Chapitre 13 .

Chapitre 13 .
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_Oui, maman, je sais ... Je ferai attention, promis ... Je ne sortirai pas tard le soir, maman !.. Non plus ... Mais puisque je te dis que Karla est dans l'appartement en face de l'hôtel ! Et les TH dans l'hôtel même. ... Hé ben, tu sais bien, les types que j'suis allée voir en concert, làà !.. Ouais, ça va, pas trop mal ...Mh ... Très responsables ... Oui, c'est ça, allez ... Ouais, moi aussi ... A plus, maman U____U !! (May)

____Elle raccroche en soupirant, et se tourne vers sa s½ur, assise sur le grand lit de Bill, en compagnie de celui-ci et des trois autres membres du groupe.

_Ma mère demande si tu ne préfères pas qu'elle te prenne une chambre à l'hôtel. (May)

_... Non, ça ira, mon père pense que je suis chez ma tante, et ... (Karla)

_Oh, Karla, ton père s'en fiche, de toute façon ! Il ne le saura pas, puisqu'il prendra pas la peine de t'appeler ! Si c'est juste parce que ça te tue de partager une suite avec moi, dis-le, qu'on en finisse ! (May)

_=O (Karla)

_... Désolée, mais je n'ai pas envie d'être gentille. (May)

_J'vois ça. (Karla)


____May soupire. Elle abuse, elle le sait. Mais elle en a assez de tout. Elle ne supporte plus rien. Aux côtés de sa s½ur, les quatre rock stars sont fixés sur la télé, ne les écoutant même pas. De toute façon, pour ce qu'ils en comprendraient ...

_Karla, pour la dernière fois, est-ce que tu veux loger à l'hôtel ? Tu ne seras pas plus tranquille que chez ta tante ? (May)

_Si, mais ... Tu te rends compte du prix d'une nuit dans une suite de cet hôtel ? (Karla)

_Non, pas vraiment ... (May)

_Tes parents ont les moyens ? (Karla)

_Bah non, ils s'endettent pour me faire plaisir, là. (May)

_U___U (Karla)

_Mon beau-père est milliardaire. (May)

_U____________________U (Karla)

_Alors, Karla !? Tu fais quoi ? (May)

_Je ... (Karla)

_Ça ne me dérangera pas, et mes parents non plus. (May)

_T___T Bon, d'accord ... Merci ... (Karla)

_Parfait. (May)


____Composant un sms rapide pour sa mère, la brune fait les cent pas, attendant la réponse, arrivant quelques minutes plus tard.

_La réservation est faite. Tu préviens ta tante ? (May)

_O_o Déjà ? (Karla)

____Elle ne prend pas la peine de répondre, et jette un coup d'½il dégoûté aux quatre garçons affalés sur le lit. Sa s½ur se lève, sûrement dans le but d'appeler sa tante, habitant pourtant juste en face. Elle se rassoit quelques minutes plus tard, signalant à May que c'est réglé. La jeune fille acquiesce, s'asseyant sur un siège, à l'écart des autres. Ils ont eu beau lui expliquer qu'ils restaient ici pour une à deux semaines, et Karla a eu beau s'excuser rapidement sans vraiment s'étaler, elle n'est pas ce qu'on pourrait appeler « satisfaite ». Elle redoute la vitesse à laquelle ce séjour risque de passer, ainsi que le fait de se retrouver seule avec la blonde. Le problème se posant reste le même : Elle ne la connaît pas.
____Epuisée, elle étouffe un bâillement, lorsqu'un accent ridicule et une voix grave la tirent de ses songes :

_May, tu viens avec nous ! (Tom)

____Elle le regarde comme s'il était la pire merde au monde, et se replonge dans ses pensées, sous l'air blasé du jeune homme.

_U____U Tu ne aime pas nous ? (Tom)

____Elle l'ignore toujours, le laissant tenter de parler le français, lorsque, après avoir formulé une nouvelle phrase, Bill s'impatiente et s'exclame en allemand :

_Bon, Tom, ta gueule ! Tu sais pas parler français, ça sert à rien ! Viens avec nous, May ! (Bill)

____Un court instant d'hésitation prend place dans sa tête, partagée entre l'envie de lui foutre un vent à lui aussi et celle de démoraliser un peu plus le guitariste. Finalement, elle se lève, et vient s'asseoir avec eux sur le lit, sous l'air dégoûté de Tom. Un silence s'installe dans la pièce durant lequel le regard de May se pose rapidement sur toutes les personne présentes. Elle s'attarde un peu sur Karla, n'ayant jusqu'ici pas pris le temps de l'observer attentivement. Son visage est identique au sien avec toute fois les yeux légèrement plus clairs, ses cheveux sont blonds naturels. Ses joues sont légèrement creusées, symbolisant le manque de nourriture. Ses cernes sont également profondément marqués. Ce qui ferait atroce sur quelqu'un d'autre ne gène même pas chez la blonde, son visage étant trop étincelant pour mettre en avant d'éventuels défauts.
____La brune ne peut retenir un soupir. La vérité c'est que Karla souffre, tant mentalement que physiquement. La vérité est que May ne connaît pas sa propre moitié et qu'elle lui en veut à elle qui, pourtant, est aussi perdue et partage sa souffrance. Au fond, la demoiselle sait que si elle se montre si odieuse, c'est parce qu'elle ne veut pas montrer qu'elle a mal. Comme elle n'avait jamais eu mal auparavant ...

________________________________________

____Karla observe et imite. Elle s'installe donc sur une chaise dans la grande salle de l'hôtel. Les garçons ont décidé d'aller manger. Elle était soulagée par ce choix, le silence devenant trop pesant pour être supportable. La demoiselle se retrouve ainsi assise entre Bill et Gustav, juste en face de May qui ne daigne lui adresser la parole. Elle soupire alors que plusieurs serveurs s'approchent de leur table et leur tendent à chacun un menu précisément décoré. Elle ouvre donc celui-ci et reste un instant paralysée devant le premier chiffre qu'elle lit : 120 . Son cerveau bouillonne, ça ne peut pas être le prix, peut-être le numéro de la salade composé. U_U Elle lève la tête vers les autres adolescents qui ne semblent en rien surpris, seulement concentrés à choisir leur plat. Elle pousse un nouveau soupir et croise alors le regard du chanteur qui la fixe. Elle pique un fard et se réfugie dans son menu. Elle l'entend étouffer un léger rire. Alors qu'elle tente en vain de calmer les battements de son c½ur, une voix résonne derrière elle et la fait sursauter.

_Vous avez choisit ? (Serveur)

____Elle ouvre de grands yeux ronds et enfonce une fois de plus sa tête dans la carte. Toute la table commande et puis, un silence prend place. Elle sent parfaitement tous les regards peser sur elle. Ses joues s'empourprent encore plus alors que le serveur se racle la gorge en signe d'impatience.

_Karla, t'as choisi ? (Tom)

_Rien, merci. (Karla)


____Elle referme brutalement son menu et le tend au serveur qui la regarde, incrédule. Alors qu'il s'éloigne, la blonde baisse la tête, n'ayant de force pour affronter aucun regard. Personne n'ose parler à la table et elle s'en veut d'être la cause d'un tel silence. Tout se passerait mieux si elle n'était pas là.

_Tu es sûre que tu ne veux rien ? (Bill)

_Oui c'est bon, merci. (Karla)

_Ce sont les prix qui t'effraient à ce point là ? (Bill)


____De légers rires se font entendre face à cette remarque. L'adolescente n'en peut plus. Elle est usée. Elle a tout donné. Elle n'a plus rien, elle est vide. La force morale qui lui permet d'habitude de tenir n'est plus là. Elle sent les larmes lui monter aux yeux et elle sent également sont incapacités à les retenir. Elle se sent nue. Elle se sent nulle. Elle ne se sent même plus. Mais qu'est-ce qu'elle fait là ? Tout à coup, la pression est trop forte et la jeune fille craque littéralement.

_NON C'EST JUSTE QUE JE NE MANGE PAS OU ALORS JE LE GERBE AUSSITOT !! ET PUIS, EXCUSEZ-MOI, DE NE PAS FAIRE PARTIE DE VOTRE MONDE DE RICHE OU UNE SIMPLE SALADE COÛTE 120 EUROS !! (Karla)

____Tout le monde se taît dans le restaurant. La demoiselle est à présent debout, la respiration haletante, les yeux brouillés par les larmes. Face à elle, May, dont les yeux brillent. La blonde bouge rapidement la tête de gauche a droite puis repousse sa chaise contre la table avant de partir à pas lent vers le hall de l'hôtel.
____Elle appuie sur le bouton de l'ascenseur et se retient à celui-ci, ses jambes ne pouvant plus la soutenir. L'infirmière avait raison. Elle est bien trop faible. Même son propre corps ne tient plus. Elle ne reçoit aucune énergie. Elle voudrait dormir mais ne jamais se réveiller. Elle voudrait tellement tout ce qu'elle ne peut pas avoir. Elle pleure à chaudes larmes a présent. Où elle va les chercher, elle l'ignore. La porte de l'ascenseur s'ouvre et elle s'engouffre difficilement à l'intérieur. Alors qu'un vertige manque de la faire tomber au sol, une main la saisit au niveau du bras et la redresse. Elle lève les yeux pour se perdre dans ceux de Bill qui la regarde étrangement. Elle ne discerne pas l'inquiétude et la peur car personne n'a jamais ressentit ça vis-à-vis d'elle. Elle ne sait pas lire ce sentiment dans les yeux des gens. Elle ne comprend donc pas pourquoi le garçon la serre fermement et appuie son regard.
____A trop penser, ses jambes la lâche de nouveau mais cette fois, de façon brutale. Elle tombe à terre et entend vaguement Bill pousser un gémissement de terreur et de surprise. Celui-ci passe alors un bras sous ses jambes et un sous sa nuque et la soulève délicatement. Elle se laisse ainsi porter dans le couloir spacieux et lumineux de l'hôtel. Elle ferme les yeux, la luminosité l'aveuglant, et pose sa tête contre le torse du garçon qui continue de marcher.
____Une porte s'ouvre et elle se fait alors déposer sur un lit. Dans quelle chambre elle se trouve, elle l'ignore. Elle continue de pleurer, sa respiration coupée par de nombreux sanglots. Il s'assoit à côté d'elle et la regarde, toujours aussi inquiet. Il se sent impuissant et il déteste ça. Les larmes coulent encore un moment puis s'arrêtent finalement. Karla force son corps de lâcher prise. Elle veut sombrer. Elle ne peut plus. Ses yeux se ferment mais continuent de se re-ouvrir. Elle lutte pour s'endormir. Pour ne plus vivre au présent. Mais une main lui caresse le visage déformé par ses pleurs. Un doigt efface d'un passage les dernières traces de ce moment de faiblesse.
____Karla ne tient plus et ouvre les yeux. Elle lève le bras et tente de repousser celui de Bill mais la force lui manque et son membre retombe rapidement contre le matelas.

_Karla calme-toi. Je ne suis pas là pour te faire du mal. (Bill)


____Il a parlé en allemand cette fois. De cette voix si douce et si calme qu'elle en donne des frissons à la demoiselle.

_Va-t-en.... (Karla)

____Elle parle tellement doucement que ces mots n'arrivent même pas a ses propres oreilles. Elle prend une profonde inspiration et les répète légèrement plus fort mais d'une voix toujours si faible que le garçon les comprend à peine.

_Non je resterai là et je ne te demande pas ton avis. Est-ce que jusqu'ici je t'ai causé du tort ? Est-ce que j'ai cherché à te faire du mal ? Alors pourquoi tu n'as pas confiance en moi ? Je veux juste t'aider... (Bill)

_Pourquoi... (Karla)

_J'en sais rien... (Bill)

_Alors laisse-moi... s'il te plait... (Karla)


____Les larmes remontent et elle ne les arrête toujours pas. Le chanteur ne bouge pas, son c½ur serré par les paroles suppliantes de la demoiselle. Il soupire, et lui prend doucement la main, ne cessant d'essuyer ses larmes à l'aide de sa seconde.

_Non, Karla, je suis désolé, je te laisserai pas. T'as trop besoin d'parler. Alors dis-moi, je t'écoute. Je te jugerai pas. Jamais. Mais j't'en prie, ouvre-toi, ne renferme pas tout en toi ainsi, ou tu n'y arrivera jamais ... (Bill)

_Mais de quoi veux-tu que je te parle ? (Karla)

_De tout ... De ta vie, ta situation familiale, scolaire, de ... Ton anorexie ? (Bill)

_J'suis pas anorexique. (Karla)

_Comment appelles-tu ça alors ? Tu sais, il n'y a pas de honte à ça. (Bill)

_C'est trop récent, je coule, et j'ai rien pour me raccrocher. L'envie de manger disparaît, forcément. C'est tout. (Karla)

_C'est pas déjà trop ? Allez, Karla ! Dis-moi, tu sais aussi bien qu'moi qu't'en a besoin ... (Bill)


____Elle soupire faiblement, et plonge ses yeux dans les siens. Toujours le même contact. Quelques frissons apparaissent sur sa peau, et le jeune homme la recouvre aussitôt du drap de lit. Son regard toujours ancré dans le sien, elle sait qu'elle peut avoir confiance en lui. Lentement, la voix toujours tremblante et brisée par les larmes, elle se lance. Pour la première fois, elle s'ouvre à quelqu'un. Elle partage sa vie, ses souffrances.

_Okay ... Je vis avec mon père et ma belle-mère depuis aussi petite que je n'ai pas de souvenirs d'une vie avec d'autres. Je ne me souviens pas de ma mère, et je ne la connais pas. Une lettre chaque année pour mon anniversaire, et un chèque à vrai-dire assez élevé. A présent, j'imagine que mon père faisait de même pour May, mais je n'en savais rien. J'ai une demi-s½ur, Julie. Elle a treize ans, peut-être gentille à ses heures mais est légèrement trop aimée par mes « parents ». Ma belle-mère ne s'occupe pas de moi, ce qui est normal, elle a sa fille... (Karla)

_Non, c'est pas normal, Karla ... (Bill)

_... Et bien pour moi ça l'est, puisque je n'ai pas eu d'autre exemple. Mon père, c'est la même chose. J'ai sans cesse l'impression qu'il aurait préféré ne jamais m'avoir vue naître. En fait, ce n'est pas qu'une impression, parce qu'il me l'a répétée maintes fois. Lui, sa vie, sa famille, c'est Cécilia & Julie. Moi, je suis la tâche qui vient gâcher le tableau. D'ailleurs, ils se sont toujours arrangés pour programmer les séances « photos de famille » les jours où je n'étais pas là. Tu imagines à peu près ? C'est comme si je n'existais pas. Comme si j'étais transparente, que je n'avais pas la place dans cette famille. En rompant avec ma mère, mon père a rompu avec tout. Il aurait sûrement préféré que je vive aussi avec elle, sans partage de garde, et m'envoyer un chèque tous les ans. Mais à vrai-dire, j'aurai nettement préféré aussi. Tout ça, c'est depuis mes quatre, cinq ans, je sais pas. La vie commune avec ma mère je ne m'en souviens pas. La vie seule avec mon père non plus, Cécilia est bien vite arrivée. Julie par la suite. Depuis toute petite, les seules phrases que j'ai pues retenir ont été de simples « tu sers à rien », « tu gâches toujours tout », « tais-toi et souris, Karla, c'est tout ce qu'on te demande », « ne fais pas ci », « ne fais pas ça ». Des reproches. Encore et toujours des reproches. Pour peu que je me souvienne, mon père n'a jamais du être fier de moi. Alors il n'y a aucune raison pour que sa femme l'ait été. J'ai grandi trop vite, tu sais. Quand mes copines de l'école allaient retrouver leur mère dans la voiture à la sortie, qui leur promettaient crêpes et jeux en tout genre, j'attendais des heures que mon père vienne me chercher à son tour. Mais il m'oubliait sans cesse. Et je rentrais à pied. A six, sept ans. Peu lui importait, je n'existais pas. Et puis, est venue l'adolescence. Tu sais ? Pour tout le monde, les premiers vrais conflits avec les parents. « Est-ce que je peux me maquiller ? », « est-ce que je peux porter une jupe au dessus des genoux ? », « est-ce que je peux ci, est-ce que je peux ça ». Au tout début, j'ai fait pareil. J'ai demandé. Mais les choses n'allaient pas changer parce que moi, j'avais grandit. De plus, Julie était déjà là, à occuper tout leur temps. Julie, elle a eu l'enfance la plus heureuse au monde. Moi, je n'en ai pas eu. Et donc, forcément, à toutes mes demandes, c'est tout juste s'ils répondaient. De vagues « fais c'que tu veux » quand ils m'écoutaient. Et c'est tout. Alors bien sûr, j'ai fais c'que j'voulais. Quitte à mal tourner. Ma première cigarette. Mon premier joint. Ma première cuite. Mon premier baiser. Et mon premier rapport sexuel. J'ai tout eu avant tout l'monde. Quelle classe. A treize ans, tout juste, j'avais tous les mecs à mes pieds, et toutes mes copines ne cessaient de rabâcher « oh Karla, quelle chance tu as, d'avoir des parents aussi cool ! Ils te laissent faire ce qu'tu veux ». Je ne me suis jamais battue contre ça. Elles pouvaient bien dire ce qu'elles voulaient, j'avais appris à fermer ma gueule, et j'laissais tomber. Moi, juste moi, je savais bien que je n'avais pas d'chance. Mais je ne pouvais, je ne peux toujours pas imaginer, Bill, avoir quelqu'un à qui le confier, quelqu'un qui me comprendrait. Heureusement, la cigarette, le shit & l'abus d'alcool n'ont pas durés. Je me suis assez vite calmée avec les mecs aussi, pas mal dégoûtée de leur comportement envers une pauvre petite gamine naïve et déjà lassée de vivre comme moi. Et puis, il y avait ce vide. Ce vide que je n'arrivais pas à combler, à comprendre jusqu'à hier encore. Ce vide omniprésent en moi, ces sentiments qui parfois prenaient le dessus sur les miens sans avoir aucun rapport avec moi. Ça me rendait folle. Et dépressive. Maintenant, j'ai compris. Le vide en moi, c'est May. Et May, c'est le bonheur qu'on m'a toujours refusé. Mon père ignore même que je connais son existence, aujourd'hui. Il ne s'en ficherait peut-être pas de ça. Parce que ça le ferait chier. Organiser des rencontres avec son ex-femme dont il a effacé toute trace, revoir son autre fille. S'occuper un minimum de moi. Risquer de passer au tribunal pour revoir les droits de gardes. Non, sur ça, apparemment, mon père n'a jamais lésiné. Il a toujours fait gaffe à ne rien laisser déborder, à ne rien laisser transparaître. Il a du effacer May de sa mémoire en même temps qu'il m'a moi-même giclée de là. Je ne sais même pas comment il a fait pour se souvenir de son anniversaire. Sûrement une alarme sur son portable. Un truc machinal à faire chaque année. Sans arrières pensées. Sans « c'est pour ma fille » en tête. Et encore. Je suppose que cette année, elle n'a eu droit à rien, parce que moi-même, j'ai du hurler avoir seize ans pour avoir un cadeau. Et quel cadeau. Vous. Tokio Hotel au Parc des Princes. Il s'est défoncé sur ce coup là. C'est la seule chose qu'il doit connaître de moi, votre musique étant trop forte dans ma chambre pour qu'ils puissent ignorer mon adoration pour votre groupe. Et tu sais, Bill, s'il savait, en cet instant, il regretterait cette offrande. J'ai retrouvé ma s½ur, et forgé un lien plus qu'étrange avec l'un des membres du groupe. J'ai trouvé quelqu'un qui m'écoute, me console, m'aide. En une petite soirée. Tout est allé si vite. Ça fait bien seize ans que je ne m'étais pas sentie vivre. Et juste ce soir là, ce 21 Juin 2008, t'a réussi à me faire rire, sourire, pleurer, vivre. C'est énorme, Bill. Si gros que je réalise à peine. Et d'ailleurs, je ne comprends toujours pas. Pourquoi ? (Karla)


____Elle ose à nouveau regarder le jeune homme, son regard s'étant fixé sur le mur en face durant tout son monologue. Elle a parlé, elle s'est libérée d'un poids énorme. Elle a même cessé de pleurer. Elle a tout expliqué comme ça, le regard vide et le c½ur déjà mort. Elle n'a rien ressentit. Tout ça était enfouit, mais elle le savait très bien. Trop bien. Ses yeux se posant sur le brun, elle les écarquille en grand. Une fine larme coule sur la joue droite du garçon ; il ne fuit pas son regard.

_Bill ? (Karla)

____Il ne répond pas, l'air réellement affecté. Elle répète à nouveau ce prénom qu'elle ne pensait pas dire de si tôt directement, essuyant à son tour le chagrin du chanteur.

_Je veux changer tout ça, Karla. Il n'y a pas de « Pourquoi ». Je sais pas pourquoi. C'est toi, ton regard, tout toi, en une soirée, t'as fait passer en moi des choses encore inconnue. Plus fortes que tout c'que j'avais éprouvé jusqu'ici auparavant. C'est inexplicable. Mais je veux changer tout ça. Je veux que, lorsque tu me parlera de ces choses là, plus tard, tu aies l'air désespérée que ça ait pu se produire. Pas juste blasée et habituée. Pas juste si passive. Pas juste encore sous l'effet de ces choses qui sont encore encrées en toi. J'veux pas qu'tu les oublies, parce que savoir ce que c'est que ressentir tout ça constituera une très grande force en toi, mais j'veux juste que tu laisse ça de côté, que tu ne les ressentes plus jamais. J'veux vraiment changer tout ça. Sans autre raison apparente que c'est toi, et que j'arrive pas à m'faire à l'idée que tu puisses souffrir autant. Même si, d'apparence, tu n'es qu'une parfaite inconnue ... (Bill)


____Elle reste là, soufflée, à l'observer la bouche ouverte. Et elle se remet à pleurer. Pour des choses qu'elle n'avait encore jamais entendues, qu'elle pensait ne jamais entendre un jour. Le brun la recouche correctement, la couvrant chaudement, et dépose un baiser sur son front brûlant par sa faiblesse.

_Il faut que tu te reposes. Je dirai à May de ne pas faire de bruit lorsqu'elle rejoindra la suite, et je vais lui rendre sa carte maintenant. Demain, à ton réveil, tu composes le numéro que je vais tout de suite inscrire sur un bout de papier, qui sera posé sur ta table de chevet, et je viendrai déjeuner avec toi. Et tu déjeuneras. Sans vomir ensuite. (Bill)

____Elle ouvre la bouche pour le contredire mais, n'en trouvant pas la force, se contente de fermer les yeux, prête à s'endormir. Et malgré tout ce qu'elle aurait souhaité dire, avec la pensée qu'elle se réveillera le lendemain matin. Elle entend tout juste le brun griffonner son numéro sur le bout de papier, le déposer à ses côtés, et fermer la porte, qu'elle est déjà profondément endormie.


Karla&May

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# Posté le dimanche 11 mai 2008 16:15

Modifié le dimanche 18 mai 2008 08:14

Chapitre 14 .

Chapitre 14 .
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____Lorsqu'elle s'éveille le lendemain matin, il est déjà onze heures. C'est un exploit pour Karla, qui se réveille habituellement tôt. Elle s'apprête à se lever pour aller sous la douche, peinant à réaliser où elle se trouve, lorsqu'un vertige la prend.
____Elle ferme les yeux, debout à la porte de sa salle de bain, attendant que ça passe, et, avant qu'elle n'ait pu réaliser, les rouvre difficilement en se trouvant par terre, la tête endolorie. Un boucan indescriptible lui parvient alors, et la porte de sa chambre s'ouvre sur une jeune fille aux longs cheveux bruns, les yeux écarquillé par la peur mais l'air épuisé. Sa longue chemise Hello Kitty froissée par la nuit, elle accourt vers sa s½ur, criant des choses que la blonde ne comprend pas. Sa vue se restaurant enfin entièrement et ses oreilles se réhabituant aux bruits alentours, elle observe May, agenouillée à côté d'elle, l'air paniquée :

_Karla, tu m'entends !? (May)

____Encore trop sonnée pour réaliser, la jeune fille ne répond pas, se contentant de fixer sa jumelle. Effrayée, celle-ci se lève brusquement, et s'exclame :

_Je vais chercher Bill ! (May)

____Se réveillant cette fois-ci complètement, Karla se relève, hurlant un « NON ! » des plus puissants, mais rechute aussitôt. Ne prenant pas la peine de l'écouter, May quitte la chambre pour ensuite sortir de la suite et frapper à celle d'en face. Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvre encore, et Bill apparaît dans son champ de vision, un jean enfilé à la va-vite par-dessus son boxer, le torse nu et les cheveux en pagaille. Il s'accroupit à son tour aux côtés de la blonde, attrapant ses mains dans les siennes.

_Karla, ça va, qu'est-ce qu'il s'est passé ? Tu t'es fait mal quelque part ? (Bill)

____Elle secoue la tête en signe de négation, ayant pourtant très mal aux fesses et au crâne U_U, et se laisse relever par le jeune homme, qui la rassoit dans son lit.

_Je t'ai dit de m'appeler, tu n'as rien mangé depuis trop longtemps, il t'est impossible de tenir debout. Tu avais oublié ?! (Bill)

____Elle jette un ½il à sa table de chevet, et aperçoit en effet le bout de papier contenant le numéro de téléphone du chanteur. Trop dans le brouillard, elle ne s'en était absolument pas souvenue. Il soupire, et rajuste correctement la pile de coussins derrière elle, de façon à l'asseoir contre eux agréablement. Il décroche ensuite le combiné du téléphone posé sur la table, et se charge de commander le petit-déjeuner en Anglais. Toujours face à eux, debout devant l'embrasure de la salle de bain, May les observe, un air triste collé au visage. Puis, doucement elle murmure un « Je te laisse t'occuper d'elle, Bill ... » et retourne dans sa chambre, certainement se rendormir. Le jeune homme soupire, l'air dépassé, et s'assoit aux côtés de Karla, l'observant longuement.

_Il faut vraiment que tu manges, Karla. (Bill)

_... Je sais ... (Karla)


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____May regagne sa chambre, encore secouée par les évènements. Elle s'allonge dans son lit, ses yeux restant obstinément grands ouverts. Elle qui ne se réveille jamais avant treize heures, habituellement. Elle est bien trop tracassée pour s'endormir. Elle soupire. Bill semble très bien connaître sa s½ur, et il ne la connaît que depuis le même laps de temps ridicule que May. Et elle, elle ne sait rien. Elle a besoin d'aller chercher le chanteur lorsqu'elle fait un malaise. Elle est incapable de s'en occuper, de prendre soin d'elle.
____De grosses larmes naissent au coin des yeux de la demoiselle, qui se recroqueville un peu plus dans son lit, serrant un coussin contre elle, recouverte par le drap jusqu'aux yeux. Yeux entourés de noir coulé, faute de ne pas les avoir démaquillés la veille. Elle laisse échapper un sanglot, étouffé par le nombre d'épaisseurs la recouvrant, réellement désespérée. Elle sort une main tremblante de sa couverture, et la tend vers son portable, qu'elle allume par gestes hésitants. Elle parcourt son répertoire à toute vitesse, ses yeux s'emplissant toujours plus d'eau salée lorsqu'elle en arrive à la fin, et qu'elle se rend bien compte qu'elle n'a personne à appeler, personne sur qui compter, personne à qui confier ses douleurs parmi les 369 personnes y figurant. Elle resserre ses ongles noirs sur le téléphone, luttant pour ne pas le jeter de toutes ses forces contre un mur, et l'abandonne sur sa table de nuit, préférant l'éloigner de ses mains destructrices.
____Elle en a plus qu'assez. Plus qu'assez d'être cette personne orgueilleuse cachant et re-cachant chacun de ses sentiments sous une tonne d'assurance. Plus qu'assez de sourire lorsqu'elle voudrait pleurer, de prendre sur elle pour ne décevoir personne. Plus qu'assez de se plier en quatre pour aider tout le monde, et de n'y réussir absolument pas. Plus qu'assez d'avoir construit son monde sur des mensonges et des paillettes, des sourires et des rires, pour finalement voir que tout est faux et archi-faux. Les sentiments de Will étaient faux, la seule personne qu'elle avait auprès d'elle. Chaque chose que ses parents lui offrent, chaque chose qu'ils lui donnent et disent sont factices. Chaque personne disant être son amie, là pour elle et tout c'qu'elle veut ne sait que lui cracher dessus par derrière, profitant simplement de sa popularité & de « sa richesse ». Tout est construit sur ça. La richesse de son beau-père. Et sans lui, elle n'a plus rien. Pas même ce masque de star qui la protège sans arrêt.
____Elle a tout raté, depuis le début. Elle s'est enfoncée, encore & encore dans ce même piège qui la retient prisonnière aujourd'hui. Chaque jour, chaque fois, elle n'est pas May, elle est cette jeune fille arrogante et parfaite dont tout le monde voudrait la vie de rêve. Mais sa vie est loin d'être une vie de rêve. Et les gens sont bien trop naïfs. Et elle pleure. Encore. & Toujours. Puisque c'est la seule chose qui lui reste à elle, la seule chose qu'elle sache encore faire lorsqu'elle est seule, livrée à elle-même.
____De toute façon, si elle tient encore sur cette Terre, c'est juste pour Karla. Et plus les jours passent, plus elle se rend compte que, pour Karla, elle ne fera toujours qu'une succession de raté, elle ne pourra pas la rendre heureuse, l'aider. Parce qu'elle-même, elle a tout raté. Tout. Tout. Et que, de toute façon, dès qu'elle pense trouver quelque chose pour la sortir de là, elle retombe un peu plus. Immédiatement. Obligatoirement. Et ça la tue. Lentement, mais sûrement.
____Un jour, elle finira par sauter du haut d'un pont, se droguer jusqu'à l'overdose, se tailler les veines jusqu'à se vider de son sang, se tirer une balle en pleine tête ou se pendre avec sa soixantaine de foulards. Et ce jour-là, ce sera son jour à elle. Ce jour-là, ce sera la seule façon qu'elle aura trouvée de leur faire comprendre, à tous. Et ce jour-là, ils seront tous blasés, complètement blasés. Ils ne seront pas tristes. Parce que personne n'aura su la connaître réellement. A part Lui*, mais Lui* est déjà mort pour elle. Ils seront juste blasés, et se rendront compte que, toute leur vie, ou plutôt toute Sa vie, ils n'auront vu qu'une image, une vulgaire image qui ne reflétait rien. Une image vide, idiote, qui se contentait de faire ce que les autres attendaient d'elle. Et ce jour-là, du fin fond de l'enfer, elle jubilera de toutes ses dernières forces. Parc'qu'elle aura eu sa revanche. Elle les aura tous niqués.

May

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# Posté le lundi 12 mai 2008 05:10

Modifié le mardi 20 mai 2008 14:49

Chapitre 15 .

Chapitre 15 .
*

____Il est quatorze heures, et May se lève lentement. Elle part sous la douche, tremblante pour cause de n'avoir pas mangé depuis trop longtemps, ayant été incapable d'avaler quoi que ce soit au repas de la veille, mais elle se force à être forte. Elle sèche ses cheveux, enfile son maillot de bain Rose Fuchsia, et se couvre d'une jupe et d'un tee-shirt par-dessus, enfilant ses sandales sans les attacher. Elle relève ses longs cheveux à la va-vite, se maquille façon Waterproof, et colle un sourire sur ses lèvres glossées.
____Fin prête, elle quitte sa chambre, et s'engage dans celle de Karla, cinq têtes se tournant vers elles, toutes en train de se goinfrer de pizza. Presque toutes.

_Bonjour ! (May)

____Quelques grognements lui répondent, et les quatre jeunes hommes reprennent leur activité. Karla la fixe sans ciller, une part de pizza à moitié entamée dans la main, ce qui consiste un grand progrès en soi, et, mal à l'aise, May se voit obligée d'éviter son regard. Elle pique une part de pizza, et se contraint à quitter rapidement la pièce, expliquant que s'ils la cherchent, elle sera à la piscine de l'hôtel, en train de bronzer. Aucune réponse ne se fait entendre, et elle claque la porte de la suite, son sac de plage en main, contenant crème solaire, serviettes, magasines de mode & people et argent au cas où une envie de glace la prendrait. Elle descend les quatre escaliers la menant au rez-de-chaussée, considérant que c'est son sport pour éliminer la pizza à présent bien encrée dans son estomac, et dépose ses lunettes de soleil sur son nez avant de sortir dans l'immense cours de l'hôtel. Le soleil tape fort et l'aire est bruyante. Bon nombre d'enfants s'amusent dans l'eau, quelques nageurs et des parents. Certains jeunes de son âge, mais peu : La plupart ne sont pas seuls dans ces hôtels de luxe.
____Elle trouve un coin agréable, sous un grand palmier mais tout de même bien exposé au soleil, et y étale sa serviette Minnie&Mickey avant de s'allonger dessus, ayant retiré ses vêtements. Elle peste, ayant oublié de mettre la crème. C'était bien plus simple quand Will était là pour la lui mettre. Ses pensées dévient aussitôt, et elle se débrouille pour se badigeonner de protection solaire correctement, trois paires de pieds arrivant dans sa direction. Elle lève les yeux, et aperçoit sa s½ur, accompagnée de Bill & de Tom. Reportant son attention sur sa crème, elle les ignore ostensiblement.

_Gustav & Georg ont préféré faire un tour pour visiter la ville, mais la piscine, ça nous tentait bien ^^. (Tom)

_Oh. (May)

_Je peux m'installer à côté d'toi ? (Karla)


____Un silence. Les regards des trois adolescents fixés sur elle, May sent ses joues s'empourprer, et acquiesce d'une toute petite voix. La blonde retire donc ses habits, se retrouvant en maillot de bain simple et noir, correspondant certainement parfaitement à son humeur. May ne peut s'empêcher de remarquer que sa s½ur est superbe, malgré le peu de nourriture qu'elle ait ingurgité ces temps-ci, les marques sur son corps n'en sont pas flagrantes. Elle sourit légèrement, pensant que, puisqu'elle sont jumelles, elle doit pas être si mal foutue non plus dans son genre, et dépose doucement sa tête entre ses mains, le dernier « Vogue » ouvert devant elle.
____Après un bref regard échangé avec Karla, Bill entraîne Tom, signalant qu'ils vont nager et reviendront bronzer ensuite, laissant les deux s½urs toutes seules. D'un geste déterminée, Karla retire le magasine du champ de vision de May en même temps qu'elle remonte ses lunettes sur ses cheveux, de façon à voir ses yeux, et s'assoit en tailleurs, face à elle.

_Il faut qu'on parle, May. Très sérieusement, tu n'crois pas ? (Karla)

____Sa voix est douce, mais sans appel. Hésitante, l'interpellée reporte ses yeux vers les garçons, ayant déjà sauté à l'eau. Elle laisse échapper un léger rire ironique en se rendant compte que la piscine est à présent vide, réservée pour les deux Rock Stars & elles-mêmes. Enfin. Ce n'est pas les piscines qui manquent dans cet hôtel, les clients seront partis à une autre.

_... Puisque tu l'dis ... (May)

_May, tu sais très bien quand je vais mal, tu ressens très bien quand je pleure. Ne va pas croire que c'est différent pour moi. (Karla)


____La brune reporte les yeux sur sa s½ur, son c½ur ayant raté un battement. Elle baisse à nouveau les yeux, sentant toujours le regard brûlant de la blonde sur elle. Soupirant, elle s'assoit à son tour sur sa serviette, face à Karla, plantant aussi ses yeux dans les siens. Identiques. Elles sont parfaitement identiques.

________________________________________

____Une minute d'observation passe dans un silence extrême, avec toutefois un léger bruit de fond provenant des deux jumeaux Kaulitz. Les s½urs se fixent, leurs regards semblent vides et pourtant, chacune d'elles peut détecter les sentiments de l'autre. C'est ainsi que Karla n'en veut pas a May pour son comportement légèrement hautain. Parce que contrairement aux autres, elle ne voit qu'un moyen de défense causé par la détresse de la demoiselle. Karla sait, sans la connaître. Parce qu'elle ressent. Tout comme sa moitié. Elle vit à travers elle depuis tout ce temps. La blonde a peur, évidemment. Mais les battements accélérés de son c½ur lui montrent bien quelle n'est pas la seule dans cette situation. Le temps passe mais rien. La demoiselle met donc son angoisse de côté, et s'adresse alors a May qui semble plus que mal a l'aise.

_Alors tu n'es pas une super fan de Tokio Hotel pas vrai ? (Karla)

____May pince ses lèvres, essayant de dissimuler le sourire qui s'inscrit tout de même sur son visage. Cette réaction encourage la blonde qui ose ainsi se lancer dans la discussion que toutes deux redoutent depuis le début.

_Depuis quand tu sais pour ... Enfin que... qu'on... (Karla)

____La jeune fille ne trouve pas ses mots, effrayée par les conséquences que peut avoir une simple erreur. Cet état de détresse est immédiatement perçut par son double qui, un sourire aux lèvres, enchaîne sur la réponse.

_Le jour de mes... de nos 16 ans. Mon beau-père l'a lâché dans une discussion. (May)

_Oh... c'est assez récent. (Karla)

_Oui et puis quelques ... comment dire... petits problèmes se sont glissés à ce moment-là et ont retardé le jour où je pourrai te rencontrer sans l'avis de ton père. (May)

_Ces « petits problèmes » ne sont pas de simples détails n'est-ce pas ? (Karla)


____Le regard de sa jumelle croise le sien. Elle a visé juste. Un frisson les parcourt toutes deux. Une sensation étrange d'harmonie. Un sentiment qu'aucune n'avait ressentit auparavant.

_Non.... Pas vraiment.... (May)

_Tu veux me raconter ? (Karla)

_Ai-je le choix ? (May)

_Non, pas vraiment, mais ça fait toujours mieux de demander. ^^ (Karla)

_Il s'appelait Will. Enfin il s'appelle toujours comme ça... U.U On était ensemble depuis longtemps et... je l'aimais vraiment, tu sais ? Ce sentiment fort et inexprimable qui peut être violé et brisé en quelques secondes. Il était tout pour moi... du moins avant que j'apprenne ton existence... Je ne comptais que sur lui. Je sais pas si tu imagines mais il représentait la lumière dans mes journées, la seule personne qui me comprenait et qui savait réellement qui j'étais. Dès que j'avais besoin, c'était vers lui que je me tournais. Je n'étais rien loin de lui et j'étais incapable d'imaginer ma vie seule ou avec un autre. Non... je vivais pour Will et il le savait. Je lui répétais sans cesse après lui faire répéter qu'il m'aimait. Et un matin... Ce dimanche matin... Je voulais vraiment le remercier pour une fois... lui faire une surprise... lui montrer que je l'aimais... (May)


____Ces dernières paroles sont coupées par quelques hoquets et sanglots de la demoiselle. Se remémorer tous ses souvenirs, qui défilent alors dans sa tête, alors qu'elle essayait d'oublier, lui créent un vide immense. La souffrance qu'elle a endurée à ce moment refait surface et pas que pour elle. Karla sent son estomac se nouer et les larmes lui monter aux yeux. Le peu de nourriture ingurgitée auparavant ne semble pas vouloir se digérer. Une sérieuse envie de vomir la prend mais elle ne bouge pas et lutte contre cette maladie qui la hante. Elle lutte pour sa s½ur qui pleure à chaudes larmes à présent, s'obligeant tout de même à continuer de parler et de partager, ce qu'elle aurait du faire bien avant avec sa moitié.

_Et... chez lui j'ai vu... cette fille... dans son lit avec lui... J'ai tout perdu. Je n'étais plus rien...Mais je savais que tu étais là quelque part alors j'ai tenu le coup... pour toi.. pour nous... (May)

____Un souvenir violent traverse l'esprit de la blonde : ce dimanche matin lorsqu'elle courait près de chez elle. Une prise de conscience immédiate de la force du lien qui les unit, de la souffrance ce jour-ci de sa moitié qu'elle a ignoré. Le rappel de cette douleur.
____Un vertige prend la demoiselle. May relève la tête et observe un instant sa s½ur. Elle ne sait pas ce qu'elle a mais une pulsion de panique la submerge.

_BILL !!!! (May)

____Karla murmure un faible « non » inaudible. Mais trop tard. Le garçon accourt immédiatement suivit de son frère et questionne la brune d'une centaine d'interrogations. Son débit de parole est si rapide que la blonde n'en comprend aucune.
____Réunissant le peu de force qu'elle a récupéré durant la nuit, elle se lève et part en courant en direction de sa chambre. Elle traverse ainsi le hall de l'hôtel, gravit les escaliers pour atteindre finalement son but. Son premier réflexe est de se diriger vers les toilettes. En quelques secondes, elle se fait vomir le peu de pizza ingurgité auparavant, se libérant ainsi d'un lourd poids physique mais surtout mental. Elle se dirige ensuite dans l'immense salle d'eau et se rince le visage a l'eau froide. Elle se lave également les dents et détache ses longs cheveux afin de cacher au maximum son visage terne. Debout devant le grand miroir mural, elle s'observe un moment. Examinant ce qu'elle est devenue. Elle détourne finalement le regard, honteuse vis-à-vis d'elle-même. La demoiselle sort alors de la salle de bain mais reste immobile devant la porte. Face à elle, trois adolescents la fusillent du regard...

May&Karla

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# Posté le lundi 12 mai 2008 05:24

Modifié le jeudi 22 mai 2008 07:52

Chapitre 16 .

Chapitre 16 .
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____Bill, maintenant aux cotés de la demoiselle suite à la demande de May, disparue avec Tom, regarde le paysage parisien à travers la grande fenêtre de la chambre. Malgré le soleil, il n'arrive pas à voir autre chose qu'une ville grise et terne. Il reporte alors son regard vers Karla et est un instant éblouit par l'impressionnante blondeur de ses cheveux or.
____Il soupire alors, apercevant le regard fuyant de la jeune française. Il aurait voulu avoir le courage et la force de s'énerver contre elle, de lui dire à quel point il lui en veut, à quel point ça lui fait mal de la voir se détruire chaque seconde un peu plus. Mais il reste interdit. L'expression suppliante de la jeune fille lui serre le c½ur, créant une boule dans sa gorge. Le chanteur est un peu perdu, ne comprenant pas son malaise face à seulement une fille alors qu'il affronte tous les soirs une foule de milliers de fans.
____Alors que le brun commence à douter, la jeune fille se met face à lui et plonge son regard dans le sien, accélérant les battements du c½ur du garçon. De ses yeux coulent quelques fines larmes. Bill a un pas instinctif vers elle mais elle recule aussitôt, ne souhaitant aucun geste d'affection quelconque de peur de ne pas le supporter. Ce mouvement accentue la gêne du chanteur qui ne sait plus comment s'y prendre, ses yeux perdus dans ceux de la demoiselle.

_Pourquoi t'es encore là... (Karla)

____Elle ne peut pas s'empêcher de trembler de froid, étant donné qu'elle est toujours seulement vêtue d'un maillot de bain, mais aussi de peur.
____Elle s'est livrée à lui alors qu'attend-il de plus ? Elle refuse toute aide. Elle ne veut pas qu'il s'embête pour elle, il a déjà tellement à gérer. Elle ne veut pas être un problème ou, pire, un poids à supporter. Elle n'est pas un objet à entretenir dont l'état critique occupe les pensées. Elle ne veut pas voir de la pitié dans son regard. Trop de monde l'a toujours regardée ainsi. Comme une pauvre fille renfermée sur elle-même et sur ses problèmes. Au fond elle le hait d'être si différent. De ne pas la voir comme elle est habituée à être vue. De ne pas lui parler comme elle a l'habitude qu'on lui parle. De ne pas l'ignorer comme elle a l'habitude d'être ignorée. Pourquoi lui ? Ce chanteur si inaccessible qu'elle a pourtant tant idéalisé. Celui dont le son de sa voix lui permettait de rêver, loin de sa vie.
____Karla ne peut même pas supporter de le regarder réellement tellement son visage la rend mal. C'est ainsi qu'elle ne fixe que ses yeux, si profond qu'elle n'a aucun mal à se perdre dedans.

_J'en sais rien Karla... Et toi pourquoi tu me poses sans cesse la question ? (Bill)

_Parce que tu ne devrais pas... (Karla)

_Qui t'es pour me dire ce que je devrai faire ou non ? (Bill)

_Mais je... Tu n'as pas à perdre du temps à essayer d'aider une pauvre fille comme moi qui se créé elle-même des problèmes parce qu'elle veut se faire remarquer ! Je ne suis rien, je ne sers à rien. Je suis qu'une sale égoïste, égocentrique et agressive qui te fait perdre ton temps ! Alors s'il te plait ... laisse-moi... (Karla)

_C'est ce que les gens te disent ? ... Ce que tu viens de dire... c'est ce que les personnes de ton entourage te disent n'est-ce pas ? (Bill)


____La demoiselle hoche doucement la tête, énervée par la compréhension du garçon. Elle n'y est pas habituée et en a même peur. Bill lui prend les mains dans les siennes et après avoir murmurer d'une voix douce et calme un « viens » attirant, l'amène jusqu'au lit où il l'invite à s'asseoir près de lui. Elle s'exécute et s'assoit au bord du matelas. Le brun soupire puis tire délicatement la jeune fille contre lui, au centre du grand lit. Il la prend dans ses bras et après hésitation, Karla collabore finalement. Elle laisse les bras l'enlacer et pose son crane contre le torse du jeune homme. Il la berce un instant, cherchant ses mots puis ouvre enfin la bouche.

_Tu ne dois pas écouter les gens Karla. Si ils pensent ça de toi c'est qu'ils ne te connaissent pas. Je comprends qu'à force de l'entendre tu aies finit par t'en persuader mais tu n'es pas cette fille là. J'en ai la preuve aujourd'hui. (Bill)

_Tu ne sais pas de quoi tu parles... (Karla)

_Parce que toi tu le sais ? (Bill)

_Je sais mieux que toi qui je suis... Tu... tu ne me connais même pas... et pourtant... (Karla)


____Elle s'interrompt, hésitant à finir sa phrase. Elle veut lui dire tout ce qu'il représente pour elle mais quelque chose l'en empêche. Ce sentiment omniprésent chez elle qu'on appelle plus couramment la peur. Un frisson la parcourt et lui donne la chair de poule. Ce contact physique, elle ne peut pas le supporter. Elle ne doit pas y penser. Elle ferme les yeux et lutte en secret, en silence. Elle lutte contre elle-même sous le regard perdu et impuissant du garçon.

_Et pourtant ? (Bill)

____Il la relance dans le but de la forcer à s'ouvrir, à se confier. Quelque chose qu'elle n'a jamais fait. Qui la terrifie. Il le sait pourtant.

_Je... tu... h... (Karla)

____Elle se pince les lèvres et serre ses paupières afin d'empêcher une énième larme de couler. Bill resserre alors son étreinte autour d'elle, relançant une série de frissons.

_Dis-moi. (Bill)

_Tu n'es pas comme moi !! (Karla)


____Elle a hurlé. Elle rejette brutalement les bras de Bill et d'un geste rapide et élégant, se lève du lit. Il l'a poussé à bout et elle a craqué, il le sait. La demoiselle fusille le brun du regard, elle ne contrôle plus ses paroles, plus ses larmes. Plus rien. Le peu de force qu'il lui restait, elle les utilise pour avouer au garçon tout ce qu'elle ressent vis-à-vis de cette situation.

_Tu... tu ne peux pas comprendre parce que tu... parce que ton monde n'est pas le mien. Toi tu as tout ! Tout ce que tu veux d'un claquement de doigt. Tu as tout pour être heureux et... dans le cas contraire.. tu pourrais te l'acheter le bonheur. Tu... tu es le chanteur de Tokio Hotel... tu n'es pas comme moi... comme nous... Tu es le garçon sur les posters de ma chambre... celui dont la voix me permet de m'évader un instant... celui que j'ai toujours rêvé de rencontrer parce que je savais que c'était impossible... Tu es inaccessible !! Tu comprends ça ?!? Pour moi tu es une image et pour toi, je suis une fan parmi des milliers. Je ne peux pas te voir, te parler. C'est pas possible, c'est pas normal. Tu... tu es au-dessus de tout ça... au-dessus de mon monde. Tu ne vois pas la vérité, tu.. ne vois que la beauté des choses. Tu es une étoile dans le monde du show-business... Tu ... tu n'es pas comme moi, merde !! Je peux pas... je... on n'est pas du même monde... tu es l'inaccessible qui me fait rêver comme des milliers d'autres jeunes filles normales... Je veux pas moi... je veux pas... (Karla)

____Bill, qui jusque là n'avait pas détourné les yeux de ceux de la demoiselle, baisse finalement la tête afin de cacher sa souffrance. Chaque mot de la blonde, au fond de lui, il redoutait de les entendre. Aujourd'hui qu'ils sont dits, le brun sent un vide, un vide immense qui lui fait mal. Il a eu tort de croire que tout serait facile. La difficulté il vient de se la prendre en pleine tête. Le chanteur se mord la lèvre inférieure, espérant qu'une douleur externe pourra prendre le dessus sur sa souffrance intérieure. Mais en vain : les larmes lui montent tout de même aux yeux.

____Karla continue d'observer Bill, les larmes lui brouillant de plus en plus la vue. Il reste immobile, son visage caché. Elle est alors étrangère a tout ce qu'il ressent. Une soudaine pulsion de terreur lui traverse le corps et elle fait rapidement quelques pas en arrière. Toutefois, elle revient vite vers l'avant afin de prendre appui sur le lit, prise d'un vertige soudain . Appuyé sur le matelas, elle cligne à plusieurs reprises des paupières mais les ombres noirs ne s'envolent pas. Elle vacille légèrement, son c½ur manquant quelques battements.

_Karla ! (Bill)


____Elle lève une main dans sa direction, lui indiquant que ça va aller et qu'il n'a pas à bouger. Mais Bill ne prend même pas en compte ce geste et se précipite sur la demoiselle. Il se positionne derrière elle, prêt à la rattraper lors d'une éventuelle chute. Karla, ne voulant pas de son aide, se relève brusquement et se met face à lui. Elle tente de le repousser mais un fort vertige la prend de nouveau et elle tombe en avant, dans les bras du garçon. Bill la lève alors, une main sous sa nuque et une sous ses jambes, et la porte jusqu'au lit où il l'allonge. Il la couvre ensuite chaudement étant donné les nombreux tremblements incontrôlés du corps de la blonde.
____Elle a les yeux fermés mais lutte toujours pour ne pas perdre connaissance. Bill, ignorant qu'elle ne dort pas, l'embrasse sur le front puis murmure dans l'ombre de la chambre :

_Rien ne nous empêche de bâtir un monde tous les deux... (Bill)

____Karla frissonne légèrement puis, cette dernière parole se répétant dans sa tête, se laisse sombrer...

________________________________________

____May observe sa s½ur, debout près de la porte de la salle d'eau. Elle lui lance un regard noir. Un lourd silence s'installe dans la pièce. Personne n'ose émettre le moindre son. Une larme coule sur la joue de la blonde qui l'essuie aussitôt d'un revers de main. Elle pousse ensuite un profond soupir et tourne son regard vers la fenêtre de la chambre. Elle s'y avance finalement et se positionne ainsi dos aux trois autres adolescents qui continuent de la fixer.
____Une main se pose sur l'épaule de May. Elle lève alors les yeux vers Bill qui l'encourage du regard. Mais celle-ci prend peur. Elle est effrayée par la situation. Elle ne connaît même pas sa s½ur. Elle est persuadée être incapable de lui parler. Sa seule connaissance est l'anorexie mais elle n'en connaît même pas la cause... ou les causes. Elle se sent impuissante, inutile.

_Bill... va lui parler, toi... (May)

____Elle a murmuré ces mots d'une voix très faible mais le garçon semble les avoir compris par le regard interrogateur qu'il lance a la demoiselle. Après hésitation, il acquiesce finalement, sentant dans son regard la détresse de la jeune fille. Il s'approche alors de la blonde, toujours face à la vitre et se place à ses cotés.
____May, les yeux embués par quelques larmes, recule de plusieurs pas. Une main saisit alors la sienne. La Française lève ses beaux yeux bruns vers le guitariste. A peine leurs regards se sont-ils croisé que la demoiselle se sent aussitôt rassuré.
____Ainsi, elle quitte la pièce en compagnie du blond, laissant seuls Bill & sa s½ur. La brune se laisse guider, marchant à pas lents. Elle fixe le sol et ne relève la tête qu'une fois arrivée à destination c'est-à-dire au point de départ. Tom serre toujours fermement sa main et l'entraîne jusqu'au bord de la piscine. Là il l'invite à s'y asseoir à ses cotés. Le garçon contemple la demoiselle durant un instant. Elle, elle a le regard perdu quelque part vers le centre du point d'eau. Plusieurs minutes s'écoulent dans le silence le plus total, seulement interrompus par quelques ondoiements de l'eau causés par les mouvements de pieds des adolescents.

_Fais confiance a Bill. Il sait ce qu'il fait. (Tom)


____May lève les yeux vers le blond et se perd un instant dans son regard. Elle n'avait jamais pris le temps de réellement l'observer auparavant. Il lui inspire immédiatement une certaine confiance et la demoiselle n'aime pas ça. La dernière fois qu'elle a fait confiance à un garçon, il lui a brisé le c½ur. Elle est ainsi effrayée par Tom. Cette Rock Star qu'elle ne connaît même pas et qu'elle ne préfère pas connaître. Elle ne veut en aucun cas s'attacher à quelqu'un. Elle ne veut pas vivre de nouveau ce qu'elle a déjà vécu. Plus jamais...

_Tu sais il... Il est très inquiet pour elle... Et je ne pense pas que ce soit parce qu'elle est une fan. Il y a autre chose mais... Même moi je n'arrive pas à cerner quoi... En tout cas, tu peux être sûre qu'il fera tout ce qu'il peut pour elle... (Tom)

_Il ne devrait peut-être pas... (May)

_ Comment ça ? (Tom)

_Je ne pense pas que ce soit une bonne chose que Karla s'attache à Bill étant donné qu'elle ne le reverra plus jamais après. Elle n'a pas besoin de souffrir de ça en plus du reste... (May)

_Tu crois que mon frère ne souhaitera pas la revoir ? (Tom)

_J'avoue ne pas être une très grande fan de Tokio Hotel mais j'en connais suffisamment pour savoir que vous êtes toujours en déplacement, que votre carrière est internationale et que des milliers de filles tueraient pour vous approcher. (May)

_Ça ne nous empêche pas de voir régulièrement les gens auxquels on tient. (Tom)

_Peut-être... je veux juste qu'elle ne souffre plus... (May)

_Et toi ? Ça t'arrive de penser a toi ? (Tom)

_ ... (May)

_Tu ne me sembles pas être non plus la plus heureuse des personnes, je me trompe ? (Tom)


____May soupire. Elle n'aime pas parler d'elle. Elle ne veut pas se confier. Tout s'embrouille. Comment peut-il le savoir alors qu'ils se sont rencontré la veille ? Alors que les gens avec qui la demoiselle vit ne remarquent jamais sa détresse ? Mais elle ne veut pas lui dire. Elle ne veut pas le connaître. Elle n'a pas confiance. Elle n'a plus confiance.

_Je comprends que tu ne veuilles pas en parler. Si jamais tu changes d'avis, tu sais que je suis là. Enfin qu'on est là... (Tom)

____Il rougit légèrement et la demoiselle ne peut retenir un faible rire. Il la dévisage un instant puis lui lance un regard provocateur.

_Tu te fous de moi là ? (Tom)

_Non... Non, j'oserai jamais me moquer de Tom Kaulitz. (May)


____La jeune fille ne peut se retenir plus longtemps et éclate littéralement de rire face à l'expression qu'arbore le garçon. En retour, celui-ci donne une faible tape dans le dos de la brune mais suffisamment forte pour la faire basculer dans la piscine. Elle pousse un cri vite étouffé par l'eau et lorsqu'elle remonte à la surface, elle ne peut s'empêcher de rire de la situation. Elle tousse légèrement, relance ses cheveux vers l'arrière puis nage rapidement vers le bord. Là elle tend une main d'aide vers le guitariste qui, tout en continuant de rire, la saisit pour l'aider à remonter. May pousse alors ses pieds contre le bord afin de gagner en impulsion et tire ensuite Tom dans l'eau. Surpris, il ne réagit pas suffisamment tôt et finit, en un millième de seconde, à coté de la demoiselle, aussi mouillé qu'elle. Une bataille d'eau commence alors tels des enfants de 4 ans. La Française oublie tout à ce moment-la, laissant place à l'amusement et aux rires. Une sensation qu'elle n'avait pas connue depuis bien longtemps. Un sentiment de plaisir. De vrai. Elle ne fait pas semblant. Elle a l'impression d'être de nouveau une petite fille innocente. Cette fillette qu'elle n'a jamais été.
____La bataille continue. Se change en poursuite. Heureusement qu'ils sont seuls dans cette piscine. Les cris raisonnent dans le parc. Les rires se mélangent. Puis, finalement, les adolescents fatiguent et retournent donc au bord afin de se reposer.

_T'imagines que tout à l'heure on s'est tous trimballés en maillot dans l'hôtel ? (Tom)

_ U_U Oui. (May)

_On l'avait encore jamais fait. Si on se fait virer de l'hôtel c'est de votre faute. ^^ (Tom)


____La demoiselle fixe un instant le garçon et s'apprête à répliquer lorsqu'un bruit de porte se fait entendre et attire leur attention. Un homme d'une trentaine d'année les dévisage un instant puis sourit au blond.

_Tom. (...)

_David. (Tom)


Karla

*

# Posté le lundi 12 mai 2008 05:37

Modifié le samedi 24 mai 2008 09:29

Chapitre 17 .

Chapitre 17 .
*

____May observe l'homme, un certain David, debout au bord de la piscine. Il est vêtu d'un costume noir, tout ce qu'il y a de plus classe. Alors que celle-ci l'examine, elle sent un regard peser sur elle. Elle tourne alors la tête vers le guitariste qui la contemple en souriant.

_Quoi ? (May)

_Je te présente David, notre producteur et manager. (Tom)


____Elle fait à Tom un sourire narquois, puis tourne la tête vers le producteur en question.

_Enchantée. Moi, c'est May... (May)

_Oui, je sais. ^^ (David)

_ Ah bon. U_U (May)

_En tant que responsable du groupe, je suis au courant de tout ce qu'ils font et avec qui ils le font. (David)

_ Quelle liberté ils ont ! >.< (May)

_Et encore, on a tellement peu de temps pour nous. (Tom)

_Désolé d'être porteur de mauvaise nouvelle, Tom, mais je dois vous réunir pour vous exposer le programme de la semaine prochaine. (David)

_Génial =_=". (Tom)

_T'as presque l'air convaincu... (May)

_On ne vous paye pas à rien faire, et vous avez eu le temps de vous reposer aujourd'hui. (David)

_Où tu vois que je me repose ? Je fais du baby-sitting là. (Tom)

_Et mon poing dans ta gueule ? U_U (May)

_XD Ouais, frappe-le, il le mérite. (David)

_Je vais pas me gêner alors 8D (8). (May)

_Merci, David, pour ton aide. U.U (Tom)

_De rien. ^^ Bon, les jeunes, je vous laisse. Tom, je t'attends dans 10 minutes. (David)

_Ouais, si je suis encore vivant. =_=" (Tom)

_ Je confirme. =) (May)


____La demoiselle lance un regard complice au jeune homme qui la dévisage. Une porte claque, signalant que David est retourné à l'intérieur. A ce moment-là, la jeune fille frappe rapidement l'eau, éclaboussant le dreadeux. Il pousse un puissant cri qui la fait éclater de rire puis se jette sur elle. Une bagarre de chatouille commence et n'en finit pas. May les craint tellement que, dès que le garçon la touche, elle coule, buvant la tasse au passage.
____Ce n'est que lorsqu'elle arrive à s'échapper de la piscine que les deux adolescents peuvent enfin se calmer. Elle s'appuie alors sur ses cuisses et reprend sa respiration, étouffant un léger rire de temps a autre. Elle relève ensuite la tête vers Tom qui la regarde, allongé en planche sur l'eau.

_Tu comptes passer la nuit ici ? (May)

_Si tu restes avec moi, ça peut s'arranger. (Tom)

_On t'a jamais prévenu que les rêves c'était justement pendant la nuit ? (May)


____Il lui tire la langue et se redresse dans le but de sortir a son tour de l'eau. La jeune fille rejoint sa serviette et s'essuie rapidement avant d'enfiler ses quelques vêtements d'été posé un peu partout sur le sol.

_Tu vas quelque part ? (Tom)

____Elle lève les yeux vers le guitariste et reste un moment bloqué au niveau de son torse. Elle secoue ensuite la tête, comme pour reprendre ses esprits, et le dévisage un instant.

_C'est pas plutôt toi qui devrais avoir rejoint David depuis 10 minutes déjà ? (May)

_ Oo (Tom)

_ U________U (May)

_ Il va me tuer. (Tom)

_XD (May)

_Et toi, ça te fait rire ! (Tom)


____Sur ces mots, le blond se dirige vers ses affaires. Il se sèche ensuite et s'habille rapidement. Puis, il prend son sac et sort de la piscine en compagnie de May qui se retient de rire de la courte mémoire du garçon. Ils arrivent finalement dans la salle prévue a cet effet où tout le monde n'attend plus que Tom.
____Lorsque les deux adolescents, encore mouillés par l'eau de leurs cheveux gouttant sur leurs vêtements, passent la porte, tous les regards se posent sur eux et un lourd silence s'installe. May pose alors immédiatement ses yeux sur Bill qui se lève et s'approche d'elle.

_Ta s½ur dort. (Bill)

____May acquiesce d'un signe de tête. Derrière le brun, son frère est en train de se faire passer un savon par rapport à son retard. La demoiselle pourrait presque en rire si l'expression de visage du chanteur était différente. En effet, il reste devant la Française, les lèvres serrées, jouant avec une de ses gourmettes en signe de nervosité.

_Bill? (May)

_Elle me déteste... (Bill)

_Quoi ? ... non... non, c'est faux. Qui t'a dit une chose pareille ? (May)

_Elle. (Bill)


____Elle croise son regard. Une boule se forme dans sa gorge. Il ne ment pas, il est persuadé de ce qu'il dit. Alors qu'elle s'apprête à répliquer, la voix de David interpelle Bill qui, après un dernier regard vers la Française, part rejoindre le groupe. May les observe un moment sans bouger. Elle ferme les yeux. Sans même se concentrer, elle peut sentir d'ici la souffrance de Karla...

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____Lorsque Karla ouvre ses yeux ce lundi matin, la première chose qu'elle aperçoit est une rose des plus rouge. Elle cligne des yeux, pensant être toujours en plein rêve mais rien ne change. Elle se redresse alors le plus doucement possible afin d'éviter un nouveau vertige, repoussant au passage les lourdes couvertures lui ayant tenu chaud durant la nuit. La demoiselle se frotte les yeux puis s'étire lentement avant de reposer son regard vers la fleur. Elle soupire en apercevant que celle-ci se trouve dans un petit vase posé au centre d'un plateau sur sa table de chevet. Sur celui-ci se trouve de quoi déjeuner et un petit papier. La jeune fille pousse un autre soupir puis se tourne vers la fenêtre, les volets n'ayant pas été fermé. Le soleil est déjà haut dans le ciel et brille de tout son éclat. Cette sensation de chaleur sur sa peau fait du bien a la blonde qui se laisse un instant somnoler, toujours assise dans le grand lit. Puis, elle rouvre finalement les yeux et son regard se pose de nouveau sur le bout de papier soigneusement plié. Elle se penche légèrement et s'en saisit du bout des doigts. Elle le déplie tout aussi délicatement et ne peut s'empêcher de lâcher un soupir a sa lecture.

"Je ne te laisserai pas Karla quoi que tu puisses dire. Tu as l'obligation de manger. Si tu as besoin de quoi que ce soit, je te redonne mon numéro ou n'hésite pas à appeler l'accueil.
Bill"

____Karla avale difficilement sa salive en apercevant le numéro du garçon à la fin du mot. Elle ne sait plus où elle en est. Elle ne comprend décidément rien à rien. Après un nouvel effort, elle repose le bout de papier sur le plateau et observe un instant la nourriture prévue spécialement pour elle. Du bout des doigts, elle arrache un micro bout d'une gauffre qu'elle porte à ses lèvres. Elle fait une grimace de dégoût malgré la saveur qu'elle apprécie particulièrement. Elle mâche lentement et a la suite, reprend un autre bout légèrement plus gros que le premier. C'est ainsi que la demoiselle se force à manger la moitié de la pâtisserie et à boire un verre de jus d'orange.
____Après cet effort incroyable pour elle, Karla se replace au milieu du lit. Elle tire ses cheveux vers l'arrière et les attaches à l'aide d'un élastique toujours présent à son poignet. Elle se rend alors compte qu'elle est toujours en maillot de bain. Après un énième soupir de désespoir envers elle-même, elle se lève le plus doucement possible et avance à pas de tortue jusqu'à la salle de bain. Aucun vertige ne vient freiner sa route et elle allume donc le jet de la douche. En attendant que l'eau chauffe, elle retire son maillot et examine un instant son corps qui la répugne tant. Ne pouvant supporter sa maigreur, devenant chaque jour plus flagrante, elle détourne les yeux du miroir et entre dans la douche. L'eau chaude qui coule sur sa peau lui fait légèrement tourner la tête et elle opte donc pour une température plus froide.
____Une heure plus tard, elle quitte finalement la salle d'eau après s'être lavée, séchée et coiffée. Sa serviette enroulée autour d'elle, elle retourne dans la chambre où elle ouvre sa valise récupérée la veille chez sa tante par un des vigiles du groupe. Après hésitation, son choix se porte sur une courte robe rose fuchsia et des ballerines assorties. Une fois ses vêtements enfilés, elle regarde rapidement autour d'elle, examinant la chambre dans ses moindres recoins. C'est alors qu'un claquement de porte la fait revenir sur terre.

_Hey, Karla !!!! Comment ça va ? (May)

____La blonde considère un instant sa s½ur, celle-ci semblant en pleine forme, un grand sourire collé au visage. May se jette sur le lit et s'assoit en tailleur, s'amusant à rebondir légèrement sur le matelas. Elle fait ensuite signe à sa moitié de venir la rejoindre. Celle-ci s'exécute, tout de même hésitante. La dernière situation où elle s'était retrouvée ensemble n'avait pas été très glorieuse et Karla a peur que l'histoire se reproduise. Elle prend donc place à côté de la demoiselle qui continue de sourire, son regard parcourant la pièce et s'arrêtant sur le plateau repas.

_T'as mangé un peu ? (May)

____Karla hoche doucement la tête, ses yeux fixés sur le visage de sa s½ur.

_Alors ça c'est passé comment avec Bill, hier ? (May)


____A travers son regard, la blonde comprend que sa jumelle connaît déjà la réponse. Elle pousse donc un profond soupir et répond à contre-c½ur, n'appréciant pas être testée sur ce genre de sujet.

_Pas très bien. (Karla)

_Qu'est-ce qu'il s'est passé? (May)

_ U_U (Karla)

_ ?__? (May)


____Un lourd silence s'installe. Karla étant dans l'incapacité de répéter les mots prononcés au garçon la veille de peur d'éclater en larmes.

_Bon j'avoue, je le sais déjà. (May)

_Il t'a... tout raconté ? (Karla)

_Si tu parles de tout ton discours, oui il m'a tout raconté. (May)

_ Tu sais, je ... (Karla)

_Tu es désolée et tu t'en veux ? (May)

_Non... je pense que j'ai bien fait de lui dire... Mais je... j'ai peur tu sais ? Et... de toute façon... c'est mieux comme ça... (Karla)

_C'est mieux pour lui ou pour toi ? (May)

_Pour lui bien sur ! Et pour moi... je sais pas.. (Karla)

_C'est pas ce qu'il m'a dit. (May)

_ ?__? (Karla)

_Tu dois te mettre en tête que Bill tient à toi. Et les autres membres du groupe veulent aussi t'aider. La preuve, ils sont en interviews dans Paris aujourd'hui et pour nous occuper, ils nous ont prêté... UNE CARTE DE CREDIT !! (May)

_ U______U (Karla)

_C'est GENIAL =D ! Franch'ment, Karla, c'trop la classe de fréquenter des Rock stars, HAHAHAHA ! J'me sens so puissante, il faut que j'achète tell'ment d'choses ! Et puis Paris, HAHA ! Allez, on ne perd pas de temps, on a toute la journée :D, et ce soir, on rend la carte, vide, bien sûr 8D ! (May)

_ U_________U (Karla)

_ è__é Ça te dis pas, peut-être, une journée Shopping en ma compagnie ? (May)

_ O_o Si, mais c'est juste que je suis un peu surprise par ton changement de sujet si direct ... (Karla)


____La blonde n'a pas le temps de terminer sa phrase que sa s½ur s'est déjà engagée dans le couloir, sac à main sur le bras & lunettes de soleils sur le nez. C'est parti pour une journée Shopping entre s½urs...

Karla&May

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# Posté le lundi 12 mai 2008 08:48

Modifié le mardi 27 mai 2008 12:15