la demoiselle passe le seuil de sa maison, elle est toute trempée et de mauvaise humeur. Julie, qui a finit les cours plus tôt, passe devant elle et lui adresse un regard de dégoût.

_Tu ressembles vraiment à rien. (Julie)

_Et je t'emmerde aussi. (Karla)

_Pfff, tu me fais vraiment pitié ! Au lieu de parler, nettoie la maison, c'est vraiment super crade ! (Julie)

_Non mais attends, tu me parles pas comme ça ! Je suis pas ton chien !!! (Karla)

_Non, un chien ça servirait à quelque chose ! Toi, tu sers à rien ! (Julie)


____La blonde s'approche dangereusement de sa demi-s½ur, mais au dernier moment elle retient sa main. Non elle ne la frappera pas. Elle n'en a même plus la force. Elle redescend donc son bras et soupire devant l'air satisfait de Julie. Puis, comme tous les soirs, elle gagne sa chambre, où elle s'effondre en larmes sur son lit. Seule...

____________________________________________________

____May fixe le mur. Ses mains tremblantes sont agrippées au canapé. Devant elle, sa mère au téléphone avec son père depuis plusieurs minutes déjà. La jeune fille a finit par faire entendre raison à sa mère et à son beau-père. Elle veut voir sa s½ur jumelle.
____Une boule se forme dans sa gorge. Elle a peur. Son père, elle le connaît à peine. Un mauvais pressentiment lui retourne l'estomac. Si elle avait quelque chose dans le ventre, elle le vomirait. Mais ce n'est pas le cas alors elle se contente de ravaler difficilement sa salive en enfonçant, chaque seconde un peu plus, ses ongles dans son siège.
____Sa mère raccroche finalement et pousse un soupir de déception qui fait réagir immédiatement sa fille. May se lève d'un coup et parle d'une voix agressive.

_ALORS ?!? (May)


____Stéphanie lance un regard désolé a l'adolescente, puis s'assoit face à elle sur le fauteuil.

_Il ne veut pas que tu voie Karla... (Stephanie)

_Karla... (May)


____Elle se répète plusieurs fois ce prénom, pour elle-même. Il lui semble si familier...

_Et... elle ne sait pas qu'elle a une s½ur. Enfin... elle ne sait pas que tu existes.. (Stéphanie)

_Mais il va lui dire, hein ? (May)


____De fines larmes prennent possession des yeux de la demoiselle. Elle se fiche des explications de sa mère, elle veut juste La* rencontrer.

_Non.. Ecoute May. Ce que tu dois savoir c'est que ta s½ur est dans une mauvaise période où elle est très agressive et insupportable, d'après ton père... Il ne veut donc pas qu'elle soit encore plus perturbée par une nouvelle de cette importance. (Stéphanie)

_Ça veut dire quoi, ça ? (May)

_Que pour le moment, tu ne dois pas compter sur le fait que tu vas pouvoir la voir. (Stéphanie)

_Mais c'est pas juste ! C'est pas normal ! Et si elle va pas bien, elle a encore plus besoin de moi ! ! (May)

_May s'il te plait ne t'énerve pas. Ça ne rimera a rien. (Stéphanie)

_Comment tu veux que je reste calme ! Mais vous comprenez rien ! ! ! ! ! ! (May)


____La demoiselle se laisse retomber sur le canapé, ses larmes coulant le long de ses joues. Elle ne peut pas le croire, elle n'en peut plus.

_Tu sais, bientôt vous serez majeures et a ce moment-là, plus personne ne vous empêchera de rattraper le temps perdu. (Stéphanie)

_Je ne la connais même pas... (May)

_Tu apprendras à la connaître. (Stéphanie)

_Mais tu imagines ? C'est ma s½ur jumelle et je ne sais même pas ses goûts, ses passions, sa classe ! Je ne sais rien sur rien ! Juste son prénom ! ! (May)

_Je ne sais pas grand chose non plus. Je crois que son père ne la connaît même pas. Tout ce qu'il sait et qu'il a pu me dire, c'est qu'elle aime Tokio Hotel et qu'il lui a acheté une place pour leur concert au Parc des Princes. Sinon je pense qu'il ne se soucie pas d'elle et que.... (Stéphanie)


____La femme continue son discours mais elle n'est plus écoutée. En effet, la jeune fille reste bloqué sur le Parc des Princes. Elle* y sera donc. Un grand sourire aux lèvres et une idée dans la tête, May se lève et sort de la pièce sous le regard surpris de sa mère. Elle n'a plus qu'une chose à faire : acheter sa place...


Karla

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# Posté le mardi 06 mai 2008 13:03

Modifié le dimanche 11 mai 2008 15:39