Chapitre 38 .

Chapitre 38 .
*

____May rit. Sourit. S'amuse, tout simplement. Elle oublie toutes ces petites choses qui font de sa vie un cauchemar, Gustav derrière elle, menant ses mains qui, elles, tiennent les baguettes. Déjà plus d'une heure et demie qu'ils se démènent sur la batterie, produisant un bruit infernal dans tout le studio. Heureusement qu'elle a le sens du rythme ! Parce que déjà que ce n'est pas bien brillant... Elle sourit à cette pensée tandis que, de l'autre côté de la cloison, David tape violemment contre le mur, leur incitant de faire moins de bruit. Les murs sont pourtant censés être insonorisés...
____Comme depuis plus d'une heure déjà, Gustav exerce une pression plus forte sur les mains de May, qui produit encore plus de bruit, répondant ainsi à la demande du manager. Celui-ci peste fortement, mais les deux autres n'en ont que faire, trop occupés à rire pour songer à l'écouter. May, les larmes aux yeux, la respiration saccadée à force de rigoler, repose les baguettes sur l'instrument, par gestes hésitants. Elle calme quelque peu sa crise, et se tourne vers Gustav, qui l'observe en souriant. Raté. Leur fou-rire incontrôlable repart de plus belle, et la brune tente de sortir quelques mots, à la limite de l'étouffement :

_Ahahah, maintenant... Ahahh, David va vraiment nous mettre ... XDD Ahahahahah, à ahahahahaha, la porte, Karla Ahahahahahah, & moi ! xDDDD (May)

____Le batteur explose de rire à nouveau, bien que la phrase n'ait absolument rien de drôle. En fait, elle est même plutôt alarmante. Mais qu'importe ? Ils rejettent leur stress, se laissent un peu aller. Les minutes passent. A chaque fois que l'un des deux se calment, l'autre l'induit à nouveau en crise de rire.
____Au bout d'un assez long moment, les deux adolescents se taisent, retrouvant peu à peu un rythme cardiaque normal. Tous deux allongés au sol, sur le parquet, entourés d'instruments de musique des plus luxueux, ils sourient, à présent fatigués. May n'aurait jamais pensé que Gustav pouvait être aussi sympa et délirant. A vrai dire, dans le groupe, il semble être le plus effacé. Mais finalement, il est tout aussi bête que Tom quand il s'y met. Son estomac se retourne à cette pensée, et elle soupire tout en étendant ses bras de parts et d'autres de son corps.

_=] Bon, y a encore du boulot, mais avec quelques nouvelles leçons, t'arrivera au niveau de Bill. (Gustav)

_C'est-à-dire ? (May)

_... Pas très brillant... (Gustav)


____Elle rigole doucement, trop épuisé pour songer à repartir dans un nouveau délire.

_J'espère bien dépasser le niveau de Bill ! (May)

____A ses côtés, elle perçoit le jeune homme sourire légèrement.

_Mmh, alors on va dire le niveau de Georg. Il se débrouille presque aussi bien que lorsqu'il essaye de chanter ! (Gustav)

_Oooh, xDDD, c'est méchant ! Il fait bien les ch½urs, dans les chansons, nan ? (May)

_Oui, parfois, mais on l'entend pas beaucoup. (Gustav)


____Un nouveau rire. Ainsi qu'un sourire ne quitte plus la jeune fille, heureuse de son après-midi. Elle est consciente que, lorsque viendra l'heure de retourner dans l'appartement, il faudra qu'elle affronte à nouveau la réalité. Tom. Sa mère, aussi. Elle sait bien que ce sentiment d'insouciance n'est que de courte durée. Mais il lui fait du bien. Balaie les n½uds présents dans son estomac. Efface ses pensées torturantes. Elle se laisse vivre, un peu. Jusqu'à affronter la réalité. La dure réalité.
____Elle s'apprête à se relever légèrement, de façon à se tourner vers Gustav. Elle veut le remercier pour cet après-midi, pour ce bon moment. Lui dire qu'elle est ravie d'avoir fait connaissance avec lui, et qu'elle le considère déjà comme un ami. Lui demander s'il peut être à présent l'un de ses soutiens principaux. Mais elle n'a pas le temps de faire le moindre geste, de tenter ouvrir la bouche, que la porte de la pièce s'ouvre à la volée, et qu'une voix s'élève dans la salle :

_Gus', t'es là ? Bill&Karla sont rentrés, on va pas tarder à mang... ( ???)

____Un silence. Un lourd silence. Trop épuisée pour bouger, May garde ses yeux fixés sur les chaussettes blanches de la personne face à elle, sur son large Baggy jean. Près d'elle, Gustav se redresse légèrement, restant assit au sol.

_Oui, on arrive. (Gustav)

____Et le silence reprend. Lui, s'avance. Vers elle. Lorsqu'il consent enfin à se stopper, ses jambes sont de chaque côté de la jeune fille, au niveau de sa taille. Lui debout, elle toujours couchée. Il baisse lentement son buste, son visage se trouvant ainsi tout près de celui de la brune. Ils se fixent. Longtemps. Sans ciller. Le visage de May reste impassible, celui du dreadeux face à elle bouillant de rage. Intérieurement, leurs c½urs battent tous deux à une vitesse folle.

_Tu as oublié de rattacher les quatre premiers boutons de ta chemise. (Tom)

____Ne pouvant entièrement cacher sa gêne face à ces paroles froides et détachées, elle détourne rapidement les yeux, les replantant ensuite aussitôt dans ceux du guitariste. Il affiche une moue dégoûtée – elle craint un instant qu'il ne lui crache dessus – et se redresse brusquement, se tournant sans un autre regard. Il claque la porte derrière lui ; Un profond soupir vient s'échapper des lèvres de la demoiselle. Plus pour elle-même qu'autre chose, elle murmure d'une voix plaintive :

_Chaud, j'avais chaud !.. (May)

____Gustav ne répond pas. Il se contente d'observer lentement une goutte rouler de l'½il droit de la jeune fille jusqu'au sol sur lequel elle est toujours étendue. Il est finalement temps d'affronter la réalité. Et le retour se fait plutôt dur...

________________________________________

____Dès que la porte a claqué derrière elle, la jeune fille se dirige rapidement vers l'ascenseur qui, pour son plus grand bonheur, l'attend justement a cet étage. Elle pénètre a l'intérieur, vite rejoint par le chanteur. Ses dents serrés sur sa lèvre inférieure, elle fuit son regard, ses yeux balayant l'espace sans jamais se relever au niveau de ceux du brun. L'appareil s'immobilise au rez de chaussée. Elle sort du batiment, lui toujours sur ses talons. Un rapide coup d'½il vers l'avenue se dressant devant elle l'incite a prendre vers la gauche conduisant sur une rue piétonne. Elle s'engage sur celle-ci d'un pas lent, ses yeux collé sur ses chaussures. Une main vient alors frôler la sienne. Elle frissonne. Son c½ur accélérant le rythme de ses battements. Elle inspire et expire profondément. Le moment est mal choisit pour se laisser aller. Une faible brise relève ses cheveux or, éclatant a la lumière du soleil. D'un geste habituel, elle les attache en queue de cheval grâce a l'élastique posté a son poignet. Son regard croise alors celui de Bill et Karla sent ses joues s'empourprer a la vue de son sourire. A cet instant, elle regrette vraiment de l'avoir autorisé a l'accompagner.

_Je te fais visiter la ville ? (Bill)

____Elle soupire. Elle se désespère. Elle sait qu'elle va accepter. Cette faiblesse face a lui l'agace. Pourtant, inconsciemment elle ne fait rien pour y remédier.

_Avec plaisir. (Karla)

____A peine a-t-elle prononcé ces mots que la main du chanteur vient se loger dans la sienne, enlaçant leurs doigts. Elle pique un fard mais lance tout de même un regard inquiet au garçon qui lui répond par un tendre sourire.

_Ne t'inquiète pas. Ici, nous ne risquons pas d'être pris en photos ou quoi que se soit. (Bill)

____Elle hoche la tête et ne bronche pas, restant tout de même sceptique. Après tout, il doit mieux le savoir qu'elle. Elle soupire intérieurement, levant les yeux au ciel. S'attardant un peu sur celui-ci, elle constate que le temps est a l'orage. Le tonnerre éclatera au plus tard dans la soirée. Cette nouvelle ne la réjouit pas et enclenche un autre soupir, cette fois visible aux yeux du chanteur.

_Tu as peur de l'orage . (Bill)

____Ce n'est pas une question. La demoiselle ne ressent donc pas la nécessité de répondre.

_T'inquiète pas, on sera rentré avant que ça se dégrade. (Bill)

____Etrangement, ses paroles la rassurent. Du moins un peu. Ou suffisamment pour qu'elle ne commence pas a avoir peur dès maintenant.
____Le temps passe. Main dans la main, les deux adolescents flânent dans les rues d'Hambourg. Ils traversent de nombreux parcs et s'arrête finalement dans l'un d'eux. Assis sur un banc, l'un contre l'autre, la demoiselle se sent bien. Elle pose sa tête sur l'épaule du brun et le laisse lui caresser tendrement les cheveux. Elle ferme les yeux, la bouche légèrement entrouverte. Elle pense a lui*. A eux*. Où ils en sont aujourd'hui ? Extérieurement, ils ont tout d'un couple. Et pourtant...

_A quoi tu penses ? (Bill)

____Elle ne peut retenir un faible sourire alors que le garçon se rapproche encore d'elle, son visage juste au-dessus du sien.

_Et toi ? (Karla)

_J'ai posé la question en premier. (Bill)


____Elle soupire et se redresse légèrement, ouvrant doucement ses paupières.

_A pleines d'choses. A comment cette situation va évoluer. J'ai peur de ce qui va se passer. Mon père ne me lâchera pas et sa va vous retomber dessus. C'est pour ça que ça me dérange autant d'être ici... Et puis j'me demande aussi pour... (Karla)

____Sa voix se perd dans un murmure inaudible. Elle se pince les lèvres et avale difficilement sa salive. Le regard du brun, pesant sur elle, se fait de plus en plus lourd.

_Pour ? (Bill)

_Pour nous, Bill. (Karla)


____Elle lève les yeux vers lui, leurs regards se perdent l'un dans l'autre. Il sourit passionément et passe sa main sur la joue de la demoiselle. Il rapproche toujours plus leurs visages. Elle ferme les yeux, alors que leurs lèvres ne sont plus qu'à quelques centimètres. Elle sent son souffle chaud sur sa peau. Elle sent sa bouche s'étirer en un nouveau sourire. Elle sent sa main descendre le long de son bras pour se loger finalement sur sa hanche gauche. Elle sent ses lèvres capturer les siennes en un baiser passionné. Elle se sent bien.
____Karla enroule ainsi ses bras autour de la nuque du chanteur, le serrant toujours plus contre elle. Aucun d'eux ne veut que cet instant se termine. Ils veulent rester dans leur monde a eux deux, loin de tout le reste. Pourtant, la jeune française se détache de Bill. Légèrement. Le gardant toujours aussi près d'elle que possible.

_Tu m'as pas dit a quoi tu pensais tout a l'heure ? (Karla)

_J'me disais juste que même si on prend des risques en vous gardant avec nous, le jeu en vaut la chandelle. (Bill)

_Qu'est-ce que je dois comprendre ? (Karla)

_Que je suis prêt a tout Karla, pour t'avoir a moi, et pour que tu sois heureuse. (Bill)

_Ne serais-tu pas un peu egoiste ? ^^ (Karla)

_Peut-être. J'avoue que j'te veux pour moi tout seul. (Bill)


____Il replace une mèche de cheveux derrière l'oreille de sa dulcinée. Son sourire semble incruster dans son visage, relevant légèrement ses pommettes. Rapprochant lentement son visage du sien, il l'embrasse de nouveau d'abord tendrement puis plus fougueusement. Sa main appui fermement sa tête, resserrant la pression sur ses lèvres. Lorsqu'il quitte finalement sa bouche, le brun plonge son regard dans celui de la jeune fille dont les joues sont maintenant rouge écarlate. Son c½ur battant la chamade.

_Je t'aime Karla. (Bill)

____Inspirant profondément et se laissant guider par ce sentiment et cette vague de bonheur l'envahissant, la blonde répond alors d'une faible voix.

_Moi aussi Bill. (Karla)

____Ils s'embrassent de nouveau. Celui-ci ne cachant pas sa joie a l'entente de ces simples mots. Un baiser humide. De larmes de bonheur mais aussi des premières gouttes de pluie indiquant leur futur retour a l'appartement. Un grondement de tonnerre, engendrant un sursaut chez la demoiselle, finit alors a les convaincre de prendre la route en sens inverse. Main dans la main, ils courent alors tout deux dans les rues de Hambourg. Trempés, mais rayonnants...

May&Karla

# Posté le mercredi 04 juin 2008 13:50

Modifié le dimanche 30 novembre 2008 10:40

Chapitre 39 .

Chapitre 39 .
*

____Finalement arrivé dans l'immense hall de l'immeuble, le jeune couple reste un instant sur place à reprendre son souffle. Le vent s'abat sur les fenêtres, produisant un vacarme effrayant qui résonne dans toute la pièce. Epuisée par leur course, la jeune fille se laisse tomber en avant. Elle vient se caler dans les bras du garçon qui resserre son étreinte autour d'elle. Il l'embrasse alors tendrement sur le front et la contemple en souriant. Son doigt vient se loger sous son menton, obligeant ainsi Karla à le regarder. Elle se perd un instant dans ses yeux ébènes, puis un claquement de porte l'oblige à revenir sur terre. Un grondement de tonnerre vient lui soutirer un cri aigu, déclenchant un rire chez le chanteur qui en profite pour la serrer toujours plus contre lui.
____Quelques minutes plus tard, le 3ème étage s'ouvre devant eux, en même temps que la porte de l'ascenseur qu'ils quittent donc. Main dans la main ils gagnent l'entrée de l'appartement devant laquelle ils s'immobilisent un instant. La jeune fille retire ses doigts de ceux du chanteur, qui la questionne du regard. Elle soupire, ne souhaitant pas se justifier. Elle se détourne donc de ce visage angélique qui la contemple toujours, inlassablement, et appuie sur la sonnette. Quelques secondes passent. Bill s'apprête à parler, lorsque la porte s'ouvre enfin sur un jeune homme au visage fatigué et meurtri par une souffrance intérieure. Karla se mord la lèvre, honteuse du comportement de sa moitié envers Tom. Elle le contourne rapidement, rabattant ses longs cheveux sur son visage, afin de le cacher aux regards extérieurs. Elle pénètre dans le salon, où Georg est déjà assis, une série de sandwiches de différentes saveurs étendus devant lui, sur la table basse.

_J'vais dire à Gustav qu'on mange. (Tom)

____Il s'éloigne discrètement, passant la grosse porte noire menant au studio. En un soupir, la blonde se dirige alors vers le canapé, où elle s'installe aux cotés de Georg. Bill l'imite, cherchant à soutenir son regard. Elle fixe donc le sol, et ne peut cacher l'air soulagé prenant place sur son visage lorsque Georg relance la conversation.
____Plusieurs minutes s'écoulent ainsi, puis Tom refait son apparition dans la pièce. Il traverse celle-ci d'une démarche rapide et, sans un regard pour les autres adolescents, part directement s'enfermer dans sa chambre. La porte claque derrière lui alors que celle du studio s'ouvre à nouveau, sur une jeune fille brune, bouillonnant de fureur. Le batteur la suit, apparemment gêné par la situation. Au moment où ces-derniers s'apprêtent à s'asseoir sur les nombreux sièges entourant la table basse, le chanteur se lève, déclarant qu'il va parler à son frère. Quelques secondes plus tard, Karla relève donc les yeux vers sa jumelle.

_Quoi ? (May)

_Rien. (Karla)

_Ouais, c'est ça, tais-toi ! (May)


____Un lourd silence envahit la pièce, bientôt interrompu par un soupir de la Toulousaine.

_Excuse-moi. (May)

____La blonde hoche la tête et s'apprête à rétorquer, lorsqu'un nouveau bruit de porte se fait entendre. L'une s'ouvre effectivement sur les deux frères, qui viennent alors se joindre au groupe, en silence. Ils gagnent chacun une place et s'installent confortablement. Aucun son. Sauf un raclement de gorge.

_On mange? (Georg)

_J'ai pas très faim. (Tom&May)


____Ils se fusillent du regard, puis chacun se précipite alors sur un sandwiche qu'il tire d'un geste violent vers lui. Les autres adolescents les dévisagent, perplexes. Bill soupire, rapidement imité par la jeune blonde. Tout le monde se sert finalement à manger, hormis Karla, dont l'appétit n'est pas au rendez-vous. Les jeunes mangent tranquillement dans le silence pesant de cette atmosphère tendue. Les minutes passent, et les garçons lancent enfin la discussion sur le programme du lendemain, au grand soulagement des jeunes françaises. La Paloise profite d'ailleurs de ce moment pour s'éclipser discrètement jusqu'à la chambre qu'elle occupe dorénavant. Fuyant ainsi les regards étincelants que se lancent sa s½ur et le guitariste. Cette tension est difficile à supporter, car elle ressent à tout moment la souffrance de sa jumelle sans avoir vraiment le droit d'intervenir.
____Karla s'assoit sur le lit. Elle passe ses mains sur son visage en soupirant. Ses cheveux volent vers l'arrière, certaines mèches lui chatouillant la figure. Alors que son regard se perd quelque part sur le sol, elle entend le grincement de la porte. Elle ne bouge pas, ne doutant pas un instant de l'identité du nouveau venu. Celui-ci s'assoit à ses cotés, après avoir délicatement refermé la porte. Il serre sa main dans la sienne et cale l'autre derrière la nuque de la demoiselle. Il la tire ainsi vers lui d'un mouvement rapide mais agile et l'embrasse passionnément. Elle se laisse faire, profitant de ces caresses sur ses lèvres, sur sa peau. Frissonnant, elle se détache de lui et plonge ses yeux dans les siens.

_Ça va ? (Bill)

____Il fait glisser son doigt sur ses lèvres, et elle baisse un instant les yeux en reprenant sa respiration, avant de le regarder de nouveau.

_Oui. Je suis juste... inquiète pour May... (Karla)

_Je comprends. Tu sais, Tom... (Bill)

_Va mal aussi. Je sais. (Karla)


____Il soupire et s'écarte légèrement de la demoiselle.

_Ta s½ur ne sait vraiment pas ce qu'elle veut. Je suis désolée de te dire ça, mais elle est en tort. (Bill)

_ Quoi ? Mais non, May... (Karla)

_... a poussé mon frère dans son lit, lui a dit que son attirance n'était que physique et revient ici pleine de sentiments pour lui alors qu'elle lui a brisé le c½ur ? (Bill)

_ U.U C'est vrai que le comportement de ton frère est irréprochable ! C'est d'ailleurs pour ça que tout va bien au moment même où nous parlons. (Karla)

_ Tom a été profondément blessé. Au niveau de ses sentiments, de sa fierté et il est totalement perdu. Il n'avait jamais ressentit auparavant. Ta s½ur est la première fille qu'il n'a pas cherché à mettre tout de suite dans son lit, parce qu'elle représentait autre chose pour lui ! (Bill)

_Quoi ? Une semaine-night !? Il refait sa réputation ? (Karla)

_ U____U (Bill)

_C'est facile de dire ça, mais si M. Tom savait s'y prendre, il ne se serait pas laissé avoir ! Il aurait refusé les avances de May, et là, il aurait pu prouver qu'il avait des sentiments sincères pour elle ! (Karla)

_Pour toi aussi, c'est facile à dire ! La fille qui te plaît vient s'offrir à toi ! N'importe qui n'y résisterait pas >_< !(Bill)

_Epargne-moi ce genre de réflexions, Bill ! (Karla)

_J'vois pas comment tu peux prendre sa défense alors qu'elle est entièrement en tort ! Elle a détruit mon frère ! Tu imagines ? Déjà qu'il avait peur de tomber amoureux ! Maintenant, il a une bien piètre opinion des sentiments ! (Bill)

_A t'entendre, ma s½ur se porte à merveille ! (Karla)

_On va pas se disputer pour ça ? (Bill)

_Et pourquoi pas ? (Karla)


____Elle croise les bras sous sa poitrine et lance au chanteur une moue boudeuse. Il soupire, l'enlace, et la tire tendrement contre lui. Un baiser sur le coin de sa bouche la fait frémir. Il approche son visage de son oreille et lui murmure alors d'une voix envoûtante :

_Tu dors avec moi, ce soir ? (Bill)

____Elle soupire et se tourne finalement vers lui. Il la supplie du regard et elle ne peut s'empêcher de sourire. Elle lève ensuite les yeux au plafond, il a encore gagné...

________________________________________

____Peu après l'évasion de sa s½ur, May pose son sandwiche légèrement entamé et se lève.

_Tu vas où ? (Gustav)

_Faire un tour. (May)

_En plus, c'est l'heure de sortie des " femmes faciles ". (Tom)


____Le batteur lance un regard mauvais à son compagnon, et se retourne vers la jeune brune dont les joues brûlent de colère. Son c½ur bat a tout rompre dans sa poitrine mais elle serre les lèvres, retenant des milliers d'insultes qui ne demandent qu'a sortir.

_Tu veux que je t'accompagne ? (Gustav)

_Faites ce que vous voulez, mais moi je vais me coucher. Faites juste pas trop de bruit cette nuit, je voudrais pas être réveillé par des sons suspects. (Tom)


____Elle serre ses paupières. Elle s'apprête à éclater. A craquer. A lui lancer toutes les horreurs qui lui viennent à l'esprit, mais elle se retient, ne voulant pas lui donner ce plaisir. Cette satisfaction. Il n'attend que ça. Son sourire narquois la rend folle. Il appuit son regard et elle ne détourne pas le sien. Il ne gagnera pas. Pas cette fois. Elle se tourne de nouveau vers Gustav et lui déclare d'un ton amical qu'elle préfère être seule.
____Celui-ci sourit alors d'un air compréhensif et elle se tourne vers la porte d'entrée, sortant le plus rapidement possible de l'appartement. Les larmes lui rongent les yeux et, a peine est-elle dans l'ascenseur, qu'elle éclate en sanglots. Perdant l'équilibre, elle se rattrape aux parois de l'appareil. Celui-ci s'immobilise, arrivé a destination, mais elle n'en sort pas. Assise par terre, elle ne bouge pas. Se vidant de ses larmes. De son énergie. Si elle pouvait aussi se vider de ses sentiments...
____Elle passe plus d'une heure, dans l'ascenseur, à réfléchir. Elle sait ce qu'elle devrait faire mais aussi ce qu'elle ne veut surtout pas effectuer. Malheureusement, ces deux causes sont identiques. Se relevant d'un mouvement rapide, elle appuie à plusieurs reprises sur le bouton 3. Elle sait ce qu'elle veut. Elle veut qu'il souffre. Lui, il veut jouer ? Elle va jouer. Elle n'abandonnera pas la partie. Elle sait que ce jeu sera destructeur pour eux-deux, mais elle ne peut pas le laisser gagner. Pas aussi facilement.
____Ainsi, arrivée à l'étage, elle pénètre rapidement dans le grand appartement, plongé dans l'obscurité et le silence. Elle prend instinctivement la direction de la chambre du guitariste. Mais ne prend pas la peine de frapper, entrant directement dans la pièce. Grâce à la lumière derrière elle, elle aperçoit la silhouette du jeune homme se redresser dans le grand lit.

_ Oo May ? (Tom)

____Elle sourit et referme la porte derrière elle. Elle marche lentement jusqu'au grand lit, dans le noir le plus complet. Une lumière l'éblouit alors. Elle relève les yeux vers Tom, la main sur l'interrupteur de sa lampe de chevet. Il la dévisage. Une expression entre la peur, l'inquiétude et la colère. Elle lui lance un sourire malicieux et s'agenouille sur le lit. Elle se hisse ensuite jusqu'au garçon tout en se mordant la lèvre inférieure.

_May, qu'est-c'que tu fous ?! (Tom)

____En guise de réponse, elle étouffe un léger rire, se positionnant de parts et d'autres du bassin du blond. Elle perçoit une lueur étincelante passer dans son regard, et ne peut que s'en féliciter intérieurement. A présent, elle peut nettement sentir son c½ur battre. Là, sur lui, leurs deux visages à quelques centimètres l'un de l'autre, ils se dévorent des yeux, à s'en faire mal. Elle sait qu'il cherche. A comprendre. Mais, comme cet autre soir, elle ne lui en laissera pas l'opportunité. Laissant apparaître un sourire vif sur son visage, la jeune fille colle doucement son front au sien, leurs deux corps se touchant à présent abondamment. La respiration du garçon se fait plus rapide, et c'est à son tour de se mordre la lèvre, bien que ce soit pour d'autres raisons. Tentant tout de même de garder un certain contrôle sur la situation, il murmure :

_Gustav ne t'a pas suffit ? Il t'a pas fait crier assez fort ? (Tom)

_Tu nous as entendus ? (May)

_Non. (Tom)

_Il me semble que t'as donc ta réponse. (May)


____Elle se relève imperceptiblement, pour mieux s'installer sur le garçon, lui arrachant un soupir incontrôlé. Ils continuent de se défier du regard, et elle sent immédiatement qu'elle va perdre le contrôle, perdre à son propre jeu. Pourtant, cette fois, les yeux du dreadeux n'ont rien de dur. Ils brillent lourdement, faisant ressortir ses joues rouges, accompagnant son rythme cardiaque en accord avec le sien.

_Tu joues avec moi. (Tom)

____Le c½ur de la brune se serre brusquement, mais elle n'en laisse rien paraître. Souriant à nouveau, elle vole un léger baiser au jeune homme, et souffle doucement à son oreille :

_Oui. (May)

____Cette fois, son regard se fait plus fort, et il appuie violemment sur la nuque de May, l'obligeant à coller ses lèvres aux siennes. Il mord rudement sa lèvre inférieure, ôtant un gémissement plaintif de la bouche de la demoiselle. Un âpre goût de sang se répand dans leurs gorges.

_Et ça t'amuse ? (Tom)

____La main droite du garçon est toujours placée sur la nuque de la brune, empoignant quelques mèches de ses cheveux au passage. La gauche, elle, appuie fortement sur le bas de son dos, lui bloquant toute issue. Elle, respire fortement, la lèvre en sang. Ses yeux sont voilés par une étrange barrière humide, tous ses sens éveillés pour l'empêcher de tomber. Elle ne perdra pas, pas cette fois. Et lui, il perd patience. Maintenant toujours plus fermement sa prise sur le cou de May, il quitte enfin ses appuis, installant ses mains de chaque côté de son visage, l'obligeant à le regarder.

_J'ai dit : EST-CE QUE ÇA T'AMUSES !? (Tom)

____La haine présente dans les yeux du guitariste provoque en elle une peur monstre. Mais elle lutte, pour ne rien laisser transparaître, pour ne pas se laisser vaincre. Elle veut, elle doit se montrer forte. Qu'il comprenne, qu'il ressente ne serait-ce qu'un peu de cette souffrance qui lui ronge le c½ur. Et qu'il meure, qu'il crève de l'intérieur. Qu'il se montre un peu à découvert, qu'il laisse couler ses sentiments. Comme sa lèvre laisse couler son sang, comme le ciel laisse en cet instant couler ses larmes. Plus ces pensées défilent dans sa tête, plus son c½ur s'éteint lentement. Elle sait très bien ce qui est en train de se produire. Et ils se détruisent mutuellement. Longuement. Infiniment. Usant des dernières forces qui lui restent, son c½ur lui hurle d'abandonner, de se laisser tomber dans ses bras, et de pleurer, de pleurer, jusqu'à ce que ses larmes effacent ses fautes, jusqu'à ce que l'aube recouvre ces derniers jours. Mais elle ne veut pas écouter son c½ur. Elle ne veut plus. Il n'a qu'à définitivement la lâcher, la délaisser, de toute façon, rien ne changerait. Elle est déjà morte de l'intérieur, seule sa tête dicte ses gestes. Et elle lutte. Encore. Elle refoule ses larmes. Elle ravale son sang. Elle se fait du mal, leur fait du mal. Avec toujours cette impression de maîtrise, qui n'est qu'illusion et elle le sait. Elle n'est plus maîtresse de rien. Autrement, elle ne sentirait pas cette douleur. Et comme toujours, tout n'est qu'égarement, tout n'est qu'apparence. Elle joue là-dessus. Elle n'a rien d'autre. Elle laisse échapper un murmure. Qui engendre une nouvelle vague de colère chez Tom. Il lui crie de répéter. Et elle s'exécute.

_OUI, ÇA M'AMUSE, J'AI DIT ! (May)

____Cette fois, elle ne peut plus reculer, elle le sait. Ses ongles sont enfoncés dans les bras du jeune homme, qu'elle écartent de son visage. Elle pense devoir user de beaucoup de force, mais il ne lutte plus. Elle le pousse violemment contre la tête de lit, sur laquelle son dos était appuyé. Il tombe, allongé sur le matelas. Elle, toujours sur lui. Ses ongles, toujours encrés dans sa peau. Si la respiration de la jeune fille reste saccadée, lui semble ne plus connaître le sens du verbe respirer. Il la regarde, mais elle ne sait pas s'il la voit. La douleur n'a pas l'air de parcourir son corps, il est immobile, inerte, inexpressif, froid.

_Tom... (May)

_Sors. (Tom)


____C'est sans appel, inespéré. Il est vide, de tout, de toute expression, de tout sentiment. Ou alors, elle a réussit. Et il meurt. Il crève intérieurement. Elle ne peut plus reculer, pas maintenant. Elle a gagné ? Ou perdu. Tout dépend de si on accorde de l'importance au jugement de sa tête, ou au reste de son c½ur. Et elle se lève. Sans un autre regard. Elle quitte la pièce. Se renferme sur l'obscurité. Elle se laisse aller. Le sang s'est arrêté, les larmes finissent par tomber. Elle a gagné. Mais perdu. Mais perdu....

Karla&May

- - - - - - - - - - - - - - - - - -

Bonjour tout le monde!
Comme vous pouvez le constater, Karla s'est défoncée pour poster 4 chapitres, à cause de notre long retard.
En effet avec les cours & tout, on a plus tant eu le temps de se pencher sur cette fiction, ni rien.
Toujours est-il qu'on a bien l'intention de s'y remettre!
On espère un postage d'un chapitre par week-end?
On tente ça.
Si vous n'êtes pas prévenus, venez quand même voir sait-on jamais.
On est consciente d'avoir perdu pas mal de lecteurs, mais très contentes aussi de ceux qui restent.
Ca fait tellement plaisir =) !
Ah, on avait aussi reçu un commentaire il y a un moment de je sais plus qui qui disait que May & Karla faisaient que pleurer blabla!
Ben désolées, mais May & Karla vont encore verser quelques larmes dans cette fiction qui est loin de toucher à sa fin XD !
La vrai vie n'est pas toute rose, & nous tentons d'attribuer aux jumelles les sensations que nous même éprouverions dans de telles situations.
Il y a donc des fois où elles sont heureuses, &forcément pas mal où ça ne va pas.
VOILA !
Merci des commentaires.
A très vite =).

May.

# Posté le lundi 09 juin 2008 12:48

Modifié le vendredi 05 décembre 2008 10:33

Chapitre 40 .

*

____Son corps ne répond plus, inerte, elle se laisse tomber légèrement plus loin dans le couloir. Vide, il parait infini. Comme elle. Vide. Incapable de réfléchir, de penser. Même de respirer. Son c½ur semble s'être arrêté. Elle ne cherche pas à savoir. A quoi bon ? Rien n'a plus d'importance. Elle a joué, elle a perdu. Game Over. Sauf qu'elle, elle ne peut plus recommencer. Essayer de nouveau. Elle a essayé. Tout en sachant qu'il n'y aurait pas de vainqueurs. Juste deux c½urs brisés. Le visage haineux du guitariste ne lui revient que trop bien en mémoire.
____Ses yeux se brouillent de nouveau, se voilent. Elle sombre lentement. Loin. Loin de ce cauchemar qu'elle ne maîtrise pas. Elle veut revenir dans la réalité, émerger de cette souffrance. Elle voudrait crier. Pour elle, pour lui*. Hurler sa douleur. Qu'il sache. Qu'il comprenne.

_MAY !! (...)

____La brune entend son nom dans le lointain. Elle reste immobile et ne réagit que lorsque sa s½ur claque violemment sa main contre sa joue humide. Là, elle regarde sa moitié et les larmes redoublent de nouveau.

_Ka...Karla... (May)

____D'un geste affectif, celle-ci, maintenant accroupie à ses cotés, la prend dans ses bras.

_Je suis là May... ça va aller... (Karla)

_Je vais t'aider à l'amener dans la chambre. (...)


____May relève la tête et aperçoit la silhouette du chanteur qui se rapproche. Celui-ci la soulève alors sans difficultés, passant un bras sous ses jambes, et l'autre sous sa nuque. Elle ferme les yeux et ne les rouvre qu'une fois allongée sur le lit. Elle observe sa s½ur & Bill parler doucement face à la porte. Elle ne peut percevoir leurs paroles, toutefois un sourire vient s'inscrire sur son visage lorsqu'elle voit le brun embrasser tendrement Karla, avant de quitter la pièce. Celle-ci vient alors s'asseoir sur le grand lit, aux cotés de la brune.
____May remarque ainsi que sa s½ur porte un tee-shirt noir masculin, bien trop grand pour sa fine taille. Elles se questionnent du regard, chacune cherchant à tirer une explication de l'autre. Dans ce silence, les dernières larmes de la brune disparaissent dans son cou. Sa respiration reprend un rythme régulier mais son c½ur reste serré, comme s'il retenait une vague de sentiments.

_Comment tu as su..? (May)

_J'ai senti que ça n'allait pas. (Karla)


____La Toulousaine sourit faiblement à sa jumelle. Elle s'en veut d'être incapable de la remercier, mais elle lit dans ses yeux qu'elle n'attend rien.

_J'suis désolée... J'imagine que... tu avais d'autres plans ce soir... (May)

____Elle montre le tee-shirt du chanteur d'un signe de tête et les joues de sa moitié deviennent alors rouge écarlate. Tortillant le bas du vêtement, elle tente de cacher sa gêne, dénoncée par la couleur de son visage.

_Tu veux pas en parler ? (May)

_Il y a rien à dire. Il s'est rien passé. On allait juste dormir. (Karla)

_D'accord. (May)


____Nouveau silence. Insupportable pour May qui sent le regard de sa jumelle peser sur elle. Ses paupières débordent de nouveau alors qu'elle pense. Repense. Qu'elle se souvient de ce qui s'est passé. De ce qu'elle a fait. Elle ne peut pas en vouloir à Tom. C'est elle qui est allée le chercher. Qui l'a provoqué. Dès le début, c'est elle qui a tout gâché...

_Vous avez tous deux une part de responsabilité May. (Karla)

____Elle regarde sa s½ur à travers un voile de larmes. Comment peut-elle être de son côté malgré son comportement si odieux ? Elle a une rapide pensée pour Tom mais la chasse immédiatement. Elle serre le drap de ses mains moites, son corps tendu, raide, sur le point de tomber. D'abandonner.

_Tu devrais te reposer. (Karla)

____L'intonation calme de ces paroles la détend légèrement. Elle se rallonge donc complètement sur le lit, s'engouffrant dans les couvertures. Ses paupières se ferment toutes seules, épuisées, tout comme son esprit qui ne demande qu'à se fermer, tandis qu'une sensation de lourdeur s'empare d'elle. Ça ne dure pas longtemps. La partie se termine réellement quelques minutes plus tard, lorsqu'elle s'endort enfin...

________________________________________

____Karla s'éveille doucement ce matin-là. D'un sommeil agité, qui n'a fait que l'affaiblir un peu plus. Discrètement, elle quitte le lit double dans lequel repose encore sa s½ur. Envoyant valser ses cheveux au rythme de ses pas, la blonde sort de la chambre et s'engouffre dans le couloir encore vide de toute vie. Elle ne s'étonne pas vraiment de cette atmosphère, s'imaginant encore les garçons dormant paisiblement. Gagnant la salle de bain, la demoiselle entreprend d'effectuer sa toilette matinale. Elle prend bien une heure à se préparer, chacun de ses gestes lui paraissant pesants. L'état de léthargie dans lequel elle se trouve ralentit le moindre de ses mouvements. Elle soupire, épuisée et faible. Face au miroir, elle examine son visage, ses cernes toujours plus profondes et noires. Une grimace de dégoût vient prendre place sur sa figure, et elle quitte donc la salle d'eau.
____Une serviette autour d'elle, elle s'apprête à entrer de nouveau dans sa chambre lorsque la peur de réveiller sa jumelle la traverse. Elle n'hésite qu'un instant. Puis, pivote sur elle-même, se retrouvant face à la porte du chanteur. Les lèvres serrées, elle vient appuyer sa main sur la poignée qu'elle abaisse lentement. La porte s'ouvre, émettant un faible grincement. Karla entre et la referme derrière elle toujours aussi délicatement. Elle fait deux pas puis s'arrête. Quelques gouttes tombent de ses cheveux humides pour couler ensuite le long de son dos. Malgré l'obscurité, elle aperçoit la silhouette du garçon, toujours profondément endormit. La jeune fille se laisse guider par sa respiration régulière et vient s'asseoir près de lui. Elle le contemple en souriant et une envie irrésistible de le toucher la prend. Du bout des doigts, elle caresse tendrement son visage, parcourant chacun de ses traits angéliques. Il frissonne et la demoiselle retient alors sa respiration, de peu de l'avoir réveillé. Mais rien. Il reste plongé dans son sommeil au grand soulagement de la blonde qui s'allonge alors à ses cotés.
____Elle s'engouffre dans les draps, serrant sa serviette de bain contre elle de peur qu'elle ne s'échappe. Timidement, elle se rapproche du garçon, toujours hésitante. Une main vient alors se poser dans son dos et, d'un mouvement doux mais ferme, le chanteur vient la blottir contre son torse dénudé. Son c½ur manque un battement alors qu'elle peut nettement sentir son regard peser sur elle. Contre sa volonté, ses joues s'empourprent. Elle n'ose même pas relever la tête pour affronter son regard.

_Ça, c'est un réveil agréable. (Bill)

____Elle ne répond rien mais plonge finalement ses yeux dans les siens. L'index du garçon vient glisser tendrement sur ses lèvres puis dans le creux de son cou sur lequel il exerce une légère pression afin de la rapprocher encore plus de lui. Son souffle sur sa peau la fait frissonner, alors que leurs visages se touchent enfin. Leurs lèvres s'effleurent, se cherchent mais ne se rencontrent pas. Elle sent bien qu'il la provoque et elle ne compte pas le laisser gagner. S'emparant fermement de ses poignets, la jeune française fait basculer le garçon sur le côté, se positionnant ainsi à califourchon sur lui. Elle est obligée de le lâcher pour rattraper de justesse sa serviette, constituant toujours son seul habillement. Il rigole doucement, affichant toujours ce sourire désireux qui met tant mal à l'aise notre belle Karla. Si elle voulait lui faire de l'effet, elle a réussi.
____Se penchant en avant, elle colle son front au sien. Les mains du garçon viennent aussitôt se loger sur ses hanches, relevant légèrement la serviette. Il semble toutefois hésitant. Incertain de ce qu'elle désire réellement. Son regard interrogateur se perd dans le sien et, en ultime personne, elle l'embrasse fougueusement. La serviette ne tarde pas à voler à l'autre bout de la chambre alors que, dans l'obscurité de la pièce, Karla se livre enfin totalement à celui qu'elle aime.

Karla

*

# Posté le jeudi 26 juin 2008 04:34

Modifié le vendredi 30 janvier 2009 13:37

Chapitre 41 .

*

____Les deux amants, enlacés l'un contre l'autre, se lèvent finalement aux alentours de treize heures, après s'être accordé un petit somme suite à leur épuisante activité. Karla soupire, prenant compte du fait qu'elle serait mieux suite à une nouvelle douche, et le brun rigole un instant avant de la prendre par la main. Lui, recouvert de son sous-vêtement, elle de sa serviette, ils se dirigent à pas lents vers la salle de bain qui, Oh ! Chance ! est inoccupée. Un silence prend place, les deux jeunes gens se fixant intensément. Puis, brusquement, le chanteur retire une nouvelle fois la serviette de la blonde, la poussant dans la cabine de douche. Elle rit, et allume le jet d'eau, tandis que son beau Bill daigne enfin la rejoindre. Leur toilette dure une bonne demie-heure, finissant à l'eau froide étant donné le nombre de douches ayant déjà été prises depuis ce matin, et ils sortent enfin, le sourire aux lèvres et embaumant la pièce d'un doux parfum chocolaté. Posant rapidement ses lèvres sur celles du brun, Karla lui signale qu'elle va s'habiller, sortant encore avec sa chère serviette. Bill lui répond tout juste, un sourire béat collé aux lèvres. Le même sourire qu'elle-même arbore depuis quelques jours. Accompagnant les bonds dans son estomac et la douce chaleur dans son c½ur. Elle parvient jusqu'à sa chambre sans encombre, et enfile rapidement un slim jean, prenant compte du temps moins radieux qu'en France régnant sur Hambourg. Un tee-shirt blanc, des sandales, et quelques bijoux, elle est prête. En mode : « Tiens, je sens qu'aujourd'hui je reste à la maison ! ». Elle laisse ses cheveux sécher à nouveau à l'air libre, tandis qu'ils gouttent sur ses épaules, son dos et sa poitrine. C'est lorsqu'elle vérifie une dernière fois son apparence dans la glace, terminant de se maquiller légèrement, que trois petits coups sont frappés à sa porte, l'obligeant à ouvrir la bouche.

_Oui ? (Karla)

____La poignée s'abaisse, la porte s'ouvre. Sa s½ur pénètre lentement dans la chambre, le visage dénué de toute expression.

_Salut. (May)

_Bonjour, May. T'as bien dormi ? (Karla)

_...(May)

_Ah. Moi, ça va. (Karla)

_Désolée, mais rien que le fait d'ouvrir la bouche me fait profondément chier, alors évite les commentaires du genre. (May)


____Un silence. Les yeux de la brune sont plus noirs que jamais, tout son corps se tenant raide. Sa voix est froide, dure. Mais Karla ne s'inclinera pas. Elle n'est pas en tort, May n'a rien à lui reprocher. Ainsi, elle soutient son regard, sa bouche pendant légèrement vers le bas. Quelques minutes passent avant que la plus jeune des deux daigne enfin baisser le regard, poussant un profond soupir.

_Excuse-moi. (May)

_On s'en fout. Tu venais me dire quelque chose de particulier ? (Karla)

_On bouffe. (May)

_Ah. J'arrive. (Karla)


____Aucune réponse ne lui parvient, mis à part la poignée qui s'abaisse encore, et la porte qui se referme. Elle soupire longuement. Et le baume au c½ur qu'elle éprouvait se voile un petit peu. Beaucoup. Chassant toutes ces pensées, elle traverse la chambre à grands pas, et passe le couloir pour atterrir dans la pièce principale. Tous sont déjà attablés, et elle ne tarde pas à les rejoindre, s'installant entre Bill & May. Le chanteur lui adresse un sourire, qu'elle lui rend. Sa jumelle les observe d'un air dégoûté, et les deux protagonistes grimacent aussitôt.

_Où est Tom ? (Georg)

_Il arrive. (Bill)


____Le silence reprend instantanément. Et puis, immédiatement, le guitariste pointe le bout de son nez, les yeux fixés sur le sol. Il s'assoit à un bout de la table, à une distance d'ailleurs plus que distante de May. Les regards s'échangent, mais personne ne dit rien. Sans un mot, Tom avale goulûment quelques gorgées d'eau, avant de se servir une quantité de pâtes raisonnable. Georg toussote alors d'un air gêné, et relance la conversation :

_Alors, quoi de prévu cet après-midi !? (Georg)

_Et bien, pas grand chose. Ça sent la journée « on se réunit tous quelque part et on parle en bouffant des chips & des bonbons ». (Gustav)

_Ah, c'est pas plus mal =D ! (Georg)

_Il faut pas que tu appelles ta mère, May ? (Gustav)


____Tous les regards se tournent vers la brune, qui semble avaler de travers le peu d'eau qu'elle avait osé tenter d'ingurgiter. Ses yeux restent fixés sur Gustav, lui adressant un sourire amical, mais Karla voit nettement qu'elle met toute sa « bonne » volonté en ½uvre pour ne pas tenir compte du regard d'une toute autre personne, qui la foudroie sur place. Lui fait regretter d'être là, assise à la même table que Lui. D'oser exister.

_Euh, si, si. Je le ferai après manger. (May)

_Pas de problèmes. (Georg)

_Je resterai avec toi. (Karla)

_Mh. (May)


____Le reste du repas continue dans la même ambiance. Georg tente de relever les sujets de conversation, mais finit toujours par se rendre compte qu'il dialogue seul avec Gustav. Karla n'a de cesse de lancer quelques regards suppliants à Bill, qui les lui rend. Autant l'un que l'autre ressent les peines de son double. Et ne sait comment y faire face. Puis, enfin, le bassiste se lève, empilant les assiettes et signalant la fin du repas. Les autres imitent, rangeant le tout dans le lave vaisselle, et les deux s½urs partent s'isoler dans leur chambre, le moral au plus bas. Là, elles s'assoient toutes deux sur le lit, et observent le téléphone posé à leurs côtés, hésitantes. Enfin, après plusieurs longues minutes, May agrippe l'objet en soupirant, et compose le numéro de chez elle, n'oubliant pas le code nécessaire aux appels France-Allemagne avant les chiffres clés. Elle enclenche le haut-parleur, mais garde tout de même le combiné collé à son oreille. Une sonnerie. Puis deux. Trois. A chaque « biiiip » qui se déclare, leurs deux c½urs tombent à l'unisson et toujours plus bas dans leurs poitrines. Enfin, à la cinquième sonnerie, la voix de Christian se fait entendre. May & Karla échangent toutes deux un regard apeuré, tentant de se donner du courage. Et puis, anxieusement, la brune s'annonce :

_Oui, bonjour, c'est May, je... (May)

_May !? C'est May !? Tu te fous de moi !? (Christian)

_Mmmh, non, je... (May)


____Elle n'a pas le temps de patauger un peu plus, qu'une dispute semble se dérouler entre Christian et une femme, qui prend d'ailleurs le téléphone :

_May ! Ma chérie, écoute, calme-toi tout va bien, Christian ne voulait pas être méchant avec toi, T-O-U-T V-A B-I-E-N ! Je sais que tu regrettes, mais chérie, dis-moi où tu es j'envoie immédiatement quelqu'un te chercher ! Mon dieu, si tu savais comme les voisins ont parlé, ils ne voulaient pas croire à des prolongations de vacances, mais ça va, ça va, je vois bien que tu regrettes mon bébé, tout va bien maintenant, tu vas rentrer sagement à la maison et tout rentrera dans l'ordre ! Dis-moi vite où tu es, mon c½ur, je t'envoie quelqu... (Stéphanie)

_NON ! (May)


____Le silence horrifié dont elle a fait preuve durant tout le monologue de sa mère fait ainsi place à de la haine, tandis qu'elle accumule ses paroles. Karla pose une main sur son bras, en guise de soutien. Elle-même reste assez choquée, se répétant en boucle les dires de cette femme, qui n'est autre que sa génitrice, sa mère à elle aussi. Un blanc assez effrayant se diffuse dans l'appareil téléphonique, et la voix reprend plus lentement :

_May... Il est inscrit sur mon fixe que l'appel vient d'Allemagne. Je ne suis pas sûre d'apprécier. (Stéphanie)

____L'interpellée se mord la lèvre, tandis que la blonde s'allonge sur le lit, retenant de peu quelques injures.

_Ecoute, ça ne va pas du tout. Je refuse de me séparer de Karla, alors puisque tu es incapable de la garder avec nous, de faire un peu de bruit pour retrouver ta première fille, et bien je ne rentrerai pas. Il est inutile d'envoyer quelqu'un me chercher, quand bien même je serai en Alaska. De toute façon, je reste ici. On est grandes, on sait se débrouiller. Autant son père que toi n'en avaient au fond rien à foutre, lui ça lui va ainsi et toi tu veux simplement conserver ton image. Ici, on manque de rien, on est avec des personnes responsables et majeures. Je te demande simplement de ne pas alerter la police, et de ne pas tenter de nous retrouver. A moins que... Tu ne viennes nous chercher avec un papier ayant reconsidéré notre garde. (May)

____Un nouveau silence s'installe. Seul Christian hurlant des injures à l'égard de « cette sale petite peste pourrie-gâtée » à qui « il va apprendre la vie » et qui « ne perd rien pour attendre » venant le troubler, ses dires leur parvenant de loin. Sa mère reprend enfin la parole, ne tenant nullement compte des hurlements de son mari.

_May, ne serais-tu pas un peu en train de te foutre de moi ? (Stéphanie)

_Me foutre de toi ? C'est pas un peu le contraire, non ? (May)

_Heureusement que tu es en Allemagne, ma main n'est pas assez longue pour venir atteindre ta joue. Tu n'as pas à t'en faire pour la police, tu me connais. (Stéphanie)

_Bien sûr, la ville entière serait au courant de la débauche dans laquelle tu vis. (May)

_Cesse ces allusions stupides, jeune fille. Si je dois te ramener ici, je le ferai sans l'aide de ces policiers, et ça n'a rien à voir avec le bruit que cela pourrait causer à Toulouse ! Maintenant, tu te dis grande, mais peut-être oublis-tu que, pour vivre dans un pays étranger, il faut en obtenir la nationalité ? Oh, voyons, peut-on se faire émanciper de France à Allemagne ? (Stéphanie)


____L'angoisse refait surface dans l'esprit des deux s½urs, qui ne se quittent pas des yeux.

_Je ne veux pas rentrer. Je suis trop malheureuse avec toi. (May)

_Malheureuse !? Tu es MALHEUREUSE !? (Stéphanie)

_Oui. (May)

_MAY ! TU AS TOUT CE QUE TU VEUX ! ET UNE MAISON IMMENSE POUR FAIRE TOUTES LES FÊTES QUE TU SOUHAITE, ET TOUTE UNE GARDE-ROBE DIGNE DES PLUS GRANDS MANNEQUINS, ET LE DROIT DE FAIRE CE QUE TU VEUX QUAND TU VEUX !! ET TU ES MALHEUREUSE !?? (Stéphanie)

_LA FERME ! TU COMPRENDS RIEN ! J'M'EN BRANLE DE FAIRE DES PIRES FÊTES AVEC DES GENS QUE J'CONNAIS PAS ! J'M'EN BRANLE DE VOTRE FRIC ! TOUT C'QUE ÇA A FAIT D'MOI, C'EST UNE PAUVRE FILLE ! J'AI PAS DE VRAIS AMIS, JUSTE DES GENS QUI PROFITENT DE LA SUPER POPULARITÉ QUE J'AI ACQUISE GRÂCE A, TOUJOURS, VOTRE ARGENT ! J'AI PERSONNE AVEC MOI ! OUI, J'AIME LA MODE, J'AIME LE FAIT D'AVOIR UNE GRANDE MAISON, OU PLUTÔT J'AIMAIS ! CE QUE ÇA A FAIT DE MOI, DE MA VIE, ME RÉPUGNE COMPLÈTEMENT ! JE SUIS SEULE, TU CALES, ÇA ?! J'AI PERSONNE AVEC MOI ! J'AI TOUT CE QUE JE VEUX, SAUF, sauf... Je ne suis même pas capable de te le dire... J'suis tellement rien pour toi, juste un objet matériel en plus des autres, que dans ma tête j'suis plus rien pour personne... J'ai personne à qui me confier, personne avec qui pleurer, et rire... Et ça, ça s'achète pas... (May)


____Une larme. Et une autre. Karla garde ses yeux grands ouverts fixés sur sa jumelle, choquée. Elle ne lui avait encore jamais parlé de sa vie chez elle. Elle savait juste qu'elle était aisée. Et populaire. La voix de May se brise, et elle sent qu'elle culpabilise de tant s'éloigner du sujet. Comme pour l'accabler un peu plus, à l'autre bout du fil, aucune réponse ne se fait entendre. Silencieusement, la blonde se redresse un peu, et se rapproche de sa s½ur, la prenant doucement dans ses bras. Elle n'obtient aucun retour, mais ne s'en formalise pas.

_De toute façon, on s'en fout. Trouve quelque chose. Je veux rester en Allemagne. Alors trouve un truc, envoie-moi les papiers nécessaires, nationalise-nous Allemande, trouve-nous des cours par correspondance, mais je rentrerai pas, en tout cas pas sans ma s½ur... (May)

_Tu te rends compte, May ? Tu te rends compte... De ce que tu me dis ? Après tout, tout ce que j'ai fait pour toi ? (Stéphanie)

_... (May)

_Tu es folle, hein ! Dérangée ! Tu aurais du aller le voir, ce psy, oui ! J'ai peine à croire que t'es ma fille ! T'as vraiment rien dans le crâne, mince ! (Stéphanie)

_... (May)

_BON SANG, MAY ! TU CROIS VRAIMENT QUE JE VAIS T'OBEIR !? (Stéphanie)

_... (May)

_Mais c'est pas vrai, c'est pas vrai !.. (Stéphanie)

_Juste les vacances. (Karla)


____Un silence. May, qui restait jusqu'alors passive, observe sa s½ur avec des yeux ronds. Leur mère, pleurnichant au téléphone il y a encore quelques secondes, bégaye longuement. Et Karla, la voix brisée par les pleurs qu'elle partage avec la jeune brune, consciente qu'elle ne peut plus reculer, tente de prendre cette femme d'allure si froide par les sentiments. Si sentiments elle est encore apte à éprouver. Si c½ur il lui reste.

_S'il vous plaît... Madame, maman... Laissez-nous au moins les vacances, et ensuite, trouvez-nous un moyen de vivre ensemble, même si c'est en France... Mais on ne veut pas être séparées... Plus jamais... Et s'il vous est impossible d'accomplir nos souhaits, on trouvera bien un moyen comme un autre de rester ensemble, en paix. (Karla)

____Un hoquet sort de la bouche de Stéphanie, en même temps que les yeux de May s'ouvrent toujours plus comme des soucoupes. Sans se contrôler, elle s'exclame à haute voix :

_Tu comptes nous suicider O_O ? (May)

____La blonde lui lance un regard de reproche, et elle se tait aussitôt. Serrées l'une contre l'autre, détruites par la peur d'une nouvelle séparation qui leur serait insupportable, elles attendent. Une réponse. Une seule petite réponse.

_...Bien. Je vous laisse l'été à passer en Allemagne, mais dites-moi où vous logez, que je vous envoie de quoi vous nourrir, vêtir, et autres. Je parlerai à votre père, et nous reconsidèrerons la garde. (Stéphanie)

____Deux larmes parfaitement identiques s'écoulent de leurs yeux, tandis qu'elles expirent de soulagement, détendant tout leurs corps.

_Prends la garde pour nous deux. Je suis peut-être malheureuse, mais avec Karla je le serai plus, je ne serai pas seule. Pas totalement. (May)

_Je ne suis pas une mauvaise mère, May... J'ai toujours tout fait pour que tu ne manques de rien... (Stéphanie)

_... Mmh...Mais j'ai presque manqué de rien. Juste d'amour. (May)

_V_______________V (Karla&Stéphanie)

_Où logez-vous ? (Stéphanie)


____Elles se lancent un regard hésitant, et capitulent finalement, échangeant numéro de téléphone & adresse postale. Quelques faibles « au revoir » de plates excuses toutefois pleines de culpabilités de la part des trois femmes, et le téléphone reprend sa place initiale, délaissé sur le lit.

________________________________________

_Et elle vous laisse ici pour les vacances ? (Georg)

_Oui... (Karla)


____Silence. Bill, Georg, Gustav, Karla, et May se dévisagent. Tom, assit à leurs côtés, avale quelques chips, indifférent à la conversation. Ils sont tous les six confortablement installés dans la salle de musique, sur un canapé. Les garçons font semblant de répéter, discutant et mangeant en réalité chips sur chips avec les filles. Et David est content, ils ne l'ont pas sur le dos.

_Oh...C'est sûr, vous n'êtes pas majeures... Il aurait été difficile que vous obteniez le droit de vivre avec nous, en Allemagne. Ç'aurait fait beaucoup de bruit, ça serait passé dans les journaux. (Gustav)

_Oui... (Karla)

_Mais... Mais on viendra vous voir souvent =]. On achètera une villa à Toulouse ! Et comme ça, dès qu'on aura pas de tournées ou autre, on sera là ! (Georg)

_Vous feriez ça !? (Karla)

_Bien sûr =] ! (Gustav)


____Silence. Karla adresse un sourire renversant aux deux G's, tandis que Tom prend bien soin de faire le plus de bruit possible en mangeant ses chips. S'attirant ainsi les foudres de May, qui garde son regard plus froid que jamais fixé sur lui. Il l'ignore ostensiblement. Et puis, il y a Bill. Bill qui, Lui, reste silencieux, ses yeux cloués sur la jeune blonde. Qui évite son regard. Son regard triste, démoralisé. Qu'elle ne saurait affronter, May le sait.

_En plus, j'adore Toulouse ! ça sera super ! Et la villa sera tellement grande, que vous viendrez y loger quand vous voudrez ! On pourra y inviter nos proches et nos parents dès qu'ils le voudront ! (Gustav)

____May sent bien que ces paroles font rêver sa s½ur au plus haut point. Mais elle n'y peut rien, elle y reste insensible. Elle ne sait si elle peut y croire. Si elle peut espérer. Si cette vie avec eux peut coller avec celle qu'elle mène à Toulouse. S'ils ne seront pas horrifiés de redécouvrir l'autre May. La fausse May. L'orgueilleuse, bourgeoise & hautaine actrice. Alors, elle continue de fixer Tom. De le tuer avec ses yeux. De déverser sa haine sur lui. Les discussions s'enchaînent mais, tout comme Bill & Tom, elle ne les écoute plus. A présent, le guitariste a terminé ses chips. Il soutient son regard. Rien ne passe. Rien ne se dit. Ils se regardent, sans se voir. C'est vide. Dénué de tout échange. De toute expression. Ils sont juste là, face à face, à se toiser d'un air hautain. Sans rien ressentir. & Finalement, Bill semble réussir à accrocher le regard de Karla. Puisqu'elle soupire, et se lève. Lui prend la main. Mais tout ça, May ne le voit que du coin des yeux, sans y faire réellement attention. Sa s½ur signale qu'ils doivent parler, et ils sortent de la salle en silence. Georg & Gustav tentent de rester durant un court instant. Ils essayent de parler, de lancer une conversation. Mais abandonnent rapidement devant les deux adolescents, qui n'ont toujours pas bougé. & Ils se lèvent aussi. Sans prendre la peine de leur signaler où ils vont, sachant pertinemment que c'est inutile, qu'ils ne les entendront pas. La porte claque. Les ramènent brusquement à la réalité. Leurs yeux se trouvent, et se détachent aussitôt. Il se lève.
____May fait de même, se trouvant ainsi face à lui. Comme si elle voulait l'empêcher de passer. Elle-même ne se comprend pas. Elle-même n'y voit plus clair du tout. Elle ne sait plus. Elle n'a simplement plus envie de jouer. De prendre sur elle. Pour sa fierté. Elle voudrait que tout finisse, que tout s'arrange. C'est une situation qu'elle n'est plus apte à supporter. Qui la tue, lentement, douloureusement. Qui la détruit, la réduit en miettes. La bousille complètement. Et son c½ur, ce qu'il reste de son c½ur, ce qui n'est pas encore trop abîmé, ne fait qu'approuver. Lui hurle de cesser tout cela, de faire le premier pas. De se laisser aller. De se montrer à découvert. Mais comme toujours, sa tête ne s'accorde pas avec ce c½ur. & Sa tête, il lui semble qu'elle est encore entière. Qu'elle gagne du terrain. Qu'elle écrase le reste de cet organe qui ne devrait pas s'appeler « c½ur ». Qui ne devrait rien ressentir. Juste rester à sa place. & Faire passer son sang.
____Il ne bouge pas. Reste face à elle. Attend ? Est-ce qu'il attend ? Mais qu'est-ce qu'il attend ? Et qu'est-ce qu'elle doit dire ? Faire ? Ecouter son c½ur déjà usé, trop souvent brisé ? Ou n'en faire qu'à sa tête, et risquer ne jamais en finir ? Pourquoi faut-il toujours que ce soit à elle de tout faire ? Les efforts, pour obtenir ce qu'elle veut. Ça n'a pas de sens, ou plus. Elle ne sait plus rien. Elle n'est même plus capable de faire la différence entre sa tête & son c½ur. Puisque son c½ur retranscrit chacun de ses battements accélérés dans sa tête. Et que sa tête n'est plus apte à réfléchir.
____Et puis, il s'impatiente. La contourne. S'apprête à s'en aller. En soupirant. La panique s'empare d'elle, son c½ur s'emballe encore. Il bat trop vite pour un organe si abattu. Il fait trop mal pour un, d'ailleurs, si petit organe. Il n'est plus temps de réfléchir, juste d'agir. Sans penser. Sans réaliser. Juste tenter quelque chose. Et tant pis s'il faut le regretter. Elle n'a plus rien à perdre. Et tant pis si elle perd définitivement son c½ur cette fois-ci.

_Attends. (May)

____Il se stoppe. La main sur la poignée, dos à elle. Ses sens sont en éveil, alors que ceux de la jeune fille sont déjà morts.

_Tom. (May)

____Il se retourne enfin, se collant contre la porte. Ce trait rosé sur son visage, c'est un sourire ?

_May ? (Tom)

____Une moquerie.

_Ça peut plus durer. (May)

_ê_é Oh ? Quoi donc ? Qu'est-ce qui ne peut plus durer, May ? (Tom)


____Une raillerie.

_Je... Nous... Nous, ça peut plus durer...(May)

_Nous ? Nous !? C'est quoi, « nous », May !? Il n'y a pas de Nous. (Tom)


____& Cette fois, un coup fatal. Plus aucun semblant de confiance, plus aucun semblant de courage. Plus rien. De la douleur. Un peu. Beaucoup. Trop. Son c½ur éclate. Pour de bon. Il tombe, et tombe, et tombe. Il n'y a plus d'issue. Il est mort. Elle meurt. Elle tombe. Elle sait plus. Brusquement, un son assourdissant parvient à ses oreilles. Elle cherche d'où cela peut-il bien provenir, sans rien distinguer vraiment autour d'elle. Une douleur à la nuque. Une douleur partout. Un cri étonné. Et elle réalise simplement que ce puissant vacarme, c'était sa chute. Sa dernière chute. Ou pas. Son corps est chaud, elle tout entière crève de chaud, et son cou la brûle, fortement, puissamment. Deux paumes glacées viennent se placer contre ses joues, sans qu'elle comprenne. La froideur de ces mains vient agripper sa nuque, son bras. La relève. Si elle ne peut plus lutter, si elle se sent partir, elle ne veut plus rien lui devoir. Plus jamais.

_Va-t-en... (May)

____Il ne bouge pas, la soutient encore. Pourtant, il ne dit rien. Ses yeux restent froids. Il ne veut pas se laisser émouvoir. Et elle essaye. De tenir. Encore un peu. Qu'on la laisse mourir seule, pitié, qu'on la laisse mourir seule...

_VA-T-EN ! (May)

____Même ses cris sont inutiles. Elle hurle, mais sa voix est faible. Aiguë, brisée. Se mélange aux larmes. Aux sanglots. Elle tente de le pousser, le griffe un peu, remue dans tous les sens comme si le diable l'habitait. Mais rien n'y change. Il continue de la tenir. Insensible. Distant & trop proche à la fois. Elle hurle. D'un cri suraigu, presque démentiel. D'un cri qui retranscrit sa douleur. Un cri digne de quelqu'un qui se fait assassiner, voire violer. Un cri qui n'en finit pas. Qui lui fait mal tant il est fort, qui l'oblige à se courber, qui fait couler mille et une larmes. Et elle meurt. Elle meurt. Bien trop lentement.
____Cette fois, il réagit. Il l'oblige à se redresser, et la plaque violemment contre le mur. Elle continue de crier, de se débattre, mais elle sait bien que personne ne l'entendra, au vu de l'insonorisation profonde des murs. Et puis, brusquement, il la fait taire. Il plaque brutalement ses lèvres contre les siennes, coupant tout semblant de respiration à la jeune fille, qui pleure toujours plus. Et il l'embrasse, violemment, sans lui laisser ne serait-ce qu'un peu de répit. Lorsqu'il se retire, au bout de plusieurs minutes paraissant interminables aux yeux de la brune, elle se laisse glisser contre le mur, sonnée. Il suit le mouvement, s'agenouillant face à elle. Il laisse l'une de ses mains posée contre sa joue droite, essuyant quelques larmes au passage.

_Tu... me fais... mal, Tom... Trop mal... (May)

____Pour toute réponse, il baisse les yeux.

_Mais...Toi aussi, tu m'fais trop mal... J'ai b'soin d'comprendre... Pourquoi ? Pourquoi, ce soir-là... Ce matin... T'avais pas l'droit d'me laisser... T'avais pas l'droit, May... (Tom)

____Et elle pleure, encore. Elle ne peut pas lui expliquer, elle ne pourra jamais...Tout ce qu'elle peut tenter de faire, c'est l'éclairer par des codes. Avant que son c½ur ne s'éteigne définitivement. Avant que chaque morceau brisé ne soit irrécupérable.

_Je... J'peux plus, Tom... J'peux plus faire confiance... C'est trop dur, tu sais pas... Ce soir-là... Oublie-le, s'il te plaît, fais en sorte qu'on reparte à zéro, mais oublie ça, oublie tout c'que t'as pu ressentir, c'que j'ai pu ressentir, ça n'se reproduira pas... Plus... (May)

____Elle sait qu'elle lui fait encore du mal, avec ces mots. Mais il ne peut en être autrement. Dans un mois et demi, elle n'est plus là, et puis... Elle a bien trop peur, trop peur que l'histoire se répète. C'est un doute omniprésent, qu'elle s'en veut d'éprouver, mais c'est malgré elle, contre sa volonté...

_May, May ! Bordel, je... Tu PEUX PAS me demander d'oublier ! Tu PEUX PAS me dire que ça ne se reproduira pas ! Tu PEUX PAS faire comme si j'avais rien ressenti, comme si t'avais rien ressenti ! Putain, May, tu crois que j'ai pas réfléchi, après tout ça, tu crois que j'me suis pas posé des questions ? Tu m'as tué, ce matin-là, tu m'as tué ! Mais, merde, May ! Je...Tu... Qu'est-ce qui t'empêches de tenter quelque chose avec moi !? Ose me dire que tu n'éprouves absolument rien, pour moi ! Ose-le ! (Tom)

____Retrouvant quelques forces, elle se redresse brusquement.

_Arrête ! (May)

_Non, May, non j'arrêt'rai pas ! J'ai besoin d'toi ! Et ne me laisse pas croire que tu n'as pas besoin d'moi !! J'ai vu, tu sais, dès la première fois, j'ai vu qu'avec toi ce serait différent ! J'ai vu au-delà de tes sourires, et de tes jeux d'actrices ! J'voulais sincèrement, je veux sincèrement t'aider, May ! Mais pour ça, il y a une chose que tu dois faire ! Mon c½ur, May, mon c½ur ! Tu l'as complètement brisé ! Tu te dois d'le réparer, tu crois pas !? (Tom)

_Non ! J'te dois rien, absolument rien ! J'dois rien à personne ! (May)


____Cette fois, ils sont tous deux debout, face à face. Elle, collée contre le mur, lui quasiment collé à elle. Il hurle, elle pleure. Elle hurle, et il retient ses larmes.

_Je veux t'aider, May ! Laisse-m'en l'opportunité, arrête de fuir ! (Tom)

_Mais tu PEUX PAS m'aider ! Personne ne peut ! Il est trop tard ! Beaucoup, trop tard... ça fait bien longtemps que mon c½ur à moi est brisé, et tu n'as fait que l'achever un peu plus... Plus personne ne peut le réparer... Alors trouve-toi quelqu'un d'autre pour recoller les morceaux du tien ! (May)

_T'es la seule qui peut le faire, et tu l'sais très bien. Et si je ne pouvais pas t'aider, il y a bien longtemps que tu ne serais plus là. Bien longtemps que tu aurais abandonné. (Tom)

_Non, non, non ! J'ai joué avec toi ce soir-là, comme je jouais avec toi depuis l'début ! C'est pas ce dont tu es persuadé !? (May)

_Si. (Tom)

_Et bien alors ! Pourquoi ? Pourquoi ? Je comprends pas, merde, tue-moi une bonne fois pour toutes, mais arrête ça ! (May)

_J'ai réfléchi. Peut-être, peut-être, May, que tu t'es jouée de moi depuis le début. Mais pas moi. Moi j'étais sincère. Et je ne suis sûr de rien. Et toi tu as besoin d'aide. Et rien que pour ça, je veux tenter. Quitte à m'y brûler les ailes, à terminer l'assassinat de mon c½ur. J'ai besoin d'toi. Jure-moi que tu n'as pas besoin d'moi. Jure-moi que tu me hais. Et là, peut-être, alors peut-être que j'abandonnerai. (Tom)


____Un silence. Elle baisse les bras. Elle abandonne. Elle voudrait le lui dire, mais elle n'en est pas capable.

_May. Tu sais mentir. Alors pourquoi tu ne dis rien ? (Tom)

_Je...(May)

_Tu me hais ? (Tom)


____Non, non, non !

_... (May)

_J'suis pas comme lui, May. J't'ai dit que j'avais réfléchit, non ? A la base, j'suis p't'être qu'un coureur de jupon, mais j'suis pas comme lui. J'pourrai jamais t'faire une chose pareille. J'voulais déjà pas t'faire de mal, j'ai tout raté j'le sais. Mais, regarde-moi, May, regarde-moi. J'suis vraiment pas comme lui. J'suis vraiment pas comme Will. (Tom)


____Là, c'est vraiment la fin. Elle se sent chuter, encore une fois. Ses membres la lâchent, à la suite de son c½ur. Le choc est trop dur à encaisser. Et ses larmes ne s'arrêtent plus. Elle s'agrippe fortement au bras du jeune homme face à elle, le serrant de toutes ses forces pour ne pas tomber. Perdue. Elle est plus perdue que jamais. Mais elle n'a même plus mal. Son c½ur s'est envolé.

_May... (Tom)

____Non. Non. Non. Non. Non. C'est trop, et elle ne veut plus. Elle ne peut plus. Cette fois, c'est vraiment terminé. Il faut qu'elle s'éloigne, pour chuter tranquille. Et sombrer.
____Brusquement, elle lâche le garçon, le contournant en chancelant. Elle marche secoue la tête de gauche à droite, tentant de chasser la réalité. Elle marche, court, titube, mais ne tombe pas. Pas encore. Elle l'entend l'appeler, mais elle ne veut plus, ne peut plus, bon sang ! Elle passe la porte, la laisse claquer derrière elle. Elle traverse le studio, l'appartement, ne prend pas garde des gens qui l'appellent, et gagne enfin sa chambre. Là, elle s'avoue vaincue. Et là, elle s'écroule enfin. Sans personne autour pour la relever. Seule.

May

*

# Posté le jeudi 26 juin 2008 04:56

Modifié le vendredi 30 janvier 2009 13:39

Chapitre 42 .

*

____La nuit a fini par tomber. Allongée sur le sol de sa chambre, la porte fermée à clefs, May garde ses yeux fixés vers le plafond. Sa fenêtre est ouverte, laissant une légère brise balayer ses cheveux. Ses lèvres sont mi-closes et son corps est bien trop lourd pour bouger. Elle attend. Elle attend que la mort vienne la chercher. Et puis, soudain. Une musique. Une mélodie. Qui semble sortir de l'intérieur de l'appartement, et parvenir jusqu'à elle par cette fenêtre ouverte. C'est beau, c'est plaintif, c'est triste. Ça lui arrache quelques larmes, lui coupe le souffle, et fait remuer les quelques bouts de son c½ur éparpillés un peu partout dans son corps. Ils s'agitent, mais n'ont pas la force de se reconstituer. Cette chanson, elle la reconnaîtrait entre mille. Cette façon de jouer, elle la connaît par c½ur. Et, doucement, sans savoir d'où elle puise sa force, elle en fredonne les paroles. C'est juste un murmure. Et une voix brisée. Et pourtant. C'est tellement beau.

« Komm und Rette Mich... Rette Mich... »

____C'est encore et toujours cette chanson. Encore et toujours ces mots. Encore et toujours ces sensations. Qui ravivent en elle un peu d'espoir. Qui lui montre qu'il n'est finalement peut-être pas entièrement trop tard pour recoller les débris de son c½ur. Lentement, difficilement, elle s'aide de ses mains pour s'agenouiller au sol. Sa nuque lui fait mal, et elle y devine une grosse plaie suite à la chute de tout à l'heure. Encore un petit effort. Elle espère que ce sera le dernier. Elle se redresse. S'étonne de tenir debout. Et risque la chute. Alors, elle s'appuie au mur et, lentement, encore incertaine, elle déverrouille sa porte. L'ouvre. Sort. Puis la referme. Elle s'avance jusqu'à la pièce à côté. La musique se glisse par la serrure, mais elle l'entend bien moins nettement que par sa fenêtre. Elle hésite tellement... Et pourtant, elle n'a tellement plus rien à perdre...Fermant ses yeux durant un court instant, elle pose encore une fois les paroles sur la mélodie :

« Ich schaff's nicht, Ohne Dich... »

____Et l'espoir revient. Juste un peu, juste assez. Elle appuie sa main sur la poignée, et la porte s'ouvre, sans qu'elle n'y croie vraiment. Elle pénètre doucement dans la chambre, et se stoppe. Face à elle, Tom s'arrête aussi. Ils s'observent durant de longues minutes, paraissant interminables. Elle prend compte de ses yeux, rouges. Des larmes inondant ses joues. De son regard perdu. De son corps, avachi sur le lit. De cette guitare entre ses mains. Et, encore une fois, elle pleure. Elle pince ses lèvres, et laisse couler d'énièmes larmes. Comme si elle ne pourrait jamais épuiser sa réserve. Comme s'il n'en tomberait jamais assez.
____Et Tom. Son réflexe premier est de jeter sa guitare plus loin sur la vaste étendue de matelas. Il commence à se relever, pour venir jusqu'à elle. Mais c'est trop. Et cette fois, si son c½ur n'est plus apte à lui donner des conseils, sa tête ne la dictera plus. Les yeux si plissés qu'il est dur de les distinguer, elle s'élance vers le garçon, à présent debout contre le lit, et se jette brusquement à son cou. Il ouvre grands les yeux de surprise, et entoure sa taille de ses mains de façon à la garder contre lui, certainement par réflexe, tandis que son corps heurte le lit. Là, allongé sur la couette, May tout contre lui, sanglotant et tremblant de tous ses membres, il ne peut que la serrer toujours plus contre lui. Elle garde sa tête enfouie dans son cou, l'inondant de pleurs, tandis que, lui-même, ne resplendit pas par la sécheresse de ses yeux.

_Oh, Tom, pardon, pardon, pardon ! J'te d'mande pardon, si tu savais ! Pardon, pardon... (May)

____Elle dépose ses lèvres au creux du cou du blond, le couvrant de baisers brûlants. Il ne réagit pas, trop étourdi pour analyser. Quelques secondes s'écoulent ainsi, le silence n'étant troublé que par les respirations saccadées des deux adolescents, ainsi que quelques-uns de leurs pleurs. Enfin, le guitariste reprend quelque peu ses esprits et, rassemblant quelques forces délicates, relève légèrement la jeune fille, ses mains encadrant son sombre visage, la plaçant à la hauteur du sien.

_J'suis désolé aussi, May. Mais j'ai besoin d'ta confiance. Pour repartir à zéro... (Tom)

_Mais je... (May)

_Tu as confiance en moi ? (Tom)

_J'ai confiance en toi... (May)


____Il esquisse un doux sourire, et glisse un tendre baiser sur son front brûlant. Tout aussi finement, il cale la brune contre son corps, l'entourant de ses bras et la berçant imperceptiblement.

_Tom ? (May)

_Oui ? (Tom)

_J'ai réparé ton c½ur ? (May)

_...Je crois, oui. (Tom)

_J'ai encore très mal... Au mien... (May)


________________________________________

____Lorsque Karla s'éveille aux alentours de dix heures, encore entourée des bras de Bill, elle met un certain temps à réfléchir à ce qu'elle fait là. Et puis, peu à peu, des bribes de sa soirée de la veille lui reviennent en mémoire. Elle avait prévu de dormir avec sa s½ur, la sachant pas au meilleur de sa forme, mais s'était résigné à rejoindre le chanteur vers minuit, réalisant que sa s½ur ne revenait toujours pas de la chambre d'à côté. A présent parfaitement réveillée, la blonde hésite un instant. Elle se doute que, si elle s'agite pour faire lever son Don Juan à une heure qu'il qualifierait d'aussi matinale, elle aura droit à du boudin toute la journée. Etouffant un soupir, la belle se retire donc des draps du brun en silence, partant vers la salle de bain. A cette heure-ci, elle sait qu'elle pourra y accéder sans encombre : Il n'y a que Gustav qui se lève plus tôt qu'elle, vers huit heures voire neuf. Les autres sont tous d'accord sur le fait que le matin s'étend jusqu'à treize heures, quatorze parfois même.
____Retirant son pyjama, Karla s'introduit lentement dans la cabine de douche, profitant pleinement de l'eau chaude dont elle privera les autres. Elle chantonne un peu, ne pouvant s'empêcher d'être quelque peu tracassée par sa s½ur jumelle. Elle espère simplement qu'elle est en train de dormir paisiblement dans le lit du blond, et pas plutôt morte étouffée dans le fond de son dressing. Soupirant à cette pensée, la jeune fille termine de se laver, et sort de la douche, enfilant quelques vêtements au passage. Elle finit de se préparer, laisse ses cheveux sécher seuls, et se rend dans le salon, où Gustav est en pleine conversation téléphonique, l'air embêté. A l'instant même où il l'aperçoit, il pousse un soupir de soulagement et lui tend le téléphone, adressant un « Karla est là » en Français, à son interlocuteur. Un sentiment de panique envahit la jeune française, qui prend le combiné les mains tremblantes.

_A...Allô ? (Karla)

_Oh... Karla, c'est... C'est ta mère =$ ... (Stéphanie)


____Elle déglutit, ne sachant tout à coup plus quoi répondre. Et pourtant, elle s'en doutait. Le batteur semble remarquer qu'elle a perdu quelques couleurs, puisqu'il la fait asseoir sur le canapé, se chargeant de lui apporter de quoi petit-déjeuner. D'une voix quelque peu voilée par l'angoisse, elle répond doucement :

_Oui ? (Karla)

_Euh, je... Je voulais juste vous prévenir, ta s½ur et toi, que je suis allé voir ton père, hier. Nous avons beaucoup discuté et, à vrai dire, la partie n'était pas du tout gagnée, mais j'ai réussi à le convaincre à revoir les droits de garde. Le tribunal ne sera que dans trois semaines, mais je vous tiendrai au courant. En attendant, j'ai fait envoyer par colis express quelques affaires de May au cas où vous n'en auriez pas assez, de la monnaie et des chocolats pour les quatre jeunes hommes qui vous hébergent. (Stéphanie)


____Un soupir d'apaisement vient franchir la barrière de ses lèvres, un énorme poids quittant son c½ur.

_Merci... (Karla)

_Oui... Karla... Je... Je suis désolée, tu sais... Pour toi et ta s½ur, je sais que vous séparer était quelque chose d'impardonnable, mais... Je suis désolée... J'espère de tout c½ur avoir le droit de garde pour vous deux, histoire de rattraper un peu le temps perdu, d'apprendre à te connaître. (Stéphanie)

_Vous pourrez apprendre à connaître May en même temps. (Karla)

_...Karla... (Stéphanie)

_Désolée. (Karla)

_...Mmh... Ecoute, je dois te laisser. Je... Je suis contente de m'être adressé directement à toi. (Stéphanie)

_Oh. (Karla)

_...Je vous rappellerai pour prendre des nouvelles, vous en donner aussi. Et savoir si mon colis est bien arrivé. A bientôt, passe un bonjour à May. (Stéphanie)

_Oui, au revoir. (Karla)


____L'adulte murmure un dernier au revoir, avant de raccrocher avec, il semble à la blonde, un semblant d'hésitation. Elle soupire, et repose le combiné du téléphone sur son socle, se tournant vers son petit déjeuner. Gustav s'assoit à ses côtés, un livre en main.

_Merci =]. (Karla)

_J't'en prie ;). (Gustav)


____Elle lui adresse un sourire, et commence à engloutir une première tartine de Nutella, suivie d'une autre. Elle fait passer le temps en discutant avec Gustav, de tout, puis de rien. Ils rient beaucoup, mais pas trop fort, par peur de réveiller les autres. Puis, vers midi, Georg pointe le bout de son nez, s'étalant à côtés d'eux sur le sofa, l'air encore très endormi. Un silence s'écoule sans que personne n'ose bouger. Enfin, le batteur soupire et, en un mouvement amical, part chercher le petit déjeuner du bassiste, qui peut ainsi manger à son tour devant la télé. C'est ensuite au tour de Bill d'arriver, vers douze heures trente, (un record d'après les deux autres), vexé de s'être réveillé seul en cet horaire. Il part lui-même se chercher ses céréales, verse un peu de jus d'orange dans son lait, mais arrive tout de même à bon port, collé à sa belle. Puis, à l'étonnement général, lorsque sonnent treize heures, Tom débarque sans May, l'air étrangement tout à fait lucide et un sourire mauvais sur les lèvres. Il ignore toute question, et se charge de remplir un plateau de verres de jus d'orange, bols de lait et céréales, ainsi que de quelques gourmandises chocolatées. Sans plus de cérémonies, il repart dans le couloir, refermant la porte de sa chambre avec discrétion.

May

*




Vos commentaires sont adorables <3.
Je souhaite beaucoup de courage à Maroussia. Ton commentaire nous a beaucoup touchées. Merci à toi :/
Excusez-nous de ce problème d'organisation vis à vis des postages de chapitres.
On en a des tonnes d'écrits, mais je ne les retrouve pas, et Karla est en vacances.
J'essaye de les retrouver!
<3

May.

# Posté le jeudi 26 juin 2008 06:22

Modifié le dimanche 02 août 2009 09:40