Chapitre 33 .

Chapitre 33 .
*

/ !\ Exceptionnellement, la narration reste bien sûr extérieure, mais les Points de Vue seront ceux de Tom & de Bill. On commence par Tom, on finit par Bill... / !\

____Un sourire s'étale sur ses lèvres d'un rose presque rouge. Un clignement de paupières, puis un autre. Tom Kaulitz ouvre les yeux entièrement, un sentiment de bien être qu'il n'avait encore jamais ressentit omniprésent dans toute sa tête. Pour la première fois de sa vie, il est heureux de s'éveiller au côté de la fille avec qui il a passé la nuit. Se redressant doucement, le garçon s'étire, et observe autour de lui. Sa bouche s'ouvre de stupéfaction, tandis qu'il ferme et rouvre ses yeux encore et encore, espérant y changer quelque chose. Mais rien n'y fait. Son lit est vide, désespérément vide. Ou peut-être pas. A ses côtés, déposé délicatement sur l'oreiller de droite, un fin bout de papier repose. Il plisse les yeux, tentant d'y déchiffrer quelque chose sans prendre la peine d'y toucher. Il n'a pas pour habitude de recevoir des petits mots au réveil, plutôt d'en laisser. Et tout cela ne lui présage rien de bon.
____Tentant de détourner ses pensées, il observe l'heure qu'indique son réveil. Dix heures trente. Jamais il ne s'était réveillé aussi tôt, encore moins suite à une nuit semblable. Il faut croire que le manque de présence à ses côtés aura finit par se faire ressentir dans son inconscient. Le ventre noué, il tend une main tremblante vers la petite lettre, hésitant longuement avant de finalement s'en emparer. Il s'assoit en tailleur, ramenant le drap sur son corps en prenant compte de sa nudité. Et puis, il commence sa lecture. Lentement, les yeux plissés, tentant d'assimiler chaque mot, chaque phrase.

« Tom,

La nuit dernière à tes côtés a été réellement merveilleuse, mais je pense que nous devrions en rester là. A l'heure où tu liras ce message, je serai déjà dans le train en direction de Pau, avec Karla. Je serai peut-être même carrément rentrée chez moi. J'ignore encore comment tu vas réagir, une partie de moi m'oblige à croire que les sentiments présents dans tes gestes hier t'amèneront à avoir mal ce matin, mais en même temps, il se peut que, tout comme pour moi, ces sensations n'aient été que passagères, juste pour une nuit, cette nuit. Il est inutile de me dédier une chanson, bien que je sois presque sûre de t'avoir fait crier plus fort que Déborah ;). Je te dis au revoir, bien que je ne pense pas que nos routes se croiseront à nouveau un jour. Merci pour cette semaine, merci pour cette nuit,

May. »


____Le papier toujours dans sa main, les membres tremblotants, il reste interdit durant un long moment. Petit à petit, ses doigts viennent froisser la feuille entre ses mains, ses ongles pourtant courts s'enfonçant dans ses paumes. Il réfléchit fiévreusement, et ne se rend compte des larmes coulant à flots sur ses joues que lorsque celles-ci engendrent un entrecoupement de sa respiration. Il se laisse tomber à nouveau sur le grand lit, une douleur insupportable s'installant dans tout son être. Et son c½ur saigne. Comme aucune plaie sur sa peau n'avait encore jamais saigné. Et il se compresse douloureusement, à en étouffer le jeune homme, laissant couler d'énièmes gouttes de sangs retranscrites en larmes sur ses joues. Ses réflexions se perdent, il n'est plus capable d'y voir clair. Il a juste mal. Beaucoup trop mal. Une sensation qu'il n'avait jamais éprouvée auparavant. Il se mord la lèvre, se griffe les paumes des mains, mais aucune de ces douleurs n'est assez forte pour compenser celles infligées par les mots de May. Sa May. Et il y a cru. En si peu de temps, il y a sincèrement cru. Trop vite, sûrement. Il a vu en elle une jeune fille fragile, qui hurlait intérieurement à l'aide. Il voulait la sauver, du plus profond de son être. Lui prouver qu'il n'était pas aussi aveugle que les autres, que ses mensonges et jeux d'actrice de pouvaient pas marcher avec Lui. Et pourtant... Quel idiot ! Elle l'a parfaitement manipulé, pour parvenir à ses fins. Et lui, il n'a rien vu venir. Il voulait juste la sauver. Persuadé que c'était ce dont elle avait besoin.
____De puissants coups frappés à sa porte le font sursauter. Derrière la cloison, il entend son frère l'appeler, lui hurler d'ouvrir. Les minutes s'écoulent, mais Bill ne lâche pas. Misérable, Tom se lève, enfile un sous-vêtement. Toujours plus effondré, il essuie ses larmes, qui recoulent aussitôt. Et encore plus affligé, il ouvre la porte, s'appuyant de tout son corps contre celle-ci, par peur de tomber. L'expression du visage de son frère, alors partagée entre l'inquiétude et la colère, fait place à un air paniqué, et il se hâte d'entrer dans la suite, refermant la porte et soutenant son jumeau. Celui-ci se laisse traîner jusqu'à son lit, où il se laisse asseoir, le regard vide, embué de larmes. A ses côtés, son frère s'agite, son frère lui parle. Mais il n'entend rien, seuls les écrits de May revenant sous ses yeux sans cesse. N'obtenant aucune réponse, le brun observe autour de lui, et semble poser les yeux sur le message. Il lance un coup d'½il à Tom, mais Tom laisse faire, ne l'observant qu'à moitié. Bill lit. Longuement. Certainement plusieurs fois, même. Et lorsqu'il force son frère à le regarder dans ses yeux, c'est un air horrifié qui a prit place sur son visage. Face à cette expression, le blond ne peut que pleurer un peu plus. Mon Dieu, jamais il ne s'était encore montré aussi faible. S'il est incapable de réfléchir ou de penser correctement, il est bien sûr d'une chose : On vient de le tuer. On vient vraiment de le tuer.

________________________________________

____C'est au tour de Bill de laisser couler quelques larmes. Voir son frère dans un tel état lui est insupportable. Il ressent en lui toutes les douleurs de son double. Et en une étreinte, il tente de le lui faire comprendre. Il savait que Tom tenait beaucoup à May. Mais jamais il ne serait allé s'imaginer que son jumeau s'était tant attaché à la jeune fille. Pourquoi ? Trop simple. Lui-même obnubilé par ses propres sentiments à l'égard de Karla, il n'a même pas prit la peine d'observer le guitariste. Il aurait du voir, que, pour la première fois depuis des années, Tom était amoureux. Il aurait du voir, que, ces sentiments-là étaient bien plus puissants que ceux qu'il avait pu éprouver durant ses quelques amourettes à l'âge de dix, douze ans. Il aurait tout simplement du voir que Tom avait changé, qu'il s'était adouci, épanoui, même. Mais non. Non, Bill Kaulitz n'a rien vu. Et à présent, le chanteur le regrette amèrement.

_Tu m'as pas dit qu'elles partaient aujourd'hui... J'aurai déjà mieux comprit... Hier soir... J'aurai déjà mieux comprit... (Tom)

____Le c½ur du brun se serre un peu plus. « Je croyais que tu savais ». C'est tout. Et puis, que peut-il lui dire d'autre ? Là aussi, il aurait du voir que son frère ne savait pas. Mais il n'a pas vu, il n'a rien vu, c'est bon, il le sait à présent. Il colle toujours plus le corps de Tom contre le sien, souhaitant lui montrer qu'il est là, à présent, qu'il ne le lâchera plus jamais. Le temps passe, lentement, douloureusement. Etendus tous deux sur le lit du guitariste, Bill & Tom Kaulitz partagent leurs souffrances, chacun pleurant pour soi, et puis pour l'autre. Et le temps passe, lentement, lentement, lentement. La douleur s'apaise, à peine, mais elle s'apaise. Et doucement, Tom s'endort à nouveau, pour oublier, juste oublier.

[ *** ]

____Assit aux côtés de Gustav & Georg, Bill pense. Il leur a rapidement expliqué la situation de Tom, aucun d'eux ne s'étalant vraiment sur le sujet. A présent, le silence est complet. Toutes ses pensées tournées vers Karla, Bill garde ses yeux fixés devant lui, sans rien y percevoir. Merde, Karla lui manque. Atrocement. Suite à son départ, un vide s'est crée dans son c½ur. Il est constamment inquiet, constamment triste. Et cela ne lui présage rien de bon.
____Soudainement, son portable se met à vibrer, faisant sursauter au passage ses deux amis. Il cherche un long moment à mettre la main dessus, incapable de le trouver. Les sonneries passent, passent, passent. Prennent fin. Puis recommencent. Il soupire de soulagement en retrouvant l'objet, coincé entre le matelas et les lattes du lit. « Appel May ». Une vague de panique s'empare du garçon, tandis qu'il se hâte de décrocher. Au fur et à mesure que la conversation s'écoule, la panique fait place à de l'effroi, qui lui-même engendre du désespoir. Il raccroche, et s'écroule sur le lit. Il semblerait qu'ils doivent écourter un peu plus leur séjour à Paris, et partir le soir même.

May

# Posté le dimanche 25 mai 2008 08:47

Modifié le vendredi 01 août 2008 18:29

Chapitre 34 .

Chapitre 34 .
*

____L'avion a atterrit. May ne peut retenir une énième larme. Son c½ur se serre à la simple pensée qu'elle est de nouveau chez elle. Enfin, là où vit sa mère. Parce qu'elle ne s'est jamais sentit chez elle. Elle a toujours eu l'impression d'être étrangère à ce monde. Ce monde où elle retourne à présent. Plus l'avion perd de la vitesse, plus l'impression qu'elle a rêvé cette semaine s'amplifie. Elle serre l'accoudoir, y enfonçant ses ongles. Une main se pose alors sur la sienne, ce geste presque invisible se voulant rassurant. Elle croise le regard de sa s½ur, inexpressif. La brune ne peut pas lui en vouloir de réagir ainsi. Elle veut se cacher. Cacher ses sentiments aux autres. Comme elle l'a toujours fait. Cette fois May en est sûre, elles sont bien retournées à leurs vies.
____Le véhicule s'immobilise, elles attrapent leurs sacs a main et quittent l'avion. En silence. D'une démarche lente, hésitante. Elles reculeraient si elles le pouvaient. Mais elles doivent affronter la réalité. La dure réalité qui est la leur. Loin de ce monde dont elles ont fait partie durant plusieurs jours. Loin des célébrités, du luxe, des strass & paillettes.
____Elles récupèrent leurs bagages, fuyant chacune le regard de l'autre. Puis, elles quittent l'aéroport, prenant la direction de l'arrêt de bus. Elles attendent quelques instants. May se mord la lèvre, retenant ses larmes. Elle veut être forte. Mais c'est peine perdue. Elle n'arrive même pas à garder la tête haute. Elle a l'impression qu'une moitié d'elle est restée à Paris, abandonnant seule sa faible moitié qui cherche désespérément vers quoi se raccrocher.
____Le bus arrive enfin à la gare. Elles pénètrent dans le bâtiment, toujours en silence, incapables de parler. Elles achètent leurs billets direction « Pau » et les compostent. Le train arrive. Elles montent à l'intérieur, rangent leurs valises. Elles s'assoient. Un groupe de garçons les interpellent. Elles ne font même pas attention. May regarde sa s½ur, cherchant une pointe d'espoir dans ses yeux. Mais il n'en est rien. Son visage reste interdit. Plus personne n'a accès à ses sentiments. Sa tête collée contre la vitre, elle regarde le paysage défiler. Un soupir franchit ses lèvres et la brune ne peut que l'imiter. May se recroqueville alors sur son siège, refermant jusqu'en haut la fermeture de sa veste. Elle ferme les yeux, son cou et le bas de son visage caché par le vêtement. Elle tente de faire le vide dans sa tête, d'oublier. Oublier encore. Toujours. Incapable d'affronter la dure réalité, elle tente de se projeter dans le futur. Faisant une croix sur son passé. Mais elle n'arrive pas à s'imaginer son avenir. Elle n'est même pas sûre d'en avoir un. Ou de se figurer qui y sera présent. Sa s½ur. Eux. Lui*. Voilà, elle y repense de nouveau. Ça l'énerve. Elle ne le supporte pas. Elle ne comprend pas. Pourquoi Lui*? Elle le connaît à peine, au fond. Pourtant, elle en est totalement dépendante. Les souvenirs de cette nuit ne cessent leurs allers-retours dans sa tête. Elle a la migraine. Elle se rend alors compte qu'elle serre ses paupières, son visage totalement crispé. Elle relâche ses yeux, laissant couler des dizaines de larmes. Elle ne sait plus du tout où elle en est...

[ *** ]

____Le taxi s'arrête à l'adresse donnée par la jeune blonde. May observe un instant la maison et ne peut retenir un nouveau soupir. Elle paye le chauffeur et quitte le véhicule, récupérant ses valises dans le coffre. Karla fait de même, puis elles s'avancent toutes deux vers le grand portail. La brune pose son regard sur sa s½ur, debout devant la sonnette, hésitante. Apparemment elle n'a même pas la télécommande permettant l'accès à sa propre demeure. Le doigt levé, sa jumelle reste immobile. Elle ouvre la bouche, un regard plein de haine qui donne des frissons à la Toulousaine. Elle ne parle pas mais un sourire mauvais prend place sur son visage a l'instant où la sonnette retentit. May frissonne de nouveau, cet air sarcastique lui tord l'estomac. Si elle ne la connaissait pas, elle aurait peur de cette fille.
____Le portail s'ouvre et les deux adolescentes pénètrent dans la propriété. A la porte d'entrée, une fille d'une douzaine d'années les observe, perplexe. La brune déduit que ce doit être Julie, la demie-s½ur de sa jumelle et, donc indirectement, la sienne également. Karla entre dans la maison, poussant d'un coup d'épaule la fillette.

_Tu te calmes, oui !?! T'es la depuis 30 secondes, et tu te sens déjà plus ?! (Julie)

____May reste interloquée sur le porche de l'habitation, observant, dans l'ouverture de la porte, les deux filles à tour de rôle. Sa jumelle se contente de soupirer, ne prenant même pas la peine de répliquer. Son visage est si inexpressif que la brune a tout à coup l'impression qu'elle lui est totalement inconnue.

_Entre, May. (Karla)

____Elle s'exécute, la tête baissée.

_Et c'est qui, elle ?! Tu sais ce que dirait Papa, si il savait qu'à peine rentrée tu invites des amies !?! Tu te fous du monde !! Tu te crois où ?! (Julie)

____Une fois de plus, la blonde ne répond pas. Rien ne pourrait d'ailleurs montrer qu'elle a entendu les paroles de sa demie-s½ur. Celle-ci semble sur le point d'exploser. Elle foudroie les deux jumelles du regard, augmentant le malaise de May.

_Viens, May, on va poser tes affaires dans ma chambre, que ça encombre pas l'entrée. (Karla)

____Elle parle d'une voix lasse, toujours absente de sentiments. C'en devient éc½urant et même insupportable pour sa s½ur qui s'exécute tout de même. Elle pénètre ainsi dans la chambre de Karla, et ne peut retenir un faible sourire en apercevant les posters de Tokio Hotel accrochés un peu partout sur les murs. Ses sacs posés, elle s'assoit sur le lit, observant sa s½ur. Celle-ci parcourt la pièce du regard avant de se tourner finalement vers la brune.

_Bon je prépare mes affaires. Mon père ne va pas tarder à rentrer, il doit être je sais pas où avec ma belle-mère. Connaissant Julie, elle a déjà du l'appeler. Ta mère est prévenue ou pas ? (Karla)

____Jamais May n'avait vu si bonne actrice. Aucun sentiment ne découle de ses paroles.

_Non, faut que je l'appelle... (May)

____Elle avale difficilement sa salive alors que sa jumelle hoche la tête en signe d'approbation. Celle-ci sort alors de nombreuses valises du haut de son placard et les ouvre au sol avant de commencer à vider ses armoires de vêtements. May sort donc son portable de son sac a main, et compose, d'une voix tremblante, le numéro de sa mère. Une sonnerie. Deux. Puis la voix maternelle raisonne finalement.

_Allô ? (Stephanie)

_Maman... c'est May... Je suis rentrée... (May)


____Elle inspire profondément, ses mots lui donnant de nouveau envie de pleurer.

_Je... je suis chez Karla... (May)

____Elle attend une réaction, mais rien ne vient. Elle poursuit donc luttant toujours contre ses larmes, lui brûlant les paupières.

_Maman écoute... je veux qu'elle vienne à la maison... elle vit l'horreur chez elle et... je ne peux pas la laisser comme ça... tu n'peux pas non plus... (May)

_Vous en avez parlé à son père ? (Stephanie)

_Il ne voudrait pas... (May)

_May, je voudrais vraiment tu sais... mais je peux pas. C'est contre la loi ! (Stephanie)

_Redemande un partage des gardes ! (May)

_C'est plus compliqué que ça, May... (Stephanie)

_Non, c'est pas compliqué !! Tu as juste à penser à ta fille avant toi !! (May)


____Elle se lève brusquement, commençant à faire les cent pas dans la chambre, téléphone à l'oreille. Elle jette un coup d'½il à sa s½ur qui a arrêté de remplir les valises.

_May, ça suffit maintenant ! J'ai toujours pensé à vous en premier mais, là, c'est impossible je regrette ! Ne m'oblige pas à m'énerver et à te contraindre à rentrer immédiatement ! (Stephanie)

_Très bien. Dans ce cas, je ne rentrerai pas. (May)


____Sur ces mots, elle raccroche brutalement, faisant abstraction des réactions de sa mère. Karla se tourne enfin vers elle. Elles se fixent un instant, puis la porte d'entrée claque à en faire trembler les murs.

_Mon père. (Karla)

____Elle se lève et s'apprête à sortir de sa chambre, quand May lui attrape le bras.

_Karla, tu... (May)

____Elle cherche un instant ses mots. Un sourire rassurant s'inscrit alors sur les lèvres de sa s½ur.

_Karla... laisse-moi aller lui parler... (May)

_Tu veux lui dire quoi ? (Karla)

_Je sais pas mais... j'veux pas qu'il s'en prenne à toi... et il me connaît pas... donc il osera rien me faire. (May)


____Elle soupire, hoche les épaules et se décale finalement, résignée. May se force à lui sourire et prend donc la direction du hall d'entrée. Elle y aperçoit son père, leur père. Elle s'approche de lui, s'apprêtant à lui parler. Mais celui-ci la regarde alors avec un regard haineux, rejetant du dégoût vis-à-vis d'elle. Elle ne comprend pas, et la réponse à ses questions ne vient que lorsque celui-ci s'exclame :

_Tiens, Karla ! Une semaine à Paris, et tu te sens plus ! Madame se teint les cheveux sans autorisation ! (Vincent)

_ Oo Je... (May)


____Il ne prend même pas la peine de l'écouter. Sa main vient frapper violemment la joue de la demoiselle qui manque de tomber sous le choc, se rattrapant de justesse au canapé non loin de là. Choquée, elle est incapable de bouger, de parler. Totalement paralysée, sa main collée sur sa joue, elle regarde cet homme. C'est impossible, il ne peut pas être son père. Les larmes lui montent aux yeux. Mais pas à cause de la douleur. Non. Elle pleure pour sa s½ur. Elle analyse enfin ce qu'a vécu sa jumelle jusqu'à ce jour. Toute cette violence, cette souffrance qu'elle a du affronter seule. Plusieurs choses s'éclaircissent enfin.
____May se lève et court jusqu'à la porte d'entrée. Elle sort dans le jardin et attrape son portable, rangé dans sa poche. Instinctivement, elle cherche le numéro de Bill dans son répertoire. De ses mains tremblantes, elle retient au maximum ses larmes afin d'être capable d'aligner deux mots corrects dans le combiné. Les sonneries s'enchaînent et, à son plus grand malheur, le répondeur s'enclenche. Elle raccroche et appelle une nouvelle fois. Cette fois, le chanteur répond immédiatement.

_May ?! (Bill)

_Bill.... Bill... c'est horrible... (May)

_May ? May ?! Qu'est-ce qui se passe ?!!! (Bill)

_Bill... (May)

_MAY, QU'EST-CE QUI SE PASSE ? (Bill)


____Sa voix traduit une forte inquiétude. Elle ravale ses sanglots et ouvre de nouveau la bouche.

_Bill... son... son père... il... il m'a... frappée... (May)

_Quoi ? Quoi ? Mais pourquoi ? ... (Bill)

_Il m'a prise pour elle... Il... il a cru que je m'étais teint les cheveux... (May)

_Mais... (Bill)

_Bill ! Ma mère a refusé que Karla vienne chez moi ! J'sais plus quoi faire... J'peux pas la laisser là... J'peux pas la laisser mourir ici... J'peux pas l'abandonner... (May)


____Elle pleure à chaudes larmes à présent, plusieurs sanglots troublant sa voix.

_May, est-ce que tu as de l'argent sur toi ? (Bill)

_Un peu... (May)

_Bien. Vous prenez le premier avion pour Hambourg. J'me renseigne sur les horaires et je te tiens au courant. On viendra vous chercher à l'aéroport. (Bill)

_Mais, Bill... (May)

_Il n'y a pas de « MAIS » qui tienne May ! Tu viens ici avec Karla le plus rapidement possible ! (Bill)

_Elle n'acceptera jamais... (May)

_Je... je sais May. Mais tu dois réussir à la convaincre.. Tu dois l'amener ici... J'peux pas supporter qu'on lui fasse du mal... J't'en prie, May... Amène la chez nous... (Bill)

_Je... je te tiens au courant. (May)


____Elle raccroche et soupire alors que quelques gouttes tombent sur ses cheveux. On dit que la pluie efface les mauvais souvenirs...

________________________________________

____Karla attend, assise par terre, près de ses nombreuses valises. Sa s½ur ne revient pas. Elle ne sait pas comment elle doit l'interpréter. Elle attend donc. Refoulant son inquiétude, comme tous ses autres sentiments.
____Au bout de plusieurs minutes, sa porte s'ouvre sur une May en pleurs, les yeux et les joues rouges. Une particulièrement rouge. La blonde se relève rapidement et s'approche de sa jumelle qui fuit d'abord son regard, puis plonge ses yeux dans les siens.

_Karla, finis de préparer tes affaires. (May)

_Mais... je croyais que ta mère... (Karla)

_On change de destination. (May)

_ Oo (Karla)

_ On prend le premier avion pour Hambourg. (May)

_Que... quoi ? (Karla)

_Ecoute Karla... Tu seras mieux là-bas... on sera mieux là-bas... (May)

_J'hallucine là ! (Karla)


____Elle lève les yeux au ciel et soupire de désespoir.

_Karla... Bill insiste vraiment... il est inquiet, et il te veut près de lui... (May)

_Contente de savoir que Bill et toi entretenez de bonnes relations. (Karla)

_Karla, s'il te plait... (May)

_Quoi, May ? Tu te rends compte de ce que tu me demandes ? De tout quitter. Tout. Pour aller vivre chez des stars ! Et combien de temps ? Et ensuite quand ils en auront marre, je deviendrai quoi ? Toi, t'auras toujours ta famille ou suffisamment d'argent pour vivre et t'en sortir. Mais moi ? Moi, j'ai rien ! (Karla)

_Bill t'aime Karla !!! Merde, je pensais que tu l'avais compris ! Et moi aussi ! Tu crois vraiment que je pourrai te laisser ?!! T'abandonner ?!? (May)

_Je sais plus, May... là j'suis totalement perdue... (Karla)


____Elle se laisse tomber sur son lit en soupirant. L'idée de vivre aux dépenses de son groupe préféré ne l'enchante pas. Toutes les conséquences que cela entraînerait ne sont pas négligeables. Et pourtant, elle sait très bien ce que souhaite son c½ur. Être à ses* côtés...

Karla

# Posté le dimanche 01 juin 2008 10:53

Modifié le samedi 09 août 2008 06:17

Chapitre 35 .

Chapitre 35 .
*

____Déjà plus de cinq heures que les deux s½urs n'ont pas bougé, assises sur le lit de la blonde. Elles attendent en silence. Le bon moment. Le bon moment pour partir. Le bon moment pour tout quitter. Leurs affaires prêtes gisent sur le sol : Karla se sera finalement laissé convaincre. Du moins, à moitié. Elle a accepté de se rendre à Hambourg, mais ne compte pas s'y installer définitivement. Elle ne préfère pas penser au futur, ayant prit la décision de tout vivre au moment. C'est en réalité le seul moyen qu'elle a trouvé pour ne pas avoir peur.
____Les deux jeunes filles poussent toutes deux un profond soupir confondu. Elles sont lasses d'attendre. Le temps semble avancer au ralentit. Les yeux fixés sur le réveil, elles ne bougent pas. Les secondes s'écoulent. Lentement. Inlassablement.

_Karla... j'ai fait une bêtise cette nuit... (May)

____L'intéressée tourne son regard vers sa s½ur. Celle-ci a la tête baissée, ses cheveux bruns cachant entièrement son visage. Mais sa voix tremblante dénonce sans peine les nombreuses larmes perlant sûrement sur son visage. Karla avale difficilement sa salive, une boule dans la gorge. Elle inspire profondément mais n'ouvre pas la bouche. Elle sait que sa s½ur n'a pas besoin d'être brusquée. Mais qu'elle a besoin de parler de ce qui s'est passé. La blonde n'est pas dupe, elle sait bien que sa moitié regrette et que ce regret a un rapport avec le guitariste.

_Karla... (May)

_... (Karla)

_Dis quelque chose... (May)

_ Oo (Karla)

_ U________U (May)


____Leurs regards se croisent et, malgré la situation, elles partent toutes deux dans un fou rire incontrôlable, noyant leurs visages d'une multitude de larmes. La nervosité & l'impatience y sont sûrement pour quelque chose.

_Arrête d'me... hahaha... fair' rir'... J'ai mal au ventre... (May)

_Salope.. c'est toi qui m'fais rire... (Karla)

_Quoi salope ! Espece de sale crevarde ! (May)


____Un silence retombe. Elles se regardent puis l'hilarité reprend, ne souhaitant apparemment pas quitter la chambre. Finalement les insultes recommencent également et c'est à coup d'oreiller que May fait taire sa s½ur. Karla ne tarde pas à se saisir d'un autre coussin et, debout sur le grand lit, une lutte acharnée démarre. Après de nombreux coups fournis, les oreillers finissent au sol alors que les demoiselles s'attrapent par les épaules, tentant de se faire tomber. Cette bataille semblant infinie, toutes les deux vidées de leurs forces et trop occupées à rire. & Rire encore de plus belle. Les minutes passent et elles finissent par se laisser tomber sur le matelas. Allongées, elles continuent de rire un moment, puis le calme reprend.

_J'suis épuisée... (Karla)

_Genre ! T'as rien foutu de ta journée ! (May)

_J'ai pris les transports en commun ! >__< (Karla)

_ Oo Moi aussi ! (May)

_ U.U J'ai pas dit le contraire. (Karla)


____Nouveau soupir collectif. Karla ne peut s'empêcher de sourire. Ce genre de discussion sans queue ni tête lui font du bien. C'est une complicité qu'elle n'avait jamais vécue auparavant. Même durant cette semaine avec sa jumelle. Quelque chose était différent. Peut-être était-ce ce sentiment de gène, qui a à présent disparu. Elle ne peut le dire.

_Karla, j'm'en veux, tu sais... (May)

_Je sais. (Karla)

_Je lui ai mentit... (May)


____Elle se pince les lèvres puis inspire profondément, sous le regard protecteur et inquiet de sa moitié.

_Karla... je crois que je... je l'aime... (May)

____A l'entente de ces mots, la blonde se rapproche de sa jumelle et la prend tendrement dans ses bras, celle-ci posant sa tête contre son épaule.

_Raconte-moi. (Karla)

____Dans une inspiration, May commence son récit mélangé à quelques sanglots incontrôlés...

________________________________________

____May ne peut retenir un soupir de soulagement en apercevant finalement l'aéroport de Pau devant elle. Le taxi perd de la vitesse et s'arrête sur un des nombreux parkings, laissant ainsi descendre les jeunes filles. Celles-ci récupèrent rapidement leurs valises, Karla jurant toujours d'avoir du abandonner autant d'affaires chez elle. La Toulousaine lève les yeux au ciel, s'imaginant la situation si elles étaient parties de la même manière avec les dix valises de la jeune blonde. Heureusement qu'au dernier moment, celle-ci a accepté de faire quelques sacrifices.
____Ainsi, quand la nuit est tombée et que la maison est devenue silencieuse, les deux s½urs se sont éclipsées discrètement, et ont marché un moment avant d'arriver à la civilisation, où elles ont pu prendre un taxi. Entre temps, May a reçu un message du chanteur, lui indiquant qu'un avion pour Hambourg partirait de Paris aux alentours de 8h30. Elle espère seulement qu'elles auront la possibilité d'aller à la capitale avant ce bref délai.
____Traversant à pas rapide l'aéroport, May arrive finalement en face de l'accueil. Elle s'arrête et se met dans la file d'attente, soupirant et levant les yeux au ciel. Attendre n'a jamais été son point fort. Les gens devant elle semblent décider à passer le plus de temps ici, mais ce n'est malheureusement pas son cas. Tapant du pied en signe d'agacement, elle jure à faible voix. Le monde ne semble décidément pas de son côté. Chassant cette pensée de son esprit, elle se retourne à l'entente de son prénom, et aperçoit Karla, à quelques mètres, adossée à un chariot sur lequel reposent leurs bagages. Elle questionne la brune du regard, semblant tout aussi peu en condition d'attente. May ouvre de grands yeux en signe de réponse et se tourne de nouveau vers le comptoir, encore éloigné d'elle par trois personnes. Elle les examine un par un. Un sourcil levé et une grimace agacée sur le visage. Elle ne peut s'empêcher de laisser ses pensées divaguer, critiquant donc intérieurement tous ces pauvres Palois.
____Son tour arrive enfin, et elle se penche sur le comptoir. L'employée ne la regarde pas, déjà occupé à ranger des papiers. May attend. Une minute. Deux. Puis, son impatience l'emporte sur sa bonne conscience, et elle s'exclame d'une voix presque agressive :

_Excusez-moi !? Si j'ai l'temps d'aller faire une sieste, j'aimerai bien en être informée !! (May)

_ Oo (Employée)


____Le regard glacé de la Toulousaine fait alors immédiatement réagir la femme, qui s'excuse à plusieurs reprises avant de demander à May en quoi pourrait-elle la renseigner. Celle-ci est sur le point de répliquer à l'aide d'une remarque peu amicale, mais se retient, finalement parvenue à son but.

_J'voudrais savoir quand part le prochain avion pour Paris. (May)

_Très bien. Je vais vous demander de patienter un instant. (Employée)


____Elle cherche sur son ordinateur puis s'adresse de nouveau a la jeune fille.

_Un vol embarque dans trente minutes, ou sinon demain matin à huit heures. (Employée)

_HEIN?! Oo (May)

_Vous en avez un dans... (Employée)

_J'AI TRES BIEN ENTENDU ! U.U J'ai besoin de deux billets pour le prochain vol ! (May)

_Je regrette, mais je ne m'occupe pas de fournir les billets... (Employée)

_Quoi ? Mais vous servez à rien, alors ! >.< J'aurai pas le temps d'attendre ! J'en ai besoin, maintenant ! J'peux pas me permettre de louper ce vol ! C'est une question de vie ou de mort !! Vous comprenez, ou pas ? è_é (May)


____Un air apeuré s'inscrit sur le visage de la pauvre femme, alors qu'elle bégaye légèrement :

_Je... Je vais voir ce que je peux faire. (Employée)

____Elle se lève et disparaît dans son bureau, hors de vue. May attend, ses doigts tapant rapidement sur le comptoir. Elle tente de ne pas penser aux conséquences possibles si elles en venaient à louper le prochain avion. Serrant ses paupières, elle maîtrise sa respiration, calmant ainsi les battements trop rapides de son c½ur. Une voix la sort toutefois de ses songes, et elle rouvre les yeux sur l'employée finalement de retour. Celle-ci lui tend alors une pochette dans laquelle se trouvent deux billets destination Paris. Un énorme poids se libère du c½ur de la demoiselle, qui se jetterait au cou de la femme si elle en avait la possibilité. Ne retenant pas sa joie et son soulagement, elle saute presque sur place

_Ça vous fera 220 ¤uros, s'il vous plait. (Employée)

____Elle sourit, heureuse de l'avoir aidé. De son côté, les lèvres de la jeune fille virent vers le bas lorsque la dure réalité s'impose devant elle. Les voyages en avion sont vraiment très chers. Surtout lorsque les parents ne sont pas là pour les payer. U.U Sortant son porte-monnaie de son sac à main, la brune en profite pour jeter un coup d'½il à sa s½ur. Celle-ci, toujours adossée au chariot, semble perdue dans ses pensées, en contemplation du sol, son regard fixe et dénué d'expression. Sortant les billets de 200&100 Euros offerts par son beau-père avant son départ pour la capitale, elle ne peut retenir un soupir. La voilà à payer leur retour à Paris, ou plutôt leur départ. Leur nouveau départ.
____Billets en main, elle se dirige rapidement vers sa s½ur et l'interpelle à plusieurs reprises, l'obligeant à abandonner ses profondes réflexions.

_Quoi ? (Karla)

_Bouge-toi, on doit embarquer maintenant ! (May)

_ Oo Quoi ?.. Et nos valises..? (Karla)

_Justement, dépêche-toi ! >.< (May)


____Elle commence à pousser le chariot, sous le regard incrédule de la blonde qui reste un instant sur place. Quand l'information lui arrive finalement au cerveau, elle se met à courir derrière sa s½ur. Et toutes deux se dirigent vers la salle d'enregistrement. Là, elles se dépêchent d'enregistrer leurs valises avant de partir, toujours d'une démarche rapide, vers la salle d'embarcation. Elles ne peuvent qu'être soulagées en apercevant l'hôtesse contrôlant les billets des deniers passagers. Elles se joignent à eux et pénètrent enfin dans l'avion. Un profond soupir franchit la barrière de leurs lèvres alors qu'elles se laissent tomber sur leurs sièges respectifs. Enfin, les voilà parties. Alors que May appuie sa tête contre son dossier, une main serre la sienne, posée sur l'accoudoir. Elle se tourne vers Karla, celle-ci se mordant la lèvre. Une larme force la barrière de ses paupières et coule le long de sa joue. C'est la première fois qu'elle laisse réellement paraître ses sentiments depuis leur retour, le matin même.

_Karla ? (May)

_J'sais pas si c'est une bonne idée... (Karla)


____Elle plonge son regard dans le sien et s'explique d'une voix tremblante.

_Tu sais... Je comprends toujours pas... Comment il peut avoir des sentiments pour moi. Comment tout ça a pu se passer si rapidement... Comment j'ai pu lui accorder ma confiance en si peu de temps... Comment j'ai pu devenir si dépendante de quelqu'un... Tu sais, je pensais vraiment que... Lui&Moi, c'était rien. Je ne pouvais pas m'imaginer... Mais aujourd'hui, une partie de moi regrette parce qu'il est tellement inaccessible... dans son monde. Et moi je fais pas partie de cet univers. J'ai tellement peur de ce que ça peut entraîner... De... de notre futur... Si nous en avons un ensemble... Tu vois, j'aurai aimé que tout soit tellement plus simple. Si je m'écoutai, je serai pas là... mais j'veux tellement être avec lui en même temps... J'veux pas être si dépendante. Et si j'dois aussi l'être financièrement et à tous les niveaux,... ça ne va qu'être pire... Tu comprends, je voudrai tellement pouvoir lui rendre même la moitié... pouvoir faire pour lui ce qu'il fait pour moi... pouvoir l'aider, lui servir à autre chose qu'à lui attirer des ennuis... (Karla)

____Elle relève la tête, laissant couler plusieurs larmes sur son visage.

_J'voudrai être capable de lui dire ce que je ressens... (Karla)

____Cette fois, elle éclate en sanglots, engouffrant sa tête dans ses mains. May la regarde, sans réagir. Elle sait que sa s½ur n'attend rien, que, ce qu'elle dit, elle le dit surtout pour elle. Pour se rendre vraiment compte. May ne pouvant réellement l'aider. Elle serre sa main dans la sienne en signe d'encouragement, arrivant même à décrocher un faible sourire à la jeune blonde...

[ *** ]

____Il est déjà trois heures du matin. May secoue la tête et décroche son regard de la grande horloge de l'aéroport parisien. Elle finit de marcher vers sa s½ur, allongée sur plusieurs sièges, recroquevillée sur elle-même. La brune s'assoit à ses cotés et pose les sandwichs&gâteaux qu'elle vient d'aller acheter. Elle commence un paquet de M&M's, qu'elle mange rapidement, perdue dans ses pensées. Perdue vers Lui*. La peur de le revoir se déclenchant seulement maintenant. Elle lui a écrit « Au revoir » tout en sous-entendant « Adieu ». Il aura décidément été de courte durée. Elle ne peut retenir un soupir alors qu'elle ramène ses genoux contre sa poitrine. Comment a-t-il réagit ? Elle n'en a absolument aucune idée. Tout ce qu'elle sait, c'est qu'elle regrette. Enormément. Trop, même. C'en devient insupportable. Une fine larme coule sur son visage alors qu'elle tape à plusieurs reprise sa tête contre ses genoux.

_J'suis vraiment conne. (May)

_Mh ? (Karla)

_Rien. (May)

_ May j'ai peut-être les yeux fermés, mais je ne suis pas sourde. (Karla)


____S'allongeant sur le dos, la blonde s'étend entièrement, débordant encore sur un siège supplémentaire. Elle laisse tomber sa tête en arrière et regarde sa s½ur.

_Qu'est-ce que je vais dire à Tom ? (May)

_Et pourquoi pas... la vérité ? (Karla)

_T'es folle ?!? (May)

_ U.U (Karla)

_Karla, j'peux vraiment pas lui dire. (May)

_Pourquoi ? (Karla)

_Mais tu comprends vraiment rien !! (May)

_ Peut-être, mais j'essaie ! (Karla)

_ Et ben... je t'ai rien demandé ! (May)

_J'ai pas besoin d'invitation pour avoir envie d'aider ma s½ur. (Karla)

_Parfois, tu devrais attendre d'en avoir ! (May)

_Mais pas toujours. (Karla)

_Tu es vraiment... (May)

_...Parfaite ! Oui, je sais. ^^ (Karla)


____elle sourit et la brune ne peut s'empêcher de faire de même. Soupirant, elle étouffe même un faible rire. Karla se redresse alors et s'assoit normalement. D'un geste de main, elle invite sa jumelle à s'allonger. Celle-ci s'exécute, étirant ses jambes et posant sa tête sur les cuisses de la blonde. May ferme alors les yeux, tentant en vain de faire le vide dans sa tête afin de faciliter sa réflexion.

_C'est qui la plus grande de nous deux ? (Karla)

_J'sais pas. Toi, je crois. (May)

_Ça s'voit. ^^ (Karla)

_ =_=' (May)


____elles rient un instant. De bon coeur. May se sent bien avec Karla. Elle ne l'explique pas. C'est dans le sang. Dans le c½ur. & Dans l'âme. Si seulement elle savait justifier son attitude vis-à-vis du guitariste, elle lui dirait sans hésiter. Mais hormis la peur de revivre la même souffrance, de revoir l'histoire se reproduire, elle ne sait pas ce qui l'a poussée à agir ainsi. Sûrement se prouver qu'elle n'était attirée que physiquement, que ces sentiments n'étaient qu'éphémères, voire inexistants.

_Mh. (Karla)

_Quoi ? (May)


_Peut-être qu'en réalité, tu voulais juste te prouver à toi-même qu'hormis l'attirance physique, il n'existait rien d'autre entre vous. C'était un moyen de te rassurer. C'est normal quand tu y penses. Tu as peur que l'histoire se répète. (Karla)

_ Oo (May)

_J'ai dit une aussi grosse bêtise ? (Karla)


____Elle rit, sous le regard incrédule de sa moitié. C'est quelque chose qu'elle n'explique pas non plus, mais une chose est sure : elles sont totalement sur la même longueur d'ondes. Ça aussi, ça semble magique, inexplicable, mais si naturel pourtant.

_Tu m'expliques ? (Karla)

_Maîtrises-tu la télépathie ? (May)

_Bien sûr, j'm'y exerce tous les soirs avant de dormir U_U. (Karla)


____Un court silence prend place puis la brune le brise d'une voix calme.

_J'suis contente d'être là avec toi. (May)


____Nouveau silence. May ouvre les yeux et observe sa s½ur. Elle ne répond pas, son regard fixe au loin.

_J'aimerai tellement pouvoir en dire autant. (Karla)

_ Oo (May)


____La blonde soupire. Les secondes passent. Puis elle éclate de rire.

_ U.U Pas drôle. (May)

_La gueule que t'as tiré ! Hahahaha ! (Karla)

_ è_é Ah, ah, ah, on se fend vraiment la poire. Quelle grosse marade ! (May)


____Cette fois, le silence s'enchaîne sur une hilarité partagée. Une fois le calme revenu, la brune ferme de nouveau les yeux et ne tarde pas à s'endormir, toujours allongée sur les jambes de sa s½ur...

Karla

# Posté le mardi 03 juin 2008 11:57

Modifié le samedi 09 août 2008 06:16

Chapitre 36 .

Chapitre 36 .
*

_On devrait peut-être acheter les billets maintenant ? (Karla)

____May dévisage sa s½ur, celle-ci assise sur une valise, sur le chariot à bagages. A l'aide de son pied, elle s'amuse à se faire reculer, puis avancer un nombre incalculable de fois.

_Va bien falloir qu'on le fasse non ? Autant pas se presser tout à l'heure. (Karla)

____La brune acquiesce d'un signe de tête et se lève donc. Elle s'étire longuement, tout en baillant, avant de soupirer. La nuit aura été longue. D'un rapide coup d'½il, elle se renseigne auprès de la grosse horloge : 7h30. Secouant la tête dans le but de se réveiller complètement, elle attrape son sac à main et l'enfile sur son bras. Toutefois, elle sait bien que son porte-monnaie est vide. Presque vide. Réfléchissant, l'enveloppe de secours de sa mère lui revient à l'esprit. Elle se met ainsi à fouiller dans sa valise, sous le regard interrogateur de sa s½ur, trop fatiguée pour ouvrir la bouche et poser la moindre question. Elle en ressort alors la pochette blanche qu'elle brandit suffisamment haut pour faire soupirer Karla.

_Nous sommes sauvés ! (May)

_J'ignorai que nous connaissions des difficultés. (Karla)

_ U_U Je passerai outre cette stupide remarque. (May)

_Evidemment. (Karla)


____La blonde lève les yeux au ciel et se rassoit sur sa valise. May lui met donc l'enveloppe sous le nez, tentant de l'ouvrir. Toutefois, dans sa hâte, celle-ci lui glisse des mains et s'ouvre au sol laissant échapper : Oo Une dizaine de billets de 500 euros. Un lourd silence prend place. Immobiles, les jeunes filles ne lâchent pas le sol des yeux. Puis, dans un geste précipité, May se jette sur les bouts de papiers, tentant de rapidement les ramasser. Elle les engouffre un par un dans ses poches, tandis que sa s½ur vérifie que personne n'ait pu les voir avant de se mettre elle-même à les récupérer.
____Une fois tous les billets dans leurs poches, elles se laissent tomber sur des sièges libres en soupirant, essoufflées.

_Et ben dis-donc, on dirait qu'il pleut de l'or, today ! (Karla)

_No comment, Karla. (May)

_Tu sais, ça aurait pu arriver à tout le monde. Quoi que... (Karla)

_Karla, s'il te plait. (May)

_ XDDDDD Non, mais, attends ! Si les gens nous avaient vues ! T'imagines !? On serait passé pour des grosses dealeuses ! Et encore ! Hahaha ! (Karla)

_ ==" Je crois que je vais aller acheter les billets. (May)


____Sur ces mots, elle se lève et part en direction du comptoir le plus proche où elle achète les deux places destination Hambourg. Départ 8h30. Elles ont encore de l'avance. Une fois retournée auprès de sa jumelle, elle entreprend de ranger tous les billets dans son porte-monnaie. Malheureusement, tous n'y contiennent pas. Dans un élan de générosité soudain, sa s½ur lui tend la main.

_J'peux les ranger dans le mien, si tu veux . =) (Karla)

_ U__U Aurai-je une chance de les revoir un jour ? (May)

_J'te promets rien ^^ (Karla)


____Levant les yeux au plafond, elle cède, n'ayant apparemment pas d'autres choix. Tandis que Karla range délicatement leur richesse, la brune se recroqueville sur elle-même, son esprit vagabondant de nouveau ailleurs. Hors d'ici, mais toujours vers la même personne. A croire qu'elle en est possédée. A croire que ses sentiments sont vraiment plus forts qu'elle ne le pensait. A croire qu'elle L'aime vraiment...

________________________________________

____Karla finit par l'admettre : elle est impatiente. Malgré tout. Toutes ses hésitations. Ses peurs. Ses doutes. Elle désire vraiment Le* voir. Elle a besoin de lui. C'est plus qu'une envie. Ça lui semble vital. Elle ne peut donc s'empêcher de courir en dehors de l'avion lorsque celui-ci se pose enfin à Hambourg. Sa s½ur sur ses talons, elle avance rapidement, déboulant dans le grand hall. Autour d'elle, les personnes retrouvent leurs familles, leurs amis, venus les attendre. Elle le* cherche des yeux. Longtemps. Détaillant chaque coin du bâtiment. Mais elle doit se rendre à l'évidence, Il* n'est pas là. Pourtant, il avait dit à May qu'il viendrait les chercher. Il lui avait dit, à elle, qu'il serait là. Toujours. Mais elle ne voit que du vide. Rien. Enfin si. Deux masses noires avançant dans sa direction. Une vague de colère la traverse lorsqu'elle reconnaît deux des gardes du corps du groupe. Ils s'apprêtent à lui parler mais elle se retourne, se mettant dos à eux. Les larmes lui brûlent les yeux. Elle lui* en veut. Elle sait qu'elle ne devrait pas. Mais c'est plus fort qu'elle.

_Euh... Bonjour. (Vigile)

_Bonjour. (May)

_On va récupérer vos bagages et vous déposer à l'appartement des garçons. (Vigile)

_Très bien. Merci. (May)


____La blonde reste immobile, seule la main de sa s½ur attrapant la sienne l'incitant à bouger. Ils récupèrent leurs bagages et sortent ensuite de l'aéroport. Montant dans une grosse voiture noire, ils prennent la direction de l'habitation des quatre Rock stars. Le trajet se déroule dans un silence absolu. Karla ne décolle pas ses yeux de la vitre. Elle sait que May l'imite, préoccupée par la manière dont elle va devoir réagir face à Tom. Le véhicule s'arrête finalement devant un immense immeuble. Récent ou retapé, la Française ne pourrait le dire, toutefois, il est absolument magnifique, se démarquant de loin des autres. Sa situation est encore plus exceptionnelle. Près du centre-ville, il donne à la fois sur un grand parc semblant être, par sa taille, un des principaux de la cité. Cette constatation augmente sa colère. Elle aurait voulu qu'ils ne vivent pas dans un lieu si joli. Tout comme elle aurait voulu voir avec Lui* cette ville et ce bâtiment pour la première fois.
____Accompagnées des gardes du corps portant leurs valises, les filles quittent l'ascenseur au 3ème étage et arrivent finalement face à l'appartement du groupe. Là, les vigiles les invitent à sonner tout en les abandonnant, leur travail prenant apparemment fin ici.

_Vas-y, sonne. (May)

_Non. (Karla)

_Oo Karla ! (May)

_Quoi ? J'suis sûre qu'ils ont pas envie qu'on soit là ! (Karla)

_Mais tu dérailles ? (May)

_Alors comment t'expliques que Bill ne soit pas venu nous chercher à l'aéroport, comme il te l'a si gentiment dit, hier ? (Karla)

_Ça a du lui être impossible. Mais tu sais qu'il serait venu s'il avait pu. (May)

_Ouais, c'est ça. (Karla)


____La blonde appuie finalement sur la sonnette. Le bruit retentissant couvre le soupir de sa s½ur. Une minute. Puis deux. La porte s'ouvre enfin.
____Dans l'encadrement, Gustav leur sourit, leur laissant ensuite le passage. Il les salue d'un air tranquille et leur fait signe de le suivre. Elles arrivent ainsi dans la pièce principale de l'appartement, qui n'est pas gigantesque comme on pourrait s'y attendre pour des célébrités, mais sur laquelle on ne crache pas non plus. Aux côtés de la porte mais tout de même éloignée, à droite, une cuisine américaine, contenant four & four micro-onde afin d'avoir possibilité de réchauffer correctement les surgelés. Face aux deux s½urs, le coin salon, aménagé d'un gigantesque canapé demi-circulaire en cuir noir, devant un colossal écran plasma avec Home Cinéma. En revenant à nouveau vers la droite, mais au fond de la salle cette-fois, une longue table en verre, sur laquelle résident quelques restes de nourriture non rangés. Karla remarque ensuite le couloir, menant certainement aux chambres et salles de bains, se situant entre la cuisine et la salle à manger. Presque aussitôt, une autre porte vient attirer son attention. C'est une lourde porte noire, placée à côté du grand sofa, lui installant un léger doute. Sur quoi peut-elle donner ? L'appartement est donc si grand que cela ? Cette porte ne devrait-elle pas donner sur l'appartement voisin ? Voire, sur la fin de l'immeuble ? C'est ce moment là que l'intrigante entrée choisit pour s'ouvrir, laissant passer un grand jeune homme aux cheveux noirs de jais, parsemés de mèches blanches. Habillée simplement, tout juste maquillé, il lève les yeux vers les deux arrivantes. Ses sourcils auparavant froncés par l'inquiétude se détendent aussitôt, et un soupir soulagé se fait entendre.

_Karla, May ! J'commençais à désespérer de vous voir arriver ! J'ai eu peur que les vigiles ne vous trouvent pas... (Bill)

_Bonjour, Bill x). (May)

_Salut. Vous avez fait bon voyage ? Sans encombres ? Sans imprévus ? (Bill)

_Mmh... Mis à part que notre « voyage » est une fugue, tout est parfait TT. (May)

_U_U, Oui, forcément... (Bill)


____Un silence. Le chanteur fixe Karla qui, elle, n'a pas décroché son regard du sol blanc depuis le début de la conversation. Elle boue. Intérieurement. Elle lui en veut de ne pas être venu lui-même les chercher. Et il ne prend pas même la peine de s'excuser.

_Karla ? Tu vas bien ? (Bill)


____Elle ne répond pas, mais relève toutefois la tête. Son regard noir vient heurter celui du jeune homme, qui se tord les doigts, l'air anxieux. Comme s'il avait prévu à l'avance sa réaction, il commence :

_Ecoute... Je suis désolé de ne pas être venu moi-même, mais David n'a pas voulu, il voulait absolument qu'on bosse sur une chanson aujourd'hui, et j'ai passé ma matinée à la remanier avec lui... (Bill)

_C'est sûr, tu n'aurais pas eu d'autres occasions de le faire ! (Karla)


____Elle est odieuse, elle le sait. Mais l'accumulation des déboires des derniers jours la poussent à bout. Elle n'est pas capable de contrôler sa colère.

_Karla... J'suis vraiment désolé, j'aurai vraiment préféré venir, crois-moi... ça m'a travaillé toute la matinée, mais David ne m'a pas laissé l'choix... (Bill)

____Elle soupire, et baisse à nouveau les yeux. Que peut-elle répondre à ça ? Il a raison, il a le dernier mot, une bonne excuse, et ça la tue.

_Mmh... Vous voulez peut-être poser vos valises dans la chambre d'ami ? (Gustav)

_Ah, merde, oui ! >< Désolé, donnez-les moi. (Bill)


____Sans leur laisser le temps de riposter, il prend une première valise, tandis que Gustav s'empare d'une autre. Ils partent dans le couloir, intimant aux filles de les suivre. Les yeux de Karla observent chaque porte devant lesquelles elles passent, se demandant quelle chambre est la chambre de qui, s'ils sont une salle de bain chacun, etc. Il s'avère que non, Bill répondant à sa question involontairement, signalant LA salle de bain en passant devant une porte entrouverte, qui laisse entrevoir une douche toutefois assez spacieuse. Il s'excuse ainsi du fait qu'elle est unique, racontant que c'est toujours source de problème que l'heure des ablutions de chacun. Ils s'arrêtent enfin devant la dernière porte, que Bill ouvre en grand, s'y introduisant, Gustav à sa suite. May & Karla ne tardent pas à les rejoindre, découvrant une chambre très simple, de taille respectable, contenant un lit deux places, un grand placard et deux tables de chevet. Le batteur leur explique que c'est ici que dorment leurs amis, lorsqu'ils viennent leur rendre visite, et demandent si ça ne les dérange pas de dormir ensemble. Répondant par la négative, les deux jumelles échangent un regard, soupirant à l'unisson. Elles sont épuisées, la nuit ayant été tout sauf longue et réparatrice. Cette plainte n'échappe pas au chanteur, qui s'exclame vivement :

_Oh, et si vous voulez dormir, il n'y a pas de problèmes ! On vous laissera un peu de pizza =]. (Bill)

_Euh, oui, on verra... On va déjà commencer par ranger nos affaires, et il faudrait tout de même que j'appelle ma mère, histoire d'éviter une quelconque rencontre avec les flics. (May)

_En effet, ça s'rait pas plus mal V_V. (Gustav)

_Et Tom & Georg ? Ils ne sont pas là ? (May)

_Georg dort encore, et Tom... Euh, il est au studio, je crois... (Bill)

_Au studio ? (Karla)


____Les trois autres se tournent vers elle, lui faisant immédiatement regretter son intervention. Elle qui voulait continuer de faire la tête jusqu'à ce qu'on lui implore pardon à genoux...

_Oui, c'est là que j'étais tout à l'heure. Tu sais, la porte par laquelle je suis rentré, beh, elle donne sur notre studio d'enregistrement. Tom dort très tard, habituellement, mais étant donné qu'on est arrivé à Hambourg très tôt ce matin, il ne s'est pas recouché, tout comme moi qui suis allé retoucher ma chanson. Il est resté au studio, à jouer de la guitare, je crois... (Bill)

_Oh... (May)

_Tu peux aller le saluer, si tu veux. Je n'ai pas fermé la porte. Par contre, ne t'étonne pas d'y trouver David et quelques assistants. (Bill)


____Elle acquiesce, mais ne bouge pas pour autant. Sa s½ur devine aisément ses pensées. Comme si elle allait se bouger pour voir Tom, alors qu'elle ignore tout à fait son état d'esprit vis-à-vis d'elle. Plutôt l'éviter continuellement, oui !

_Mh, on vous laisse vous installer. On est au salon, si jamais. (Gustav)

_Okay, merci... (May&Karla)


____Ils esquissent tous deux un sourire, et quittent la chambre, laissant les deux jeunes françaises entre elles. Un léger blanc s'installe puis, la blonde se jette sur le lit, épuisée.

_Je crois que je vais dormir un peu. (Karla)

Karla&May

# Posté le mardi 03 juin 2008 12:38

Modifié le dimanche 30 novembre 2008 10:40

Chapitre 37 .

Chapitre 37 .
*

____Lorsque Karla ouvre les yeux, son portable indique 16h42. Elle soupire, et s'étire longuement. Observant autour d'elle, elle prend compte du fait qu'elle est seule, les valises autrefois déposées au pied du placard demeurant vides et rangées contre le mur. Elle suppose donc que May se sera chargée de tout ordonner, et se recoiffe en vitesse à l'aide de ses mains, avant que quitter la pièce, se dirigeant vers le séjour. Lorsqu'elle y arrive, quatre regards se tournent vers elle, et Georg se lève immédiatement pour la saluer. Il s'excuse ainsi de ne pas avoir été présent le jour de leur départ, et l'invite à s'asseoir sur le canapé, à ses côtés. Elle s'exécute, se trouvant à proximité de sa s½ur, de Bill, Gustav, et donc Georg. Toujours aucune trace de Tom.

_Tu as faim ? (Bill)

____Elle pose son regard sur lui, en oubliant sa colère. Demeurant silencieuse un instant, elle réfléchit. Après tout, il n'y peut vraiment rien s'il n'a pas pu être là pour aller les chercher à l'aéroport... Mais elle reste partagée entre l'envie de lui jeter quelques immondices à la gueule ou de se montrer aimable & reconnaissante, comme ce serait approprié. Délaissant finalement la bataille, elle acquiesce silencieusement, tandis qu'il se lève pour aller lui chercher un morceau de pizza. Elle grignote sa nourriture doucement, bien trop stressée pour avoir réellement faim, mais en fait tout de même l'effort. Après avoir goûté à tout juste un quart de sa part, elle la pose sur la table basse face au sofa, considérant qu'en avaler un peu plus serait vomitif. Les autres ne disent rien, faisant comme s'ils n'avaient rien vu.

_J'ai rangé les valises. (May)

_Oui, j'ai vu, merci. (Karla)

_C'est normal. (May)

_Tu n'as pas dormi ? (Karla)

_Non, j'avais pas envie... (May)

_Oh... Et... Tu as appelé ta mère ? (Karla)

_... Non, je n'ai pas encore appelé maman, Karla. Je le ferai après, tout bien réfléchit, je pense que, de toute façon, elle n'appellera pas la police. Ça gâcherait trop son image, tu vois... Sa fille qu'on croit si sage & respectable en fugue. De quoi l'obliger à changer de région. (May)

_... Oui... Mais, c'est pas le cas de mon père, en fait... (Karla)

_Tu penses qu'il pourrait aller jusqu'à signaler ton absence ? (May)

_Pas forcément ce soir, mais il le fera, oui... (Karla)

_J'appellerai maman ce soir, histoire de la rassurer et l'obliger à ne pas venir nous chercher, ainsi qu'à calmer ... papa. (May)

_Si elle accepte, c'est qu'elle a un sérieux problème. Tu vois un parent, dans ce monde, accepter d'aider son enfant à fuguer ? (Karla)

_>< T'en fais pas, je saurai trouver les arguments. Que je sois là ou pas, au fond, elle s'en fout. Il faut juste que le voisinage – et tant qu'à faire la ville - ait une bonne image de la famille, ensuite... (May)


____Karla soupire, rapidement imitée par sa s½ur. A leurs côtés, les trois garçons n'ont pas bougé, concentrés sur la conversation qu'ils n'ont certainement pas comprise pour cause d'avoir été effectuée en français. Ils ne posent cependant pas de questions, et enchaînent sur un autre sujet. Cependant, l'ambiance est tendue. Karla le sait, tant que l'histoire ne sera pas entièrement réglée, qu'elles ne seront pas certaines de pouvoir rester ici jusqu'à ce que leurs parents acceptent de les laisser vivre ensemble, que leur fugue restera une « fugue », il ne pourra pas en être autrement. Pour l'instant, tout se joue sur le secret, l'inquiétude. Les garçons prennent une énorme responsabilité en les acceptant avec elles, alors qu'elles n'ont aucun accord parental. Et il faut qu'elles en aient un au plus vite, ou ils ne connaîtront pas de relâchement, de repos. L'atmosphère restera tendue.
____Alors qu'elle s'apprête à soupirer une nouvelle fois, sur le point d'être, cette fois, imitée par les quatre autres, la lourde porte du studio s'ouvre bruyamment, et le temps semble s'arrêter. Sur le sofa, les cinq adolescents ont cessé tout mouvement, tous plus surpris les uns que les autres par cette tardive arrivée. Traînant des pieds, l'air fatigué, un grand jeune homme aux lourdes dreadlocks blondes referme la porte derrière lui, s'immobilisant à son tour à la vue des regards fixés sur lui. Il s'attarde un instant sur l'une des personnes, et lève les yeux au plafond avant de se diriger vers la cuisine, où il chope une part de pizza. Karla jette un regard à May, qui l'observe d'un air paniqué. Tom a fait son entrée.

________________________________________

____May déglutit péniblement, tandis que le regard de Tom se stoppe un instant sur elle. En un geste méprisant, il roule des yeux et se détourne du salon, partant se chercher de quoi manger. Son premier réflexe est de se tourner vers Karla, à qui elle lance un regard effrayé. Depuis son arrivée, elle est sur la défensive, s'attendant à voir débarquer le jeune homme à tout moment. Et à l'instant où elle commençait enfin à l'oublier, au moment où elle s'y attendait le moins, bien sûr, il a fallut qu'il arrive. Choquée, elle entortille une de ses mèches de cheveux autour de son index droit, ne parvenant plus à réfléchir correctement. Malgré elle, la dernière soirée passée en compagnie du guitariste lui revient en mémoire, et elle ne peut empêcher ses joues de rougir abondamment. La voix de Bill vient interrompre les bruyants battements de son c½ur, tandis qu'elle se concentre au maximum pour le comprendre :

_Ben quand même ! J'ai cru que tu n'arriverai jamais ! T'as foutu quoi, là-bas ? T'y es depuis c'matin ! (Bill)

____Tom, occupé avec sa pizza, prend tout à fait son temps pour répondre.

_Guitare. Puis j'suis sorti, aussi, j'me suis promené. (Tom)

_Et tu n'as pas mangé ? (Bill)

_J'avais pas d'sous sur moi. Mais j'suis fatigué, j'vais aller m'coucher. (Tom)

_Oh, mais on t'a pas vu de la journée ! Puis les filles sont arrivées, viens t'asseoir avec nous ! (Georg)

_V_______________V. (Bill, Tom, May, Karla, Gustav)

_J'suis fatigué Georg ! >.< (Tom)


____Face a son air las, personne n'ose répliquer. & le guitariste prend donc la direction de sa chambre d'un pas lent. A peine a-t-il claqué la porte derrière lui qu'un soupir de désespoir de la part de la jeune brune vient briser le silence.

_Il est vraiment bizarre Tom depuis hier. (Georg)

____Tout le monde acquiesce silencieusement. Certains plus au courant que d'autres. May relève la tête et croise alors le regard du chanteur. Il la fixe, à la recherche d'une information, d'une réaction quelconque. Malgré la gêne que ce comportement lui procure, elle ne peut lui en vouloir. Son inquiétude pour son frère est tout a fait compréhensible.
____La Toulousaine s'apprête à baisser la tête, à fuir ce regard. Toutefois sa s½ur se lève et attire ainsi son attention.

_Tu vas où ? (May)

_Me balader. J'ai besoin de prendre l'air. (Karla)

_Tu vas pas te perdre, toute seule ? u.u (Georg)

_J't'accompagne s'tu veux. (Bill)


____Elle hausse les épaules pour faire comme si ça lui était égal. Toutefois la rougeur prise par ses joues la dévoile. May ne peut retenir un faible sourire à la vue de Bill&sa s½ur. Ils sont tellement fous l'un de l'autre que cette situation frôle de près la stupidité. Ils marchent tous les deux vers l'entrée, en silence. Il ouvre alors la porte et invite la jeune blonde a sortir. Celle-ci s'exécute et ils disparaissent tous les deux de l'autre coté de la cloison.

_Tu veux faire quoi, May ? (Gustav)

_J'sais pas trop... (May)

_ça te dit d'essayer la batterie ? (Gustav)

_Vraiment ? J'peux ? (May)

_Pas de problèmes. J'vais te montrer tout ça. (Gustav)

_Avec lui comme prof' t'es plutôt mal barré mais bon. (Georg)

_Toujours mieux qu'avec toi . (Gustav)

_ ==' (Georg)


____May étouffe un léger rire et se lève, suivant ainsi le batteur jusqu'à la grande porte noire. Elle pénètre alors dans le studio d'enregistrement et ne peut rester insensible à la pagaille y régnant. Hormis le bordel lié aux nombreux instruments, papiers en tout genre, plusieurs personnes traversent la pièce à pas rapides, enchainant les allers-retours, les bras remplis de paperasses. La jeune fille reconnaît David dans le fond de la pièce, assis sur une chaise, en pleine discussion avec une jeune assistante. Lorsqu'il aperçoit la française, il lève sa main dans sa direction pour la saluer. Toutefois aucun sourire amical ne s'affiche sur son visage, laissant place à un air inquiet et froid.

_David n'était pas vraiment d'accord lorsque Bill lui a dit que vous alliez venir ici. (Gustav)

_Oh... Pourquoi ? (May)


____Gustav lui ouvre une porte, l'invitant à entrer. Elle s'exécute et s'enfonce alors dans une pièce isolée occupée d'une multitude d'instruments dont une imposante batterie et quelques sièges. La demoiselle prend place sur l'un d'eux et le batteur l'imite.

_David est inquiet sur votre effet sur nous. Enfin... par exemple il sait que le comportement de Tom depuis hier n'est pas sans rapport avec toi... (Gustav)

____Il s'arrête et jette un coup d'½il à la brune qui ne bronche pas.

_Et puis, avec Bill ils n'arrêtent pas de se prendre la tête. Il se trouve que majoritairement, Karla en est la cause. J'ose même pas te raconter la discussion, hier, lorsque Bill a insisté pour avancer notre retour ici. Et ce matin on a bien cru que David allait recourir a la force pour l'empêcher de venir vous chercher à l'aéroport. Enfin, c'est vraiment très tendu & je crois qu'il a peur que les sentiments de Bill vis-à,-vis de ta s½ur entrainent de grosses complications au niveau de notre rythme de vie. En plus, comme ils sont têtus tous les deux, leurs disputes n'en finissent jamais... (Gustav)

____Il sourit, se remémorant sûrement une de ces fameuses querelles.

_Un petit cours de batterie ? (Gustav)

_Avec plaisir. (May)


____Elle s'installe sur le tabouret derrière l'instrument, à la demande du garçon, et prend les deux baguettes en main. Une joyeuse fin d'après-midi semble s'annoncer...

May&Karla

# Posté le mardi 03 juin 2008 12:59

Modifié le dimanche 30 novembre 2008 10:40